Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Abasharun » se trouve au nominatif, tandis que « minnā wāḥidan » est à l’accusatif ; le mot « abasharun » est élevé (rafʿ) par l’ellipse d’un verbe qu’induit la locution « a-ulqiya », comme s’il avait dit : « Un être humain issu de nous recevrait-il la révélation ? ».

Quant à « wāḥidan », il peut être
– soit un ḥâl du pronom sous-entendu dans « minnā », le complément circonstanciel l’érigeant alors en accusatif ; le sens serait : « Se verrait-on annoncer la Révélation à un homme qui se trouve parmi nous, seul, isolé ? » ;
– soit un ḥâl du pronom de « nattabiʿuhu », c’est-à-dire : « isolé, sans aucun soutien ».

« Innā idhan lafī ḍalālin wa suʿur » : nous serions alors dans l’égarement, loin de la voie droite, et dans la « suʿur », c’est-à-dire la folie. On dit d’une chamelle : « nāqatun masʿūra » lorsqu’elle semble, tant son ardeur est vive, comme atteinte de démence ; ainsi l’a expliqué Ibn ʿAbbās.

Le poète décrivant sa monture dit :
On la croirait frénétique quand la route l’a secouée,
D’un pas zhamīl cadencé, son allure exténuée.

Le « zhamīl » est une allure spécifique du chameau. Abū ʿUbayd précise : quand la marche dépasse légèrement le pas tranquille (al-ʿanaq) on parle de « tazayyud » ; au degré supérieur c’est le « zhamīl », puis vient « ar-rasīm ». On dit : « dhamala – yadhmulu / yadhmilu – dhamīlan ». Al-Aṣmaʿī ajoute : « Aucun chameau ne peut soutenir une marche en zhamīl un jour et une nuit, hormis le mahrī. »

Ibn ʿAbbās dit encore : « as-suʿur » désigne le châtiment ; de même l’a affirmé al-Farrā’. Pour Mujāhid, il s’agit de l’éloignement de la vérité ; pour as-Suddī, d’une incinération. Le poète chante :
Es-tu sobre aujourd’hui, ou bien Hirr t’a troublé ?
De l’amour naît une folie ardente, un feu attisé.

Abū ʿUbayda voit dans « suʿur » le pluriel de « saʿīr », la flamme dévorante ; de même, on qualifie de « suʿur » le chameau devenu fou qui s’élance dans tous les sens, enflammé par la fougue.

Le sens global du verset est donc : « Nous serions alors plongés dans la peine et la fatigue que cela nous imposerait. »

Parole du Très-Haut : « A-ulqiya adh-dhikru ʿalayhi min bayninā ? » : le Rappel lui aurait-il été réservé, à lui plutôt qu’à tout le clan de Thamūd, alors qu’il s’en trouve qui possèdent plus de biens et une condition plus enviable ? C’est une interrogation à visée de dénégation.

« Bal huwa kadhdābun ashir » : bien au contraire, il est un menteur plein de gloriole. Ce qu’il prétend n’est pas fondé ; il ne cherche qu’à se grandir et à se donner de l’importance sans le moindre droit. « Ashir » désigne l’orgueil mêlé d’exubérance et d’insolence. On dit : « un cheval ashir » lorsque, dans sa vivacité, il fait montre de fierté.

Imru’ l-Qays décrit ainsi un chien de chasse :
Il nous rattrape, sombre, domestiqué,
Fin d’ouïe, de vue, pisteur acharné ;
Aux crocs acérés, aux côtes arquées,
Rusé, prompt, fougueux, d’orgueil animé.

(أَبَشَرٌ) بِالرَّفْعِ (مِنَّا وَاحِدًا) بِالنَّصْبِ، رَفَعَ (أَبَشَرٌ) بإضمار فعل يدل عليه (أَأُلْقِيَ) كَأَنَّهُ قَالَ: أَيُنَبَّأُ بَشَرٌ مِنَّا، وَقَوْلُهُ: (واحِداً) يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ حَالًا مِنَ الْمُضْمَرِ فِي (مِنَّا) وَالنَّاصِبُ لَهُ الظَّرْفُ، وَالتَّقْدِيرُ أَيُنَبَّأُ بَشَرٌ كَائِنٌ مِنَّا مُنْفَرِدًا، وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ حَالًا مِنَ الضَّمِيرِ فِي (نَتَّبِعُهُ) مُنْفَرِدًا لَا نَاصِرَ لَهُ. (إِنَّا إِذاً لَفِي ضَلالٍ) أَيْ ذَهَابٍ عَنِ الصَّوَابِ (وَسُعُرٍ) أَيْ جُنُونٍ، مِنْ قَوْلِهِمْ: نَاقَةٌ مَسْعُورَةٌ، أَيْ كَأَنَّهَا مِنْ شِدَّةِ نَشَاطِهَا مَجْنُونَةٌ، ذَكَرَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ. قَالَ الشَّاعِرُ يَصِفُ نَاقَتَهُ: تَخَالُ بِهَا سُعْرًا إِذَا السَّفْرُ هَزَّهَا ... ذَمِيلٌ وَإِيقَاعٌ مِنَ السَّيْرِ مُتْعِبُ [الذَّمِيلُ «١» ضَرْبٌ مِنْ سَيْرِ الْإِبِلِ. قَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: إِذَا ارْتَفَعَ السَّيْرُ عَنِ الْعَنَقِ قَلِيلًا فَهُوَ التَّزَيُّدُ، فَإِذَا ارْتَفَعَ عَنْ ذَلِكَ فَهُوَ الذَّمِيلُ، ثُمَّ الرَّسِيمُ، يُقَالُ: ذَمَلَ يَذْمُلُ وَيَذْمِلُ ذَمِيلًا. قَالَ الْأَصْمَعِيُّ: وَلَا يَذْمُلُ بَعِيرٌ يَوْمًا وَلَيْلَةً إِلَّا مَهْرِيٌّ قَالَهُ ج]. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ أَيْضًا: السُّعُرُ الْعَذَابُ، وَقَالَهُ الْفَرَّاءُ. مُجَاهِدٌ: بُعْدُ الْحَقِّ. السدي: في احتراق. قال «٢» : أَصَحَوْتَ الْيَوْمَ أَمْ شَاقَتْكَ هِرُّ ... وَمِنَ الْحُبِّ جُنُونٌ مُسْتَعِرْ أَيْ مُتَّقِدٌ وَمُحْتَرِقٌ. أَبُو عُبَيْدَةَ: هُوَ جَمْعُ سَعِيرٍ وَهُوَ لَهِيبُ النَّارِ. وَالْبَعِيرُ «٣» الْمَجْنُونُ يَذْهَبُ كَذَا وَكَذَا لِمَا يَتَلَهَّبُ بِهِ مِنَ الْحِدَّةِ. وَمَعْنَى الْآيَةِ: إِنَّا إِذًا لَفِي شقاء وعناء مما يلزمنا. قوله تعالى: (أَأُلْقِيَ الذِّكْرُ عَلَيْهِ مِنْ بَيْنِنا) أَيْ خُصِّصَ بِالرِّسَالَةِ مِنْ بَيْنِ آلِ ثَمُودَ وَفِيهِمْ مَنْ هُوَ أَكْثَرُ مَالًا وَأَحْسَنُ حَالًا؟! وَهُوَ اسْتِفْهَامٌ مَعْنَاهُ الْإِنْكَارُ. (بَلْ هُوَ كَذَّابٌ أَشِرٌ) أَيْ لَيْسَ كَمَا يَدَّعِيهِ، وَإِنَّمَا يُرِيدُ أَنْ يَتَعَاظَمَ وَيَلْتَمِسَ التَّكَبُّرَ عَلَيْنَا مِنْ غَيْرِ اسْتِحْقَاقٍ. وَالْأَشَرُ الْمَرَحُ وَالتَّجَبُّرُ وَالنَّشَاطُ. يُقَالُ: فَرَسٌ أَشِرٌ إِذَا كَانَ مَرِحًا نَشِيطًا، قَالَ امْرُؤُ الْقَيْسِ يَصِفُ كَلْبًا: فَيُدْرِكُنَا فَغِمٌ دَاجِنٌ ... سَمِيعٌ بَصِيرٌ طَلُوبٌ نَكِرْ «٤» أَلَصُّ «٥» الضُّرُوسِ حَنِيُّ الضُّلُوعِ ... تَبُوعٌ أَرِيبٌ نَشِيطٌ أشر
(١). زيادة من ب، هـ. (٢). هو طرفة. (٣). في ا، ز، ل: السعير. (٤). الفغم: المولع بالصيد الحريص عليه. داجن: ألوف للصيد. وفكر أي منكر عالم. وقيل نكر أي كريه الصورة. (٥). الالص الذي التصقت أسنانه بعضها إلى بعض.

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