« SAYUFRAGHU LAKUM » : avec la voyelle ḍamma sur le yāʾ et la fatha sur le rāʾ, selon la forme passive (sujet omis).
Ibn Shihāb et al-Aʿraj ont récité : « SANAFRAGHU LAKUM », en ouvrant le nūn et le rāʾ.
Al-Kisāʾī dit : c’est la langue de Tamîm ; ils disent « faragha yafrugh ». Il a également rapporté « faragha yafrugh », et ces deux lectures ont été transmises par Hubayra d’après Ḥafṣ, d’après ʿĀṣim. Al-Juʿfī a rapporté d’après Abū ʿAmr la lecture « SAYAFRAGHU », avec fatha sur le yāʾ et le rāʾ ; elle est aussi attribuée à Ibn Hurmuz. Il a été rapporté de ʿĪsā ath-Thaqafī : « SANIFRAGHU LAKUM », en cassant le nūn et ouvrant le rāʾ. Ḥamza et al-Kisāʾī ont lu : « SAYAFRUGHU LAKUM » avec le yāʾ. Les autres lecteurs maintiennent le nūn ; c’est la langue de Tihāma.
Les « deux charges » (ath-Thaqalān) désignent les djinns et les humains. Ils portent ce nom en raison de l’importance de leur place par rapport aux autres créatures terrestres, du fait de la responsabilité religieuse (at-taklīf).
On a aussi dit : ils ont été ainsi appelés parce qu’ils constituent un poids pour la terre, vivants comme morts. Le Très-Haut a dit :
« La terre fera sortir ses fardeaux » (1).
De là également leur expression : « Donne-lui son thiql », c’est-à-dire son poids.
Selon certains spécialistes de la langue, tout objet de valeur et de poids pour lequel on rivalise est un thiql ; ainsi parle-t-on du « thiql » des œufs d’autruche, car celui qui les trouve ou les chasse s’en réjouit.
D’après Jaʿfar aṣ-Ṣādiq, ils furent nommés « thaqalān » parce qu’ils sont chargés de péchés.
Allāh a dit : « SANAFRAGHU LAKUM » – au pluriel – puis : « AYYUHA TH-THAQALĀN », parce qu’ils forment deux groupes, et chaque groupe est un pluriel. De même Sa parole :
« Ô assemblée des djinns et des hommes, si vous (pluriel) pouvez… »
Il n’a pas dit « si vous deux pouvez », car il s’agit de deux groupes envisagés dans la pluralité, comme dans :
« Et voilà qu’ils se trouvent deux groupes qui se disputent » (2) et
« Ces deux adversaires ont disputé au sujet de leur Seigneur… » (3).
S’Il avait dit : « Nous allons Nous consacrer à vous deux » (4) et « si vous deux pouvez », l’expression serait également correcte.
Les gens du Šām lisent : « AYYUH TH-THAQALĀN » avec la ḍamma sur le hāʾ ; les autres la prononcent avec la fatha, comme il a été vu auparavant (5).
Question : Cette sourate, de même que [sourate] al-Aḥqāf et « Qul ūḥiya » (sourate al-Jinn), prouve que les djinns sont destinataires de la Révélation, soumis à la charge religieuse, aux ordres et interdictions, récompensés et châtiés comme les humains ; leurs croyants sont comme nos croyants, et leurs mécréants comme nos mécréants ; il n’y a, de ce point de vue, aucune différence entre eux et nous.
Sa parole – exalté soit-Il :
« Ô assemblée des djinns et des hommes » – jusqu’à la fin du verset.
Ibn al-Mubārak rapporte, et Juwaybir nous a relaté d’après ad-Ḍaḥḥāk : « Lorsque viendra le Jour de la Résurrection, Allāh ordonnera au ciel le plus proche de se fendre avec ses habitants ; les anges se tiendront alors sur ses rebords jusqu’à ce que le Seigneur leur ordonne, puis ils descendront sur la terre et entoureront la terre et ceux qui s’y trouvent ; ensuite Allāh commandera le ciel qui lui est supérieur… »