Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et l’on a dit :

« Ašir » signifie « batir », l’outrecuidance orgueilleuse ; al-ašr et al-batr sont donc synonymes.

Le poète a dit :
Vous fûtes pleins de superbe dès que la soie vous revêtit ;
Hier encore, vous ignoriez quel vainqueur les cités ouvrit.

On relève en outre le verbe « ’ašira » (avec kasra) : yaʾširu, ašran ; on dit alors de l’homme : « ašir » ou « ašrān », et, au pluriel, « ušārā », de même que l’on dit « sakrān / sukārā » pour l’ivre. Le poète déclare :
Elle laissa là des bouquetins farouches et hautains,
Quand déjà la pointe des lances fauchait leurs capitaines.

Il a aussi été dit : c’est celui qui outrepasse une dignité qu’il ne mérite pas – l’idée restant la même.

Ibn Zayd et ʿAbd ar-Raḥmān b. Ḥammād ont précisé : « al-ašir est celui qui ne se soucie nullement de ce qu’il dit. »

Abū Jaʿfar et Abū Qilābah ont lu « ’ašarr » (fatḥa sur le šīn, redoublement du rāʾ), c’est-à-dire : le plus insolent et le plus vil d’entre nous.

« Ils sauront demain » : ils verront le châtiment le Jour de la Résurrection, ou lors de la descente du châtiment en ce bas-monde. Ibn ʿĀmir et Ḥamzah l’ont lu avec le tāʾ, comme parole de Ṣāliḥ leur étant directement adressée ; les autres, avec le yāʾ, comme information qu’Allāh transmet à Ṣāliḥ à leur sujet.

Quant à la mention de « demain », elle exprime la proximité, selon l’usage des gens qui, pour parler des conséquences, disent : « après aujourd’hui vient demain ». Le poète dit :
Dans son carquois la Mort a des traits qui jamais ne manquent leur voie ;
Qui n’est pas frappé ce jour périra dès l’aurore prochaine, ma foi.

Al-Ṭirimmāḥ chante :
Hâtez-vous de m’abreuver, avant le cri des pleureuses,
Avant que l’âme, dans la poitrine, ne devienne anxieuse ;
Avant demain – hélas ! que mon âme redoute demain –
Quand mes compagnons partiront et que je resterai, morne et penaude, au lointain.
Il ne visait que l’instant de la mort, non point le lendemain au sens littéral.

« Qui donc est le menteur plein d’orgueil ? »

Abū Qilābah l’a lu « al-ašarr » (fatḥa sur le šīn, redoublement du rāʾ), forme primitive.

Abū Ḥātim dit : les Arabes n’emploient guère « al-ašarr » ni « al-akhyār » sinon par contrainte métrique, comme l’a fait Ruʾbah :
« Bilāl est le meilleur des hommes, fils du dernier rang. »

وَقِيلَ: (أَشِرٌ) بَطِرٌ. وَالْأَشَرُ الْبَطَرُ، قَالَ الشَّاعِرُ: أَشِرْتُمْ بِلُبْسِ الْخَزِّ لَمَّا لَبِسْتُمُ ... وَمِنْ قَبْلُ مَا تَدْرُونَ مَنْ فَتَحَ الْقُرَى وَقَدْ أَشِرَ بِالْكَسْرِ يَأْشَرُ أَشَرًا فَهُوَ أَشِرٌ وَأَشْرَانُ، وَقَوْمٌ أُشَارَى مِثْلُ سَكْرَانَ وَسُكَارَى، قَالَ الشَّاعِرُ «١» : وَخَلَّتْ وُعُولًا أُشَارَى بِهَا ... وَقَدْ أَزْهَفَ الطَّعْنُ أَبْطَالَهَا وَقِيلَ: إِنَّهُ الْمُتَعَدِّي إِلَى مَنْزِلَةٍ لَا يَسْتَحِقُّهَا، وَالْمَعْنَى وَاحِدٌ. وَقَالَ ابْنُ زَيْدٍ وَعَبْدُ الرَّحْمَنِ ابن حَمَّادٍ: الْأَشِرُ الَّذِي لَا يُبَالِي مَا قَالَ. وَقَرَأَ أَبُو جَعْفَرٍ وَأَبُو قِلَابَةَ (أَشَرُّ) بِفَتْحِ الشِّينِ وَتَشْدِيدِ الرَّاءِ يَعْنِي بِهِ أَشَرَّنَا وَأَخْبَثَنَا. (سَيَعْلَمُونَ غَداً) أَيْ سَيَرَوْنَ الْعَذَابَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ، أَوْ فِي حَالِ نُزُولِ الْعَذَابِ بِهِمْ فِي الدُّنْيَا. وَقَرَأَ ابْنُ عَامِرٍ وَحَمْزَةُ بِالتَّاءِ عَلَى أَنَّهُ مِنْ قَوْلِ صَالِحٍ لَهُمْ عَلَى الْخِطَابِ. الْبَاقُونَ بِالْيَاءِ إِخْبَارٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى لِصَالِحٍ عنهم. وقوله: (رَغَداً) عَلَى التَّقْرِيبِ عَلَى عَادَةِ النَّاسِ فِي قَوْلِهِمْ لِلْعَوَاقِبِ: إِنَّ مَعَ الْيَوْمِ غَدًا، قَالَ: لِلْمَوْتِ فِيهَا سِهَامٌ غَيْرُ مُخْطِئَةٍ ... مَنْ لَمْ يَكُنْ مَيِّتًا فِي الْيَوْمِ مَاتَ غَدَا وَقَالَ الطِّرِمَّاحُ: أَلَا عَلِّلَانِي قَبْلَ نَوْحِ النَّوَائِحِ ... وَقَبْلَ اضْطِرَابِ النَّفْسِ بَيْنَ الْجَوَانِحِ وَقَبْلَ غَدٍ يَا لَهْفَ نَفْسِي عَلَى غَدٍ ... إِذَا رَاحَ أَصْحَابِي وَلَسْتُ بِرَائِحِ وَإِنَّمَا أَرَادَ وَقْتَ الْمَوْتِ وَلَمْ يُرِدْ غَدًا بِعَيْنِهِ. (مَنِ الْكَذَّابُ الْأَشِرُ) وَقَرَأَ أَبُو قِلَابَةَ (الْأَشَرُّ) بِفَتْحِ الشِّينِ وَتَشْدِيدِ الرَّاءِ جَاءَ بِهِ عَلَى الْأَصْلِ. قَالَ أَبُو حَاتِمٍ: لَا تَكَادُ الْعَرَبُ تَتَكَلَّمُ بِالْأَشَرِّ وَالْأَخْيَرِ إِلَّا فِي ضَرُورَةِ الشِّعْرِ، كَقَوْلِ رُؤْبَةَ: بِلَالٌ خَيْرُ النَّاسِ وابن الأخير
(١). هي مية بنت ضرار الضبي ترثى أخاها. وأزهف الطعن أبطالها أي صرعها. وقبل البيت: تراه على الخيل ذا قدمة ... إذا سربل الدم أكفالها

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