Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il est avéré qu’il n’entendait nullement par là que ce jour fût de mauvais augure pour les vertueux (1) ; il voulait plutôt signifier qu’il est néfaste pour les pervers et les corrupteurs, de même que les « jours néfastes » mentionnés dans le Coran furent funestes aux mécréants du peuple de ʿÂd, non pas à leur Prophète ni aux croyants qui étaient avec lui. Dès lors, il n’est pas étonnant que l’oppresseur bénéficie d’un délai depuis le premier mercredi jusqu’au déclin du soleil ; lorsque le jour s’achève sans qu’il revienne sur son injustice, l’invocation du lésé contre lui est exaucée : ce jour devient alors un présage funeste pour l’oppresseur. La supplication du Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – ne visait en effet que les mécréants, et la parole de Jâbir dans son ḥadith : « Il ne m’est jamais advenu d’affaire pesante » fait allusion à cela. Allah sait mieux.

Sa parole – Très-Haut – :

« Elle arrache les gens »

décrit le vent ; c’est-à-dire qu’il les déracinait de leurs emplacements.

On a dit : il les arrachait de sous leurs pieds comme on déracine le palmier de sa racine.

Mujâhid a dit : il les soulevait de la terre, puis les projetait sur leurs têtes ; leurs nuques se brisaient et leurs têtes se séparaient de leurs corps.

Il a aussi été rapporté : « Elle arrache les gens de leurs maisons. »

Muhammad ibn Kaʿb tient de son père que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit : « Le vent arracha les gens de leurs tombes. »

Il fut encore avancé : ils creusèrent des fosses et s’y introduisirent, mais le vent les en arrachait et les broyait, ne laissant de ces fosses que l’aspect de souches de palmiers dans lesquelles ceux qui s’y trouvaient avaient péri, si bien que leurs emplacements demeuraient béants. On rapporte que sept d’entre eux creusèrent des trous et s’y tinrent pour se protéger du vent.

Ibn Isḥâq relate : lorsque le vent se déchaîna, un groupe de sept hommes d’ʿÂd – six d’entre eux nous ont été nommés parmi les plus robustes et les plus corpulents : ʿAmr ibn al-Ḥulayy, al-Ḥarth ibn Shaddâd, al-Hilqâm, les deux fils de Tiqn et Khaljân ibn Saʿd – mirent femmes et enfants à l’abri dans un défilé entre deux montagnes, puis se postèrent à l’entrée du passage pour faire écran au vent. Le vent se mit alors à les enlever, un homme après l’autre.

Une femme d’ʿÂd s’exclama alors :

Le temps a pris ʿAmr, fils de Ḥulay, avec les gens de valeur ;
Puis al-Ḥarth et al-Hilqâm, seigneurs des hauts cols et de leur ardeur ;
Et celui qui sut bloquer le vent aux jours d’affliction ;
Celui qui, aux temps de calamité, brisa sa terrible action.

وَمَعْلُومٌ أَنَّهُ لَمْ يُرِدْ بِذَلِكَ أَنَّهُ نَحْسٌ عَلَى الصَّالِحِينَ «١» ، بَلْ أَرَادَ أَنَّهُ نَحْسٌ عَلَى الْفُجَّارِ وَالْمُفْسِدِينَ، كَمَا كَانَتِ الْأَيَّامُ النَّحِسَاتُ الْمَذْكُورَةُ فِي الْقُرْآنِ، نَحِسَاتٍ عَلَى الْكُفَّارِ مِنْ قَوْمِ عَادٍ لَا عَلَى نَبِيِّهِمْ وَالْمُؤْمِنِينَ بِهِ مِنْهُمْ، وَإِذَا كَانَ كَذَلِكَ لَمْ يَبْعُدْ أَنْ يُمْهَلَ الظَّالِمُ مِنْ أَوَّلِ يَوْمِ الْأَرْبِعَاءِ إِلَى أَنْ تَزُولَ الشَّمْسُ، فَإِذَا أَدْبَرَ النَّهَارُ وَلَمْ يُحْدِثْ رَجْعَةً اسْتُجِيبَ دُعَاءُ الْمَظْلُومِ عَلَيْهِ، فَكَانَ الْيَوْمُ نَحْسًا عَلَى الظَّالِمِ، وَدُعَاءُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّمَا كَانَ عَلَى الْكُفَّارِ، وَقَوْلُ جَابِرٍ فِي حَدِيثِهِ (لَمْ يَنْزِلْ بِي أَمْرٌ غليظ) إشارة إلى هذا. والله أعلم. قوله تعالى: (تَنْزِعُ النَّاسَ) فِي مَوْضِعِ الصِّفَةِ لِلرِّيحِ أَيْ تَقْلَعُهُمْ مِنْ مَوَاضِعِهِمْ. قِيلَ: قَلَعَتْهُمْ مِنْ تَحْتِ أَقْدَامِهِمُ اقْتِلَاعَ النَّخْلَةِ مِنْ أَصْلِهَا. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: كَانَتْ تَقْلَعُهُمْ مِنَ الْأَرْضِ، فَتَرْمِي بِهِمْ عَلَى رؤوسهم فتندق أعناقهم وتبين رؤوسهم عَنْ أَجْسَادِهِمْ. وَقِيلَ: تَنْزِعُ النَّاسَ مِنَ الْبُيُوتِ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ عَنْ أَبِيهِ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (انْتَزَعَتِ الرِّيحُ النَّاسَ مِنْ قُبُورِهِمْ) . وَقِيلَ: حَفِرُوا حُفَرًا وَدَخَلُوهَا فَكَانَتِ الرِّيحُ تَنْزِعُهُمْ مِنْهَا وَتَكْسِرُهُمْ، وَتُبْقِي تِلْكَ الْحُفَرَ كَأَنَّهَا أُصُولُ نَخْلٍ [قَدْ «٢» ] هَلَكَ مَا كَانَ فِيهَا فَتَبْقَى مَوَاضِعُهَا مُنْقَعِرَةً. يُرْوَى أَنَّ سَبْعَةً مِنْهُمْ حَفِرُوا حُفَرًا وَقَامُوا فِيهَا لِيَرُدُّوا الرِّيحَ. قَالَ ابْنُ إِسْحَاقَ: لَمَّا هَاجَتِ الرِّيحُ قَامَ نَفَرٌ سَبْعَةٌ مِنْ عَادٍ سُمِّيَ لَنَا مِنْهُمْ سِتَّةٌ مِنْ أَشَدِّ عَادٍ وَأَجْسَمِهَا مِنْهُمْ عمرو بن الحلي والحرث بْنُ شَدَّادٍ وَالْهِلْقَامُ وَابْنَا تِقْنٍ وَخَلْجَانُ بْنُ سَعْدٍ فَأَوْلَجُوا الْعِيَالَ فِي شِعْبٍ بَيْنَ جَبَلَيْنِ، ثُمَّ اصْطَفَوْا عَلَى بَابِ الشِّعْبِ لِيَرُدُّوا الرِّيحَ عَمَّنْ فِي الشِّعْبِ مِنَ الْعِيَالِ، فَجَعَلَتِ الرِّيحُ تَجْعَفُهُمْ «٣» رَجُلًا رَجُلًا، فَقَالَتِ امْرَأَةٌ مِنْ عَادٍ: ذَهَبَ الدَّهْرُ بِعَمْرِو بْ ... نِ حُلَيٍّ وَالْهَنِيَّاتِ ثُمَّ بِالْحَرْثِ وَالْهِلْ ... قَامِ طَلَّاعِ الثَّنِيَّاتِ وَالَّذِي سد مهب الر ... يح أيام البليات
(١). في ى: (المصلحين). (٢). زيادة من ى. (٣). جعفة: صرعه وضرب به الأرض. [ ..... ]

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