Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et Zuhayr l’a également mentionné en ces vers :
Elle enfante pour vous des fils, présages de malheur ;
Semblables au « Rouge d’Âd », sinistre héraut du malheur ;
Elle les allaite ensuite, nourrit leur ardeur guerrière ;
Puis brusquement les sèvre, et les jette aux feux de la guerre. (1)

Il désigne par là la guerre ; il a voilé le nom de Thamûd sous celui de ʿÂd.

Parole du Très-Haut :

« Nous avons certes envoyé contre eux un seul Cri. »

Il s’agit du Cri de Jibrîl — paix sur lui —, comme cela a déjà été expliqué dans (Hûd) (2).

« Ils devinrent alors comme le hashîm du muḥtaẓir. »

Al-Ḥasan, Qatâdah et Abû l-ʿÂliya l’ont lu muḥtaẓar, avec la ẓâ fatha, entendant par là l’enclos ; les autres l’ont lu muḥtaẓir, avec la ẓâ kasra, entendant par là le propriétaire de l’enclos.

Selon le Ṣiḥâḥ, al-muḥtaẓir est celui qui construit l’enclos. Ainsi, dans la lecture « comme le hashîm du muḥtaẓir », celui qui met la kasra en fait le sujet, alors que celui qui met la fatha en fait le complément d’objet.

On dit, pour un homme peu porté au bien : « Il est vraiment nakid al-ḥaẓîra. »

Abû ʿUbayd explique : il appelle ses biens ḥaẓîra parce qu’il les tient enfermés et protégés ; le mot est sur la forme faʿîla avec le sens de mafʿûla.

Al-Mahdawî précise : celui qui lit muḥtaẓir avec la ẓâ fatha en fait un nom d’action ; le sens devient alors « comme le hashîm de l’acte de dresser un enclos ». Il est également possible de considérer muḥtaẓir comme le bois même dont on fait l’enclos.

Ibn ʿAbbâs dit : le muḥtaẓir est l’homme qui construit à ses brebis un enclos avec des branches et des épines ; ce qui en tombe et que les brebis foulent devient le hashîm.

Il a récité :
Elles soulevèrent un tourbillon, tel la fumée d’un brasier ;
Qui s’embrase dans du gharqad flétri, réduit en bois brisé ;
La nuée couvre la plaine, sombre, tourbillonnante ;
Et, pareille à de la paille, la poussière s’y répandante.

D’après lui encore : « comme l’herbe qu’engloutissent les brebis. »

Et encore, d’après lui, ainsi que le rapporte Qatâdah : « comme des os pourris, calcinés. »

Saʿîd b. Jubayr affirme : « c’est la poussière qui se détache des murs un jour de grand vent. »

Sufyân al-Thawrî dit : « c’est ce qui tombe de l’enclos lorsqu’on le frappe d’un bâton » ; le terme est alors sur la forme faʿîl avec le sens de mafʿûl.

Ibn Zayd dit : « Les Arabes appellent hashîm toute chose qui était verte puis s’est desséchée. » Le mot ḥaẓr signifie « interdiction », et muḥtaẓir, sur la forme muftaʿil, se dit de celui qui : « iḥtaẓara ʿalâ ibilihi / ḥaẓara », c’est-à-dire : il rassemble des branchages, les empile les uns sur les autres pour protéger ses chamelles du froid du vent et des fauves.

Le poète a dit :
Tu vois, gisant alentour, les carcasses des montures fières ;
Leurs os, pareils à du bois brisé, jonchent la terre poussière ;
Le vent les malmène encore, les réduit à néant ;
Spectacle de ruine et de cendre, sous le soleil brûlant.

وَذَكَرَهُ زُهَيْرٌ فَقَالَ: فَتُنْتَجْ لَكُمْ غِلْمَانَ أَشْأَمَ كُلُّهُمْ ... كَأَحْمَرِ عَادٍ ثُمَّ تُرْضِعْ فَتَفْطِمِ «١» يُرِيدُ الْحَرْبَ، فَكَنَّى عَنْ ثَمُودَ بِعَادٍ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّا أَرْسَلْنا عَلَيْهِمْ صَيْحَةً واحِدَةً) يُرِيدُ صَيْحَةَ جِبْرِيلَ عَلَيْهِ السَّلَامُ، وَقَدْ مَضَى فِي (هُودٍ) «٢» . (فَكانُوا كَهَشِيمِ الْمُحْتَظِرِ) وَقَرَأَ الْحَسَنُ وَقَتَادَةُ وَأَبُو الْعَالِيَةِ (الْمُحْتَظَرِ) بِفَتْحِ الظَّاءِ أَرَادُوا الْحَظِيرَةَ. الْبَاقُونَ بِالْكَسْرِ أَرَادُوا صَاحِبَ الْحَظِيرَةِ. وَفِي الصِّحَاحِ: وَالْمُحْتَظِرُ الذي يعمل الحظيرة. وقرى (كَهَشِيمِ الْمُحْتَظِرِ) فَمَنْ كَسَرَهُ جَعَلَهُ الْفَاعِلُ وَمَنْ فَتَحَهُ جَعَلَهُ الْمَفْعُولُ بِهِ. وَيُقَالُ لِلرَّجُلِ الْقَلِيلِ الْخَيْرِ: إِنَّهُ لَنَكِدٌ الْحَظِيرَةَ. قَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: أَرَاهُ سَمَّى أَمْوَالَهُ حَظِيرَةً لِأَنَّهُ حَظَرَهَا عِنْدَهُ وَمَنَعَهَا، وَهِيَ فَعِيلَةٌ بِمَعْنَى مَفْعُولَةٍ. الْمَهْدَوِيُّ: مَنْ فَتَحَ الظَّاءَ مِنْ (الْمُحْتَظِرِ) فَهُوَ مَصْدَرٌ، وَالْمَعْنَى كَهَشِيمِ الِاحْتِظَارِ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ (الْمُحْتَظِرِ) هُوَ الشَّجَرُ الْمُتَّخَذُ مِنْهُ الْحَظِيرَةَ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: (الْمُحْتَظِرِ) هُوَ الرَّجُلُ يَجْعَلُ لِغَنَمِهِ حَظِيرَةً بِالشَّجَرِ وَالشَّوْكِ، فَمَا سَقَطَ مِنْ ذَلِكَ وَدَاسَتْهُ الْغَنَمُ فَهُوَ الْهَشِيمُ. قَالَ: أَثَرْنَ عَجَاجَةً كَدُخَانِ نَارٍ ... تَشِبُّ بِغَرْقَدٍ بَالٍ هَشِيمٍ وَعَنْهُ: كَحَشِيشٍ تَأْكُلُهُ الْغَنَمُ. وَعَنْهُ أَيْضًا: كَالْعِظَامِ النَّخِرَةِ الْمُحْتَرِقَةِ، وَهُوَ قَوْلُ قَتَادَةَ. وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: هُوَ التُّرَابُ الْمُتَنَاثِرُ مِنَ الْحِيطَانِ فِي يَوْمِ رِيحٍ. وَقَالَ سُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ: هُوَ مَا تَنَاثَرَ مِنَ الْحَظِيرَةِ إِذَا ضَرَبْتَهَا بِالْعَصَا، وَهُوَ فَعِيلٌ بِمَعْنَى مَفْعُولٍ. وَقَالَ ابْنُ زَيْدٍ: الْعَرَبُ تُسَمِّي كُلَّ شي كَانَ رَطْبًا فَيَبِسَ هَشِيمًا. وَالْحَظْرُ الْمَنْعُ، وَالْمُحْتَظِرُ الْمُفْتَعِلُ يُقَالُ مِنْهُ: احْتَظَرَ عَلَى إِبِلِهِ وَحَظَرَ أَيْ جَمَعَ الشَّجَرَ وَوَضَعَ بَعْضَهُ فَوْقَ بَعْضٍ لِيَمْنَعَ بَرْدَ الرِّيحِ وَالسِّبَاعَ عَنْ إِبِلِهِ، قَالَ الشَّاعِرُ: تَرَى جِيَفَ الْمَطِيِّ بِجَانِبَيْهِ ... كَأَنَّ عِظَامَهَا خشب الهشيم
(١). تنتج لكم يعنى الحرب. (غلمان أشأم) في معنى غلمان شؤم أو كلهم في الشؤم كأحمر عاد. (ثم ترضع فتفطم) يريد أنه يتم أمر الحرب، كالمرأة إذا أرضعت ثم فطمت فقد تممت. (٢). راجع ج ٩ ص ٦١.

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