Sourate ar-Raḥmân (55)
Versets 24-25
« À Lui appartiennent les vaisseaux lancés sur la mer, pareils à des montagnes ; (24)
lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? » (25)
Commentaire
Sa parole – exalté soit-Il : « À Lui appartiennent les vaisseaux » ; il s’agit des navires.
« al-munshaʾât » : la lecture courante prononce al-munshaʾâtu, avec fatha sur la chîne.
• Qatâda dit : ce sont les embarcations « créées pour voguer », le terme venant du verbe inshâʾ (faire surgir).
• Mujâhid dit : ce sont les navires dont on a hissé la voile ; « si la voile n’est pas hissée, on ne les appelle pas munshaʾât ».
• Al-Akhfash dit : ce sont « les coursières », c’est-à-dire celles qui filent.
Dans le ḥadîth : ʿAlî – qu’Allâh l’agrée – voyant des navires voiles levées déclara : « Par le Seigneur de ces jawârî al-munshaʾât, je n’ai pas tué ʿUthmân ni prêté main-forte à son meurtre. »
Hamza, ainsi qu’Abû Bakr d’après ʿÂṣim (avec divergence), lisent al-munshaʾâti, avec kasra sur la chîne ; sens : « celles qui font surgir la course », l’action leur étant attribuée par licence stylistique et ampleur d’expression.
On a également dit : « les navires qui lèvent les voiles », c’est-à-dire les mâts.
Pour ceux qui placent la chîne sous fatha (lecture majoritaire), le sens est : « dont les voiles sont dressées ».
« … pareils à des aʿlâm » : c’est-à-dire à des montagnes, al-ʿalam étant le mont élevé. Le poète dit :
« Lorsqu’elles dépassent une hauteur, une autre hauteur apparaît. »
Ainsi, les navires sur la mer sont comme les montagnes sur la terre ferme ; l’explication en a déjà été donnée dans la sourate « ach-Shûrâ ».
Yaʿqûb lit « al-jawârî » avec yâʾ à l’arrêt, tandis que les autres l’élident.
Sourate ar-Raḥmân (55)
Versets 26-28
« Tout ce qui est sur elle disparaîtra ; (26)
seule subsistera la Face de ton Seigneur, Détenteur de Majesté et de Munificence. (27)
Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? » (28)
Commentaire
Sa parole – exalté soit-Il : « Tout ce qui est sur elle disparaîtra ». Le pronom dans « sur elle » renvoie à la terre, déjà mentionnée au début de la sourate dans : « Et la terre, Il l’a posée pour les créatures ». On dit aussi : « Il est l’être le plus noble qui soit sur elle »