Troisièmement — La position des gens de la Sunna est qu’Allah, exalté soit-Il, a décrété toutes choses ; autrement dit, Il a su leurs mesures, leurs états et leurs échéances avant de les faire exister, puis Il a produit, parmi elles, ce qu’Il avait su qu’Il produirait, conformément à ce qui avait précédé dans Sa science. Il ne survient donc aucun événement, ni dans le monde céleste ni dans le monde terrestre, qui ne procède de Sa science, de Sa puissance et de Sa volonté, sans participation de la créature. Les créatures n’y ont qu’une part d’acquisition, d’effort, d’attribution et de relation, et tout cela ne leur échoit que par la facilitation d’Allah Très-Haut, par Sa puissance, Son assistance et Son inspiration. Gloire à Lui ! Nulle divinité hormis Lui, nul créateur en dehors de Lui, ainsi que l’affirment explicitement le Coran et la Sunna, et non comme l’ont prétendu les Qadarites et consorts qui disent : « Les actes dépendent de nous et les vies sont entre les mains d’autres que nous. »
Abû Dharr — qu’Allah l’agrée — rapporte :
« Une délégation de Najrân se rendit auprès du Messager d’Allah ﷺ et déclara : “Les œuvres relèvent de nous et les termes (de nos vies) sont entre les mains d’un autre que nous.” Alors furent révélés ces versets jusqu’à Sa parole :
« En vérité, Nous avons créé toute chose selon un décret. »
Ils dirent : “Ô Muhammad ! Il inscrit contre nous le péché puis nous châtie ?” Il répondit :
« Vous serez les adversaires d’Allah au Jour de la Résurrection. »
Quatrièmement :
Abû az-Zubayr a rapporté, d’après Jâbir ibn ʿAbd Allâh — qu’Allah les agrée —, que le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Les zoroastriens de cette communauté sont ceux qui renient les Décrets d’Allah ; s’ils tombent malades, ne les visitez pas ; s’ils meurent, n’assistez pas à leurs funérailles ; et si vous les rencontrez, ne les saluez pas. »
Ibn Mâjah l’a consigné dans ses Sunan.
Il a également rapporté, d’après Ibn ʿAbbâs et Jâbir, que le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Deux catégories de ma communauté n’ont aucune part dans l’Islam : les Murji’ites et les Qadarites. »
An-Nahhâs a transmis, avec sa chaîne, qu’Ibrâhîm ibn Shurayk al-Kûfî a relaté de ʿUqba ibn Mukram ad-Ḍabbî, de Yûnus ibn Bukayr, de Saʿîd ibn Maysara, d’Anas — qu’Allah l’agrée — que le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Les Qadarites, qui disent : “Le bien et le mal sont entre nos mains”, n’auront aucune part à mon intercession ; je ne suis pas d’eux et ils ne sont pas de moi. »
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, il est rapporté qu’Ibn ʿUmar se désavoua d’eux — or on ne se désavoue que d’un mécréant — puis il confirma cela en disant :
« Par Celui par qui jure ʿAbd Allâh ibn ʿUmar, si l’un d’eux possédait en or l’équivalent de la montagne de Uḥud et le dépensait, Allah ne l’accepterait pas de lui tant qu’il ne croirait pas au Décret. »
Ceci est semblable à la parole du Très-Haut au sujet des hypocrites :
« Et rien ne les empêcha que leurs dépenses fussent acceptées, sinon qu’ils ont mécru en Allah et en Son Messager » (9 : 54)¹ ; cela est manifeste.
Abû Hurayra — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Prophète ﷺ a dit :
« La foi au Décret dissipe le souci et la tristesse. »