Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Al-Farrâʾ a dit :
« Al-inḏâr et an-naḏr sont deux noms d’action (maṣdar). »

On a également dit :
« (Nudhur) est le pluriel de nadhîr, et nadhîr a lui-même le sens d’« avertissement », tout comme nakîr signifie « déni ». »

« Et Nous avons certes rendu le Coran facile pour le rappel » : c’est-à-dire que Nous l’avons simplifié pour la mémorisation et que Nous secourons quiconque veut l’apprendre par cœur ; y a-t-il donc un candidat à sa mémorisation afin qu’il soit aidé à y parvenir ?

Il se peut aussi que le sens soit : « Nous l’avons préparé pour le rappel », l’expression étant empruntée à yassara nâqata-hu li-s-safar, quand il l’équipe pour le voyage, ou à yassara farasa-hu li-l-ghazw, quand il selle son cheval et lui met le mors.

Le poète dit :
Je m’avançai vers lui, bride en main, prêt au départ ; (A)
Là, je recevrai le prix des soins que j’apporte au devoir. (A)

Saʿîd b. Jubayr a déclaré :
« Il n’existe, parmi les Livres d’Allah, aucun livre dont on récite la totalité par cœur en dehors du Coran. »

D’autres ont dit :
« Les Fils d’Israël ne jouissaient pas de cette grâce ; ils ne lisaient la Torah qu’en la consultant des yeux, à l’exception de Mûsâ, Hârûn, Yûshaʿ b. Nûn et ʿUzayr – que les salutations d’Allah soient sur eux. C’est pour cela qu’ils furent fascinés par ʿUzayr, lorsqu’il leur réécrivit la Torah de mémoire après qu’elle eut été brûlée, comme cela a déjà été expliqué dans la sourate “Barâʾah” (At-Tawbah). »

Ainsi, Allah – Très-haut – a facilité à cette communauté la préservation de Son Livre, afin qu’ils se rappellent ce qu’il contient ; c’est-à-dire qu’ils fassent œuvre de dhikr, et l’iftîʿâl consiste à ce que ce rappel agisse sur eux jusqu’à devenir pour eux une seconde nature, une composante intime de leur être.

« Y a-t-il donc quelqu’un qui se rappelle ? » c’est-à-dire : un lecteur qui le récite.

Abû Bakr al-Warrâq et Ibn Shawdhub ont dit :
« Y a-t-il donc quelqu’un qui recherche le bien et la science afin qu’il soit aidé à les obtenir ? » Le verset est répété dans cette sourate pour attirer l’attention et faire comprendre.

On a encore dit :
Allah – Très-haut – a, dans cette sourate, relaté à cette communauté les nouvelles des peuples anciens et les récits des messagers : ce que leurs nations leur firent subir, l’issue de leurs situations et celle des messagers. Dans chaque récit et nouvelle se trouve un rappel pour l’auditeur, s’il veut bien méditer.

C’est pourquoi Il a répété ce verset après chaque histoire en disant : « Y a-t-il donc quelqu’un qui se rappelle ? » Car « fa-hal » est une formule interrogative qui sollicite les facultés de compréhension qu’Il a placées en eux et en fait un argument contre eux : le lâm de « hal » sert à la présentation, et le hâʾ à l’extraction.

قَالَ الْفَرَّاءُ: الْإِنْذَارُ وَالنَّذْرُ مَصْدَرَانِ. وَقِيلَ: (نُذُرِ) جَمْعُ نَذِيرٍ وَنَذِيرٌ بِمَعْنَى الْإِنْذَارِ كَنَكِيرٍ بِمَعْنَى الْإِنْكَارِ. (وَلَقَدْ يَسَّرْنَا الْقُرْآنَ لِلذِّكْرِ) أَيْ سَهَّلْنَاهُ لِلْحِفْظِ وَأَعَنَّا عَلَيْهِ مَنْ أَرَادَ حِفْظَهُ، فَهَلْ مِنْ طَالِبٍ لِحِفْظِهِ فَيُعَانُ عَلَيْهِ؟ وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ الْمَعْنَى: وَلَقَدْ هَيَّأْنَاهُ لِلذِّكْرِ [مَأْخُوذٌ «١» ] مِنْ يَسَّرَ نَاقَتَهُ لِلسَّفَرِ: إِذَا رَحَلَهَا، وَيَسَّرَ فَرَسَهُ لِلْغَزْوِ إِذَا أَسْرَجَهُ وَأَلْجَمَهُ، قَالَ: وَقُمْتُ إِلَيْهِ بِاللِّجَامِ مُيَسِّرًا ... هُنَالِكَ يَجْزِينِي الَّذِي كُنْتُ أَصْنَعُ وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: لَيْسَ مِنْ كُتُبِ اللَّهِ كِتَابٌ يُقْرَأُ كُلُّهُ ظَاهِرًا إِلَّا الْقُرْآنَ، وَقَالَ غَيْرُهُ: وَلَمْ يَكُنْ هَذَا لِبَنِي إِسْرَائِيلَ، وَلَمْ يَكُونُوا يَقْرَءُونَ التَّوْرَاةَ إِلَّا نَظَرًا، غَيْرَ موسى وهرون ويوشع ابن نُونٍ وَعُزَيْرٍ صَلَوَاتُ اللَّهِ عَلَيْهِمْ، وَمِنْ أَجْلِ ذَلِكَ افْتُتِنُوا بِعُزَيْرٍ لَمَّا كَتَبَ لَهُمُ التَّوْرَاةَ عَنْ ظَهْرِ قَلْبِهِ حِينَ أُحْرِقَتْ، عَلَى مَا تَقَدَّمَ بَيَانُهُ فِي سُورَةِ (بَرَاءَةٌ) «٢» فَيَسَّرَ اللَّهُ تَعَالَى عَلَى هَذِهِ الْأُمَّةِ حِفْظَ كِتَابِهِ لِيَذَّكَّرُوا مَا فِيهِ، أَيْ يَفْتَعِلُوا الذِّكْرَ، وَالِافْتِعَالُ هُوَ أَنْ يَنْجَعَ فِيهِمْ ذَلِكَ حَتَّى يَصِيرَ كَالذَّاتِ وَكَالتَّرْكِيبِ. فِيهِمْ. (فَهَلْ مِنْ مُدَّكِرٍ) قَارِئٍ يَقْرَؤُهُ. وَقَالَ أَبُو بَكْرٍ الْوَرَّاقُ وَابْنُ شَوْذَبٍ: فَهَلْ مِنْ طَالِبِ خَيْرٍ وَعِلْمٍ فَيُعَانُ عَلَيْهِ، وَكَرَّرَ فِي هَذِهِ السُّورَةِ لِلتَّنْبِيهِ وَالْإِفْهَامِ. وَقِيلَ: إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى اقْتَصَّ فِي هَذِهِ السُّورَةِ عَلَى هَذِهِ الْأُمَّةِ أَنْبَاءَ الْأُمَمِ وَقَصَصَ الْمُرْسَلِينَ، وَمَا عَامَلَتْهُمْ بِهِ الْأُمَمُ، وَمَا كَانَ مِنْ عُقْبَى أُمُورِهِمْ وَأُمُورِ الْمُرْسَلِينَ «٣» ، فَكَانَ فِي كُلِّ قِصَّةٍ وَنَبَإٍ ذِكْرٌ لِلْمُسْتَمِعِ أَنْ لَوِ ادَّكَرَ، وَإِنَّمَا كَرَّرَ هَذِهِ الْآيَةَ عِنْدَ ذِكْرِ كُلِّ قِصَّةٍ بقوله: (فَهَلْ مِنْ مُدَّكِرٍ) لان (فَهَلْ) كَلِمَةُ اسْتِفْهَامٍ تَسْتَدْعِي أَفْهَامَهُمُ الَّتِي رُكِّبَتْ فِي أجوافهم وجعلها حجة عليهم، فاللام من (فَهَلْ) للاستعراض «٤» والهاء للاستخراج. [سورة القمر (٥٤) : الآيات ١٨ الى ٢٢] كَذَّبَتْ عادٌ فَكَيْفَ كانَ عَذابِي وَنُذُرِ (١٨) إِنَّا أَرْسَلْنا عَلَيْهِمْ رِيحاً صَرْصَراً فِي يَوْمِ نَحْسٍ مُسْتَمِرٍّ (١٩) تَنْزِعُ النَّاسَ كَأَنَّهُمْ أَعْجازُ نَخْلٍ مُنْقَعِرٍ (٢٠) فَكَيْفَ كانَ عَذابِي وَنُذُرِ (٢١) وَلَقَدْ يَسَّرْنَا الْقُرْآنَ لِلذِّكْرِ فَهَلْ مِنْ مُدَّكِرٍ (٢٢)
(١). الزيادة من حاشية الجمل عن القرطبي. (٢). راجع ج ٨ ص ١١٧. (٣). في ط، ل: المسلمين، وما أثبتناه في اوب وج وهـ. (٤). في ى: (للاستغراق).

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