Al-Layth a dit : « Le disâr est un cordon de fibres (de palmier) dont on se sert pour attacher les planches de l’embarcation. »
Dans le Ṣiḥâḥ, il est rapporté : « Le disâr est le singulier de dusur ; ce sont des cordons avec lesquels on fixe les planches du navire. » On dit aussi : il s’agit des clous.
Le Très-Haut a dit : « … sur (un vaisseau) fait de planches et de dusur. » Le terme dusur se vocalise également comme ʿusr/ʿusr. Quant au mot dasr, il signifie « pousser, repousser ».
Ibn ʿAbbâs, parlant de l’ambre gris, a déclaré : « Ce n’est qu’une chose que la mer pousse – dasran – c’est-à-dire qu’elle rejette. » On dit encore : « Il l’a dasarée de sa lance » ; et l’on qualifie un homme de « madsar » (qui repousse).
« Elle vogue sous Nos yeux » : c’est-à-dire sous Notre regard. D’autres ont dit : sous Notre ordre. D’autres encore : sous Notre garde et Notre protection – comme cela a déjà été mentionné dans Sûrat Hûd[1]. De là l’expression qu’on adresse à celui qu’on congédie : « Que l’Œil d’Allah soit sur toi », c’est-à-dire Sa sauvegarde et Sa protection. On a aussi dit : par Notre révélation. D’autres ont affirmé : il s’agit des « yeux », c’est-à-dire des sources jaillissant de la terre. On a également soutenu : sous les yeux de Nos alliés parmi les anges chargés de la préserver, car toute créature qu’Allah – Exalté soit-Il – crée peut Lui être rapportée. Il a enfin été dit : elle naviguait avec Nos alliés, ainsi qu’il est rapporté : « Un œil de nos yeux tomba malade et tu ne lui as pas rendu visite. »
« En rétribution pour celui dont on avait méconnu (les mérites) » : c’est-à-dire Nous avons fait de cela une récompense et un salaire pour Nûḥ à cause de sa patience face aux torts de son peuple ; c’est lui qu’ils avaient méconnu. Le lâm de « liman » est donc le lâm indiquant la finalité.
On a dit aussi : « kufira » signifie « fut renié » ; ainsi, « liman » renvoie à Nûḥ. Pour d’autres, le pronom vise Allah, et « jazâʾ » prend alors le sens de châtiment : un châtiment pour leur mécréance envers Allah – Très-haut.
Yazîd b. Rûmân, Qatâdah, Mujâhid et Ḥumayd ont lu : « jazāʾan liman kāna kufira », en ouvrant la kâf et la fâ, c’est-à-dire : la noyade fut le salaire et le châtiment de celui qui avait mécru en Allah. Nul n’échappa au déluge hormis ʿÛj b. ʿUnuq[2] ; l’eau lui montait jusqu’aux hanches. La raison de son salut est que Nûḥ eut besoin d’une poutre de teck pour construire l’arche ; ne pouvant la porter, ʿÛj la transporta pour lui depuis la Syrie ; Allah le lui compta, et Il le sauva de la noyade.
« Nous l’avons certes laissée comme un signe » : Il entend par là cette action, afin qu’elle soit une leçon. D’autres ont dit : Il visait l’arche elle-même ; Il l’a laissée comme signe pour ceux qui vinrent après le peuple de Nûḥ, afin qu’ils s’en instruisent et ne traitent pas les messagers de menteurs.
Qatâdah dit : « Allah l’a conservée à Bâqirdâ, dans la région de Jazîrah, comme exemple et signe, si bien que les premières générations de cette communauté la virent ; combien de navires, venus après elle, ne sont-ils pas devenus cendres ! »
« Y a-t-il donc quelqu’un pour se rappeler ? » – c’est-à-dire pour prendre admonition et éprouver la crainte. Le mot vient originellement de « mudhtakir », forme mufʿatil de « dhikr » ; la prononciation en était lourde : la tâʾ fut donc changée en dâl pour s’accorder avec le ḏâl sonore, puis le ḏâl fut assimilé à celle-ci.
« Quel fut donc Mon châtiment et (l’issue de) Mes avertissements ? » – c’est-à-dire Mon avertissement même.