Al-Farrâʾ affirme que l’« ʿaṣf » est la tige de la céréale, tandis que le « rayḥân » en est la feuille.
La lecture communément reçue prononce toute l’expression : « wa-l-ḥabbu dhû l-ʿaṣfi wa-r-rayḥânu » au nominatif, parce qu’on y coordonne ces termes à « al-fâkihah » (les fruits). Ibn ʿÂmir, Abû Ḥaywah et al-Mughîrah, quant à eux, les déclinent tous à l’accusatif, les rattachant à « al-arḍ » (la terre).
On a également proposé de sous-entendre un verbe : « et [Il] créa le grain muni de ʿaṣf et de rayḥân » ; dans cette perspective, il est pertinent de marquer une pause à l’énoncé « dhât al-akmâm ».
Hamzah et al-Kisâʾî mettent « ar-rayḥân » au génitif, le coordonnant à « al-ʿaṣf » ; autrement dit : « il s’y trouve le grain pourvu de ʿaṣf et de rayḥân ». Cette lecture n’est nullement contestable pour celui qui voit dans le rayḥân la subsistance ; le verset signifierait alors : « le grain riche en provisions ». Le mot « rizq » convient d’ailleurs, puisque l’ʿaṣf est une nourriture pour le bétail et le rayḥân une nourriture pour les humains ; il n’y a donc aucune objection, même pour qui identifie le rayḥân au basilic parfumé.
La parole du Très-Haut :
« Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous tous deux ? »
constitue une adresse aux hommes et aux djinns, le terme al-anâm s’appliquant à ces deux espèces. Tel est l’avis majoritaire, corroboré par le ḥadîth de Jâbir cité en tête de la sourate, rapporté par al-Tirmidhî, où l’on lit : « La réponse des djinns fut meilleure que la vôtre » (1).
On a également dit : lorsque le verset déclare : « Il créa l’homme » puis « Il créa le jânn », cela montre que ce qui précède et ce qui suit les concerne tous deux. Il ajoute encore : « Nous nous occuperons de vous, ô vous deux pesants », ce qui s’adresse clairement aux humains et aux djinns ; et, dans cette même sourate, : « Ô assemblée des djinns et des hommes ».
Al-Jurjânî remarque qu’Allâh interpelle les djinns avec les hommes même si aucune mention préalable des djinns ne les précède, comme dans Sa parole : « jusqu’à ce qu’elle disparût derrière le voile » (2). Les djinns avaient d’ailleurs déjà été évoqués dans des passages antérieurement révélés, et le Coran forme un tout semblable à une unique sourate ; une fois établi qu’ils sont astreints aux mêmes obligations que les humains, les deux espèces sont naturellement visées par ces versets.
D’autres soutiennent que l’interpellation ne concerne que les hommes, selon l’usage arabe consistant à s’adresser à un seul interlocuteur au moyen du duel, ainsi qu’il a été expliqué à propos du verset : « Jetez-le tous deux en Géhenne » (3). Il en va de même dans ces vers : « Arrêtez-vous, pleurons… » (4) et : « Ô mes deux compagnons, passez donc près de moi… » (5).