[Coran, sourate al-Qamar (54), versets 50 à 55]
« Notre ordre n’est qu’un seul acte, pareil à un clin d’œil. » (50)
« Et Nous avons certes fait périr vos semblables ; n’y a-t-il donc quelqu’un pour se rappeler ? » (51)
« Tout ce qu’ils ont fait est consigné dans les registres. » (52)
« Et toute chose, petite ou grande, est écrite en lignes. » (53)
« Les pieux seront, certes, dans des jardins et des rivières, » (54)
« dans un séjour de vérité, auprès d’un Souverain Tout-Puissant. » (55)
Parole du Très-Haut :
« Notre ordre n’est qu’une seule [parole] » : c’est-à-dire qu’il suffit d’un seul acte.
« Pareil à un clin d’œil » : Mon décret au sujet de Mes créatures est plus prompt qu’un battement de paupière. Al-lamḥ désigne un regard furtif et rapide ; l’on dit : « Il a aperçu l’éclair du regard. » Dans le Ṣiḥāḥ : lamḥahu et almḥahu signifient : il l’a vu d’un coup d’œil léger ; le nom est lamḥa. On dit encore : « L’éclair ou l’astre a brillé (lamḥan). »
Parole du Très-Haut :
« Nous avons certes fait périr vos adhérents » : ceux qui vous ressemblent dans la mécréance parmi les nations passées ; on a aussi dit : vos partisans et vos auxiliaires.
« N’y a-t-il donc quelqu’un pour se rappeler ? » c’est-à-dire pour se rendre à l’exhortation. Tout ce qu’avaient accompli les communautés antérieures, de bien ou de mal, était déjà inscrit à leur charge ; c’est l’explication de Sa parole : « En vérité, Nous avons créé toute chose selon un décret. »
« Dans les registres » : dans la Table gardée. D’autres ont dit : dans les livres des anges gardiens ; d’autres encore : dans la Mère du Livre.
« Et toute chose, petite ou grande, est écrite en lignes » : tout péché, grand ou petit, est inscrit au compte de celui qui le commet avant même qu’il ne l’accomplisse(1), afin qu’il en soit rétribué ; puis il est inscrit de nouveau lorsqu’il l’a réalisé. Saṭara – yasṭuru – saṭran signifie : écrire, et istaṭara a le même sens.
Parole du Très-Haut :
« Les pieux seront, certes, dans des jardins et des rivières. » Après avoir décrit les négateurs, Il décrit également les croyants.
« Et rivières » : des rivières d’eau, de vin, de miel et de lait, selon Ibn Jurayj. Le singulier est employé parce qu’il marque la fin du verset ; le mot unique peut, à lui seul, désigner la pluralité.
On a aussi dit : dans nahar, c’est-à-dire dans la clarté et l’ampleur ; de là provient le mot nahâr (jour) pour sa luminosité, et l’expression anhartu al-jurḥ (j’ai fait couler la plaie). Le poète a dit(2) :
« Je tenais ferme ma main, puis j’en ai fait ruisseler la déchirure ;
Celui qui se tient derrière voit, à travers elle, ce qui est au-delà. »
(1) Pour qu’il en soit justement rétribué.
(2) Vers cité à l’appui de l’usage linguistique du terme nahar.