Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Selon Ibn ʿAbbâs : « Ils furent semblables à du blé foulé puis broyé ; dans ce cas le muḥtaẓir désigne celui qui dresse une clôture autour de sa culture, et le hashîm les miettes de l’épi et de la paille. »

﴾Et Nous avons certes facilité le Coran pour qu’il serve d’avertissement ; y aura-t-il donc quelqu’un pour réfléchir ?﴿
[Sourate al-Qamar (54), versets 33-40]

33 — ﴾Le peuple de Loth traita de mensonges les avertissements.﴿
34 — ﴾Nous déchaînâmes contre eux une rafale de pierres, excepté la famille de Loth ; Nous les sauvâmes à l’aube.﴿
35 — ﴾Par grâce venue de Notre part ; ainsi rétribuons-Nous celui qui se montre reconnaissant.﴿
36 — ﴾Il les avait pourtant avertis de Notre prise irrésistible, mais ils mirent en doute les avertissements.﴿
37 — ﴾Ils voulurent même lui ravir ses hôtes ; alors Nous effaçâmes leurs yeux. — « Goûtez Mon châtiment ainsi que Mes avertissements ! »﴿
38 — ﴾Et, dès le matin, un châtiment permanent les surprit.﴿
39 — ﴾« Goûtez donc Mon châtiment ainsi que Mes avertissements ! »﴿
40 — ﴾Et Nous avons certes facilité le Coran pour qu’il serve de rappel ; y aura-t-il donc quelqu’un pour réfléchir ?﴿

Parole du Très-Haut : ﴾Le peuple de Loth traita de mensonges les avertissements.﴿ — Il fait ici allusion au peuple de Loth lorsqu’ils démentirent leur prophète.

﴾Nous déchaînâmes contre eux une rafale de pierres﴿ : c’est-à-dire un vent qui les criblait de gravier — le ḥaṣbâʾ, c’est-à-dire les cailloux. Al-Naḍr a dit : « Le ḥāṣib est le gravier soulevé par le vent. » Abû ʿUbayda : « Le ḥāṣib, ce sont les pierres. » Dans le Ṣiḥāḥ : « Le ḥāṣib est le vent violent qui soulève le gravier ; de même le terme ḥaṣiba. »

Labîd a dit :
Sur elle se traîna, parce qu’elle fut dépeuplée, sa traîne ;
Tout ouragan de pierres, furieux et plein de haine.
La rafale souffla, redoublant de vigueur ;
Vent impétueux, rugissant, semeur de gravier meurtrier.

De même, al-Farazdaq a chanté :
Face aux vents du Nord syrien, ils nous frappaient soudain
D’un ḥāṣib pareil à des flocons de coton épars au matin.

﴾Excepté la famille de Loth﴿ : c’est-à-dire ceux qui le suivirent dans sa religion ; il ne s’agissait en réalité que de ses deux filles.

﴾Nous les sauvâmes à l’aube﴿. Al-Akhfash explique : le terme sahar est décliné parce qu’il est indéfini ; s’il avait désigné l’aube d’un jour déterminé, il ne l’aurait pas été. De même dans la parole : ﴾Descendez dans une cité﴿, indéfini ; alors qu’il reste indéclinable lorsqu’Il dit : ﴾Entrez en Égypte, si Allah le veut﴿, où il est défini.

Al-Zajjâj dit semblablement : « Lorsque sahar est indéfini, qu’il désigne n’importe quelle aube parmi les aubes, on l’incline ; tu dis : “Je suis venu à lui saharan (à l’aube)”. Mais lorsque tu entends par là l’aube d’un jour précis… »

وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: أَنَّهُمْ كَانُوا مِثْلَ الْقَمْحِ الَّذِي دِيسَ وَهُشِّمَ، فَالْمُحْتَظِرُ عَلَى هَذَا الَّذِي يَتَّخِذُ حَظِيرَةً عَلَى زَرْعِهِ، وَالْهَشِيمُ فُتَاتُ السُّنْبُلَةِ وَالتِّبْنِ. (وَلَقَدْ يَسَّرْنَا الْقُرْآنَ لِلذِّكْرِ فَهَلْ مِنْ مُدَّكِرٍ) [سورة القمر (٥٤) : الآيات ٣٣ الى ٤٠] كَذَّبَتْ قَوْمُ لُوطٍ بِالنُّذُرِ (٣٣) إِنَّا أَرْسَلْنا عَلَيْهِمْ حاصِباً إِلاَّ آلَ لُوطٍ نَجَّيْناهُمْ بِسَحَرٍ (٣٤) نِعْمَةً مِنْ عِنْدِنا كَذلِكَ نَجْزِي مَنْ شَكَرَ (٣٥) وَلَقَدْ أَنْذَرَهُمْ بَطْشَتَنا فَتَمارَوْا بِالنُّذُرِ (٣٦) وَلَقَدْ راوَدُوهُ عَنْ ضَيْفِهِ فَطَمَسْنا أَعْيُنَهُمْ فَذُوقُوا عَذابِي وَنُذُرِ (٣٧) وَلَقَدْ صَبَّحَهُمْ بُكْرَةً عَذابٌ مُسْتَقِرٌّ (٣٨) فَذُوقُوا عَذابِي وَنُذُرِ (٣٩) وَلَقَدْ يَسَّرْنَا الْقُرْآنَ لِلذِّكْرِ فَهَلْ مِنْ مُدَّكِرٍ (٤٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: (كَذَّبَتْ قَوْمُ لُوطٍ بِالنُّذُرِ) أَخْبَرَ عَنْ قَوْمِ لُوطٍ أَيْضًا لَمَّا كَذَّبُوا لُوطًا. (إِنَّا أَرْسَلْنا عَلَيْهِمْ حاصِباً) أَيْ رِيحًا تَرْمِيهِمْ بِالْحَصْبَاءِ وَهِيَ الْحَصَى، قَالَ النَّضْرُ: الْحَاصِبُ الْحَصْبَاءُ فِي الرِّيحِ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: الْحَاصِبُ الْحِجَارَةُ. وَفِي الصِّحَاحِ: وَالْحَاصِبُ الرِّيحُ الشَّدِيدَةُ الَّتِي تُثِيرُ الْحَصْبَاءَ وَكَذَلِكَ الْحَصِبَةُ، قَالَ لَبِيَدٌ: جَرَّتْ عَلَيْهَا أَنْ خَوَتْ مِنْ أَهْلِهَا ... أَذْيَالَهَا كُلُّ عَصُوفٍ حَصِبَهْ عَصَفَتِ الرِّيحُ أَيِ اشْتَدَّتْ فَهِيَ رِيحٌ عَاصِفٌ وَعَصُوفٌ. وَقَالَ الْفَرَزْدَقُ: مُسْتَقْبِلِينَ شَمَالَ الشَّامِ تَضْرِبُنَا ... بِحَاصِبٍ كَنَدِيفِ الْقُطْنِ مَنْثُورِ (إِلَّا آلَ لُوطٍ) يَعْنِي مَنْ تَبِعَهُ عَلَى دِينِهِ وَلَمْ يَكُنْ إِلَّا بِنْتَاهُ (نَجَّيْناهُمْ بِسَحَرٍ) قَالَ الْأَخْفَشُ: إِنَّمَا أَجْرَاهُ لِأَنَّهُ نَكِرَةٌ، وَلَوْ أَرَادَ سَحَرَ يوم بِعَيْنِهِ لَمَا أَجْرَاهُ، وَنَظِيرُهُ: (اهْبِطُوا مِصْراً) «١» لَمَّا نَكَّرَهُ، فَلَمَّا عَرَّفَهُ فِي قَوْلِهِ: (ادْخُلُوا مِصْرَ إِنْ شاءَ «٢» اللَّهُ) لَمْ يُجْرِهِ، وَكَذَا قَالَ الزجاج: (بِسَحَرٍ) إِذَا كَانَ نَكِرَةً يُرَادُ بِهِ سَحَرٌ مِنَ الْأَسْحَارِ يُصْرَفُ، تَقُولُ أَتَيْتُهُ سَحَرًا، فَإِذَا أَرَدْتَ سحر يومك
(١). راجع ج ١ ص ٤٢٩. (٢). راجع ج ٩ ص ٢٦٣.

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