Ils entendent par là la terre, quand bien même celle-ci ne serait pas expressément mentionnée.
Ibn ʿAbbâs a dit : Lorsque ce verset fut révélé, les anges dirent : « Les habitants de la terre sont anéantis ! » et il fut alors révélé : « Toute chose est vouée à périr, sauf Sa Face.(1) » Les anges eurent alors la certitude de la disparition universelle ; Muqâtil a tenu la même parole.
L’aspect de la grâce dans l’anéantissement des créatures réside dans l’égalité qui les réunit devant la mort ; avec la mort, les pas se trouvent mis au même niveau. On a également dit : la grâce tient au fait que la mort est la cause du passage vers la demeure de la rétribution et de la récompense.
« Et subsistera la Face de ton Seigneur » : c’est-à-dire qu’Allâh demeure ; la « Face » est l’expression de Son existence et de Son Essence, exalté soit-Il.
Le poète a dit :
Il a décrété la mort pour Ses créatures ;
et tout, hormis Lui, est périssable.
Tel est l’avis agréé par les vérificateurs parmi nos savants, tels Ibn Fawrak, Abû al-Maʿâlî, et d’autres encore.
Ibn ʿAbbâs a déclaré : « La Face est une expression qui Le désigne, comme dans Sa parole : “Et subsistera la Face de ton Seigneur, Détenteur de Majesté et de Munificence.” »
Abû al-Maʿâlî a dit : « Quant à la Face, l’intention, selon la plupart de nos imâms, est l’existence du Créateur — qu’Il soit exalté ; c’est ce qu’a entériné notre shaykh. »
Parmi les arguments en faveur de cela figure Sa parole : « Et subsistera la Face de ton Seigneur » ; or, ce qui est qualifié de subsistant alors que les créatures sont exposées à la disparition, c’est bien l’existence du Créateur, exalté soit-Il. Dans la sourate al-Baqarah(2) nous avons déjà traité cette question à propos de Sa parole : « Où que vous vous tourniez, là est la Face d’Allâh », et nous l’avons exposée en détail dans le Kitâb al-Asnâ.
Al-Qushayrî dit : « Certains ont soutenu qu’il s’agit d’un attribut ajouté à l’Essence, qui ne se définit pas, par lequel s’opère l’orientation du Seigneur vers celui qu’Il veut honorer. »
L’avis correct est de dire : Sa Face est Son existence et Son Essence. On dit : « Voilà le visage de l’affaire », « le visage de la justesse », « l’œil même de la justesse. »
Il a également été avancé : ce qui demeure, c’est le Manifesté à travers Ses preuves, à l’image de l’homme qui apparaît par son visage. D’autres ont dit : demeure la direction par laquelle on se rapproche d’Allâh.
« Détenteur de Jalâl » : le jalâl est la grandeur d’Allâh, Sa superbe majesté et Son mérite des attributs de louange ; on dit : « jalla ash-shayʾ » — il devint grand —, « ajlaltuhu » — je l’ai magnifié ; al-jalâl est un nom dérivé de jalla.
« et d’Ikrâm » : c’est-à-dire qu’Il est digne d’être exalté et déclaré exempt de tout ce qui ne Lui sied pas, telle l’association ; de même que l’on dit : « Je t’honore de cela. » Relève aussi de cet ikrâm l’honneur voué aux Prophètes et aux saints. Nous avons traité ces deux Noms, sous l’angle linguistique et sémantique, de façon exhaustive dans le Kitâb al-Asnâ.
Anas rapporte que le Prophète — paix et salut d’Allâh sur lui — a dit : « Attachez-vous à dire : Ô Détenteur de Majesté et de Munificence ! » Il a également été rapporté qu’il s’agit d’une parole d’Ibn Masʿûd, et son sens est : persévérez dans cette formule lors de l’invocation.
Abû ʿUbayd a dit :