la récompense et le châtiment.
Il a également été dit : l’intention est d’informer au sujet de Son affaire à chaque jour des jours d’ici-bas, et c’est là l’explication la plus apparente.
Dans la langue, le terme « sha’n » désigne une affaire grave ; son pluriel est « shu’ûn ». Ici, le mot « sha’n » revêt un sens collectif, comme dans la parole du Très-Haut : « Puis Il vous fait ensuite sortir (1) enfants. »
Al-Kalbî a dit : « Son affaire consiste à conduire les décrets à leurs échéances. »
‘Amr ibn Maymûn, commentant la parole du Très-Haut : « Chaque jour Il est en affaire », a déclaré : « Il fait partie de Son affaire de faire mourir un vivant, d’installer dans les matrices ce qu’Il veut, d’honorer un humble et d’avilir un puissant. »
Un des émirs interrogea son vizir au sujet de la parole du Très-Haut : « Chaque jour Il est en affaire. » Le vizir n’en connaissait pas le sens et demanda un délai jusqu’au lendemain ; il rentra chez lui, accablé. Son jeune esclave noir lui dit : « Qu’as-tu ? » Il l’en informa. L’esclave lui répondit : « Retourne auprès de l’émir, je la lui expliquerai. » L’émir le convoqua, et l’esclave dit :
« Ô émir ! Son affaire consiste à faire entrer la nuit dans le jour, à faire entrer le jour dans la nuit, à faire sortir le vivant du mort, à faire sortir le mort du vivant, à guérir un malade, à rendre malade un bien-portant, à éprouver un sain, à rétablir un éprouvé, à anoblir un humble, à humilier un noble, à appauvrir un riche et à enrichir un pauvre. »
L’émir dit : « Tu m’as soulagé ; qu’Allâh te soulage ! » Puis il ordonna qu’on fasse ôter les vêtements du vizir pour en revêtir l’esclave, lequel déclara : « Ô mon maître ! Ceci fait partie de l’affaire d’Allâh, Très-Haut. »
Selon ‘Abd Allâh ibn Ṭâhir, il convoqua al-Ḥusayn ibn al-Faḍl et lui dit : « Trois versets me posent problème ; je t’ai appelé pour que tu me les éclaires : la parole du Très-Haut : « Il se trouva parmi les pleins de remords » (2), alors qu’il est authentiquement établi que le remords est un repentir ; Sa parole : « Chaque jour Il est en affaire », alors qu’il est établi que le Calame s’est desséché sur ce qui doit advenir jusqu’au Jour de la Résurrection ; et Sa parole : « Et que l’homme n’aura que ce qu’il aura cherché » (3). Qu’en est-il donc de la multiplication des récompenses ? »
Al-Ḥusayn répondit : « Il se peut que le remords n’ait pas été repentir dans cette communauté-là, tandis qu’il est repentir dans cette communauté-ci, car Allâh – Très-Haut – a distingué cette communauté par des caractéristiques que les autres ne partagent pas.
On a également dit : le remords de Qâbîl ne porta pas sur le meurtre de Hâbîl, mais sur le fardeau de l’avoir porté.
Quant à Sa parole : « Chaque jour Il est en affaire », il s’agit d’affaires qu’Il manifeste, non d’affaires qu’Il inaugure.
Quant à Sa parole : « Et que l’homme n’aura que ce qu’il aura cherché », elle signifie : il n’a droit, par justice, qu’à ce qu’il a accompli ; quant à Moi, il M’appartient de rétribuer une seule [bonne action] par mille, par pure faveur. »
‘Abd Allâh se leva, lui baisa la tête et lui remit son impôt foncier.