Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le terme « al-ʿaṣf » désigne aussi le gain ou le revenu ; c’est à ce sens que fait allusion le poète de rajaz (1) :
Sans rapine ni profit subtilisé,
Sans spoliation ni butin improvisé.

Il en va de même du mot « al-iʿtiṣāf » (appropriation injuste).

« Al-ʿaṣīfah » est le feuillage compact où se forment les épis.

Al-Harawī explique : « al-ʿaṣf » et « al-ʿaṣīfah » sont les feuilles entourant l’épi.

Al-Thaʿlabī rapporte qu’Ibn al-Sikkīt disait : « Les Arabes nomment le feuillage des céréales “al-ʿaṣf”, “al-ʿaṣīfah” et “al-jill”, ce dernier avec un jīm portant la kasra. »

ʿAlqamah b. ʿAbdah a dit :
Elle abreuve des sillons dont l’herbe s’est penchée,
Le flot qui les descend comble leur pente inclinée.

Dans le Ṣiḥāḥ on lit : « al-jill » (avec kasra) est la tige de la céréale après la moisson.

Quant à « ar-rayḥān », il signifie « subsistance », selon Ibn ʿAbbās et Mujāhid.

Al-Ḍaḥḥāk précise que c’est là un usage propre au dialecte des Ḥimyar.

D’après Ibn ʿAbbās, al-Ḍaḥḥāk et Qatādah, « ar-rayḥān » désigne également le basilic odorant ; c’est aussi l’avis d’Ibn Zayd.

Ibn ʿAbbās a encore dit qu’il s’agit de la verdeur même de la plante.

Saʿīd b. Jubayr affirme : c’est ce qui se dresse sur une tige.

Al-Farrāʾ expose : « al-ʿaṣf » est la partie comestible de la céréale, tandis que « ar-rayḥān » est ce qui n’est pas consommé.

Al-Kalbī avance l’opinion inverse : « al-ʿaṣf » est la feuille non comestible, et « ar-rayḥān » le grain que l’on mange.

On a encore dit : « ar-rayḥān » englobe toute herbe au parfum agréable ; on l’a ainsi nommée parce que l’être humain se délecte (yarāḥu) de son odeur suave, c’est-à-dire qu’il la hume. Le mot relève alors de la forme « faʿlān », parallèle à « rūḥān » issu de « rāʾiḥah » (fragrance). La yāʾ qu’il contient provient à l’origine d’une wāw qui fut changée afin de le distinguer de « rūḥānī », terme appliqué à tout être doté d’une âme.

Ibn al-Aʿrābī dit : on emploie les épithètes « rūḥānī » et « rayḥānī » pour signifier : « qui possède une âme ».

Il se peut encore que le mot suive le schème « fayʿalān » ; son étymon serait alors « raywaḥān », la wāw ayant été remplacée par une yāʾ puis assimilée, comme dans « hayyin » et « layyin ». On a ensuite allégé le terme en raison de sa longueur et de la présence de l’alif et du nūn supplémentaires. Les racines combinant rāʾ, wāw et ḥāʾ renvoient originellement à l’idée de vibration et de mouvement.

Dans le Ṣiḥāḥ on lit encore : « ar-rayḥān » est une plante bien connue ; il signifie aussi « subsistance ». Ainsi dit-on : « Je suis sorti chercher le rayḥān d’Allah. »

Le poète al-Nimr b. Tawlab a dit :
Que la paix du Très-Haut et Son rayḥān,
Sa miséricorde, un ciel constellé de perles en son écrin.

Dans le ḥadīth il est rapporté : « L’enfant fait partie du rayḥān d’Allah. »

Quant à l’expression : « Subḥāna llāh wa rayḥānahu », l’accusatif porté par les deux termes en fait des masdars ; l’intention est à la fois de Le glorifier et de solliciter la subsistance.

Pour ce qui est de Sa parole : « … et le grain, pourvu de ʿaṣf et de rayḥān », — al-ʿaṣf

وَالْعَصْفُ أَيْضًا الْكَسْبُ، وَمِنْهُ قَوْلُ الرَّاجِزِ «١» : بِغَيْرِ مَا عَصْفٍ وَلَا اصْطِرَافِ وَكَذَلِكَ الِاعْتِصَافُ. وَالْعَصِيفَةُ الْوَرَقُ الْمُجْتَمِعُ الَّذِي يَكُونُ فِيهِ السُّنْبُلُ. وَقَالَ الْهَرَوِيُّ: وَالْعَصْفُ وَالْعَصِيفَةُ وَرَقُ السُّنْبُلِ. وَحَكَى الثَّعْلَبِيُّ: وَقَالَ ابْنُ السِّكِّيتِ تَقُولُ الْعَرَبُ لِوَرَقِ الزَّرْعِ الْعَصْفُ وَالْعَصِيفَةُ وَالْجِلُّ بِكَسْرِ الْجِيمِ. قَالَ عَلْقَمَةُ بْنُ عَبْدَةَ: تَسْقِي مَذَانِبَ قَدْ مَالَتْ عَصِيفَتُهَا ... حَدُورُهَا مِنْ أَتِيِّ الْمَاءِ مَطْمُومُ وَفِي الصِّحَاحِ: وَالْجِلُّ بِالْكَسْرِ قَصَبُ الزَّرْعِ إِذَا حُصِدَ. وَالرَّيْحَانُ الرِّزْقُ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَمُجَاهِدٍ. الضَّحَّاكُ: هِيَ لُغَةُ حِمْيَرَ. وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا وَالضَّحَّاكِ وَقَتَادَةَ: أَنَّهُ الرَّيْحَانُ الَّذِي يُشَمُّ، وَقَالَهُ ابْنُ زَيْدٍ. وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا: أَنَّهُ خُضْرَةُ الزرع. وقال سعيد ابن جُبَيْرٍ: هُوَ مَا قَامَ عَلَى سَاقٍ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: الْعَصْفُ الْمَأْكُولُ مِنَ الزَّرْعِ، وَالرَّيْحَانُ مَا لَا يُؤْكَلُ. وَقَالَ الْكَلْبِيُّ: إِنَّ الْعَصْفَ الْوَرَقُ الَّذِي لَا يُؤْكَلُ، وَالرَّيْحَانُ هُوَ الْحَبُّ الْمَأْكُولُ. وَقِيلَ: الرَّيْحَانُ كُلُّ بَقْلَةٍ طَيِّبَةِ الرِّيحِ سُمِّيَتْ رَيْحَانًا، لِأَنَّ الْإِنْسَانَ يَرَاحُ لَهَا رَائِحَةً طَيِّبَةً. أَيْ يَشُمُّ فَهُوَ فَعْلَانُ رَوْحَانُ مِنَ الرَّائِحَةِ، وَأَصْلُ الْيَاءِ فِي الْكَلِمَةِ وَاوٌ قُلِبَ يَاءً للفرق بينه وبين الروحاني وهو كل شي له روح. قال ابن الاعرابي: يقال شي رُوحَانِيٌّ وَرَيْحَانِيٌّ أَيْ لَهُ رُوحٌ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ عَلَى وَزْنِ فَيْعَلَانِ فَأَصْلُهُ رَيْوَحَانُ فَأُبْدِلَ مِنَ الْوَاوِ يَاءً وَأُدْغِمَ كَهَيِّنٍ وَلَيِّنٍ، ثُمَّ أُلْزِمَ التَّخْفِيفُ لِطُولِهِ وَلِحَاقِ الزَّائِدَتَيْنِ الْأَلِفِ وَالنُّونِ، وَالْأَصْلُ فِيمَا يَتَرَكَّبُ مِنَ الرَّاءِ وَالْوَاوِ وَالْحَاءِ الِاهْتِزَازُ وَالْحَرَكَةُ. وَفِي الصِّحَاحِ: وَالرَّيْحَانُ نَبْتٌ مَعْرُوفٌ، وَالرَّيْحَانُ الرِّزْقُ، تَقُولُ: خَرَجْتُ أَبْتَغِي رَيْحَانَ اللَّهِ، قال النمر بن تولب: سلام الإله وريحانه ... وَرَحْمَتُهُ وَسَمَاءٌ دِرَرْ وَفِي الْحَدِيثِ: (الْوَلَدُ مِنْ رَيْحَانِ اللَّهِ) . وَقَوْلُهُمْ: سُبْحَانَ اللَّهِ وَرَيْحَانَهُ، نَصَبُوهُمَا عَلَى الْمَصْدَرِ يُرِيدُونَ تَنْزِيهًا لَهُ وَاسْتِرْزَاقًا. وَأَمَّا قوله: (وَالْحَبُّ ذُو الْعَصْفِ وَالرَّيْحانُ) فالعصف
(١). قائله العجاج. وصدر البيت: قد يكسب المال الهدان الجافي والهدان الأحمق.

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