Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La Chamelle venait donc par cette fissure ; le jour où c’était son tour, elle buvait toute leur eau, et, le lendemain, ils tiraient d’elle une quantité de lait équivalente à ce qu’ils buvaient d’ordinaire. Tel est le sens de la parole du Très-Haut :
« Annon­ce-leur que l’eau est partagée entre eux ; chaque part de breuvage est dûment assignée. »

Le terme « shirb » (avec kasra) signifie « part d’eau ». On trouve dans le proverbe : « Le dernier est celui qui boit le moins », proverbe issu de l’abreuvement des chameaux : le dernier à se présenter trouve déjà l’auge épuisée.

Quant au mot « muḥtaḍar », il signifie : « auquel assiste celui à qui il revient ». Ainsi, expliqua Muqātil, la Chamelle se présente à l’eau le jour où c’est son tour et s’en absente le jour où c’est celui des Thamūd. Mujāhid ajouta : « Le jour où elle est absente, les Thamūd se rendent à l’eau et boivent ; le jour où elle vient s’abreuver, ils viennent à son lait et le traisent. »

Puis le Très-Haut dit : « Ils appelèrent leur compagnon ; il s’avança alors et la sabra. » Par cet appel, ils l’incitèrent à la mettre à mort. Le verbe « taʿāṭā » signifie « entreprendre l’acte » ; on dit « ʿaṭawtu », c’est-à-dire : « j’ai saisi ». Ḥassān l’emploie dans ces vers :
L’une et l’autre ont pressé le vin, verse-le-moi sans tarder ;
Dans un flacon souple et fin, verse-le-moi sans tarder.
Que coule le jus écarlate, brillant comme le matin ;
Qu’il réjouisse les cœurs altérés, brillant comme le matin.

Muḥammad b. Isḥāq rapporte : « Il se posta pour elle au pied d’un arbre, sur son passage, décocha une flèche qui traversa le muscle de sa patte, se rua ensuite sur elle l’épée à la main et lui trancha le jarret. Elle s’effondra, poussa un unique beuglement ; son petit glissa de son ventre, puis il l’égorgea. Le petit courut jusqu’à un rocher au sommet d’une montagne, poussa un cri, puis s’y réfugia. »

Ṣāliḥ — sur lui la paix — arriva alors. Lorsqu’il vit la Chamelle mise à mort, il pleura et déclara : « Vous avez violé l’inviolabilité d’Allah ; réjouissez-vous donc du châtiment d’Allah. » L’explication de ce passage a déjà été donnée dans la sourate al-Aʿrāf.

Ibn ʿAbbās dit : « Celui qui la sabra était roux, blond, aux yeux bleus, le front dégarni et chauve à l’arrière ; on l’appelait Qudār b. Sālif. »

Al-Afwah al-Awdī a chanté :
Tel Qudār, quand on le suivit, guida vers l’égarement ;
Tel Qudār, quand on le suivit, guida vers l’égarement.
Ces gens périrent tous, leur trace s’est éteinte soudain ;
Ces gens périrent tous, leur trace s’est éteinte soudain.

Les Arabes appellent le boucher « quddār », par assimilation à Qudār b. Sālif, sinistre personnage des Thamūd. Muhalhil a dit :
Nous abattons de l’épée leurs têtes superbes et vains ;
Nous abattons de l’épée leurs têtes superbes et vains.
Pareils aux coups de Qudār, le sang jaillit écarlatin ;
Pareils aux coups de Qudār, le sang jaillit écarlatin.

إِلَيْهِمُ النَّاقَةَ فَكَانَتْ تَرِدُ مِنْ ذَلِكَ الْفَجِّ فَتَشْرَبُ مَاءَهُمْ يَوْمَ وِرْدِهَا وَيَحْلُبُونَ مِنْهَا مِثْلَ الَّذِي كَانُوا يَشْرَبُونَ يَوْمَ غِبِّهَا) وَهُوَ مَعْنَى قَوْلِهِ تَعَالَى: (وَنَبِّئْهُمْ أَنَّ الْماءَ قِسْمَةٌ بَيْنَهُمْ) . (كُلُّ شِرْبٍ مُحْتَضَرٌ) الشِّرْبُ- بِالْكَسْرِ- الْحَظُّ مِنَ الْمَاءِ، وَفِي الْمَثَلِ: (آخِرُهَا أَقَلُّهَا شِرْبًا) وَأَصْلُهُ فِي سَقْيِ الْإِبِلِ، لِأَنَّ آخِرَهَا يَرِدُ وَقَدْ نَزِفَ الْحَوْضُ. وَمَعْنَى (مُحْتَضَرٌ) أَيْ يَحْضُرُهُ مَنْ هُوَ لَهُ، فَالنَّاقَةُ تَحْضُرُ الْمَاءَ يَوْمَ وِرْدِهَا، وَتَغِيبُ عَنْهُمْ يَوْمَ وِرْدِهِمْ، قَالَهُ مُقَاتِلٌ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: إِنَّ ثَمُودَ يَحْضُرُونَ الْمَاءَ يَوْمَ غِبِّهَا فَيَشْرَبُونَ، وَيَحْضُرُونَ اللَّبَنَ يَوْمَ وِرْدِهَا فَيَحْتَلِبُونَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَنادَوْا صاحِبَهُمْ) يَعْنِي بِالْحَضِّ عَلَى عَقْرِهَا (فَعَقَرَ) ها وَمَعْنَى تَعَاطَى تَنَاوَلَ الْفِعْلَ، مِنْ قَوْلِهِمْ: عَطَوْتُ أَيْ تَنَاوَلْتُ، وَمِنْهُ قَوْلُ حَسَّانَ: كِلْتَاهُمَا حَلَبُ الْعَصِيرِ فَعَاطِنِي ... بِزُجَاجَةٍ أَرْخَاهُمَا لِلْمِفْصَلِ قَالَ مُحَمَّدُ بْنُ إِسْحَاقَ: فَكَمِنَ لَهَا فِي أَصْلِ شَجَرَةٍ عَلَى طَرِيقِهَا فَرَمَاهَا بِسَهْمٍ فَانْتَظَمَ بِهِ عَضَلَةَ سَاقِهَا، ثُمَّ شَدَّ عَلَيْهَا بِالسَّيْفِ فَكَشَفَ عُرْقُوبَهَا، فَخَرَّتْ وَرَغَتْ رُغَاءَةً وَاحِدَةً تَحَدَّرَ سَقْبُهَا مِنْ بَطْنِهَا ثُمَّ نَحَرَهَا، وَانْطَلَقَ سَقْبُهَا حَتَّى أَتَى صَخْرَةً فِي رَأْسِ جَبَلٍ فَرَغَا ثُمَّ لَاذَ بِهَا، فَأَتَاهُمْ صَالِحٌ عَلَيْهِ السَّلَامُ، فَلَمَّا رَأَى النَّاقَةَ قَدْ عُقِرَتْ بَكَى وَقَالَ: قَدِ انْتَهَكْتُمْ حُرْمَةَ اللَّهِ فَأَبْشِرُوا بِعَذَابِ اللَّهِ. وَقَدْ مَضَى فِي (الْأَعْرَافِ) «١» بَيَانُ هَذَا الْمَعْنَى. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: وَكَانَ الَّذِي عَقَرَهَا أَحْمَرَ أَزْرَقَ أَشْقَرَ أَكْشَفَ أَقْفَى. وَيُقَالُ فِي اسْمِهِ قُدَارُ بْنُ سَالِفٍ. وَقَالَ الْأَفْوَهُ الْأَوْدِيُّ: أَوْ قَبْلَهُ «٢» كَقُدَارٍ حِينَ تَابَعَهُ ... عَلَى الْغِوَايَةِ أَقْوَامٌ فَقَدْ بَادُوا والعرب تسمي الجزار قدارا تشبيها بمقدار بْنِ سَالِفٍ مَشْئُومِ آلِ ثَمُودَ، قَالَ مُهَلْهِلٌ: إنا لنضرب بالسيوف رؤوسهم ... ضرب القدار نقيعة القدام «٣»
(١). راجع ج ٧ ص ٢٤١. (٢). الذي في شعراء النصرانية: (أو بعده). (٣). القدار: الجزار. والنقيعة: ما ينحر للضيافة. والقدام: القادمون من سفر جمع قادم. وقيل: القدام الملك. ويروى: انا لنضرب بالصوارم هامهم

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