La brise matinale vint le caresser en passant, ruisselant,
Puis fondit sur lui l’ouragan du midi, torrentiel, ruisselant.[1]
Al-hamr désigne l’écoulement abondant ; on dit : « hamara l’eau et les larmes » – elles coulèrent à flots. « Hamara » s’emploie aussi lorsqu’une personne multiplie la parole et s’empresse de parler. De même : « hamara lahû min mâlihi » signifie : il lui fit don d’une partie de ses biens.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Nous ouvrîmes les portes du ciel, avec une eau[2] ruisselante, sans nuage, qui ne cessa pas pendant quarante jours. »
Ibn ʿÂmir et Yaʿqûb lisent : (فَفَتَّحْنَا) – avec shadda, pour marquer l’intensité ; les autres lisent : (فَفَتَحْنَا) – sans shadda.
On a dit : il s’agit de l’ouverture de ses verrous et de l’élargissement de ses issues.
D’autres ont dit : il s’agit de la constellation de la Majarra (la Voie lactée), fissure du ciel par laquelle fut déversée l’eau torrentielle ; cela fut rapporté de ʿAlî – qu’Allah l’agrée.
(فَجَّرْنَا الْأَرْضَ عُيُونًا) – « Nous fîmes jaillir la terre en sources. »
ʿUbayd ibn ʿUmayr dit : Allah révéla à la terre de faire sortir son eau ; elle se fendirent donc en sources. Une source tarda à jaillir, Il se mit en colère contre elle et rendit son eau amère, saumâtre, jusqu’au Jour de la Résurrection.
(فَالْتَقَى الْمَاءُ) – c’est-à-dire l’eau du ciel et l’eau de la terre –
(عَلَى أَمْرٍ قَدْ قُدِرَ) – « selon un décret mesuré » : aucun des deux ne déborda l’autre, rapporte Ibn Qutaybah, de sorte que les deux eaux étaient à niveau égal.
On a également dit : « quuddira » signifie : le jugement fut prononcé contre eux.
Qatâdah dit : Il leur avait décrété, lorsqu’ils ont mécru, qu’ils seraient noyés.
Muḥammad b. Kaʿb dit : La subsistance fut décrétée avant les corps et le décret précéda l’épreuve ; puis il récita ce verset.
Il ajouta : l’expression « fa-l-taqâ » ne s’emploie que pour deux entités au moins, car le mot « eau » peut s’entendre au singulier comme au pluriel.
Il fut encore dit : quand les deux eaux se réunirent, elles devinrent une seule et même eau.
Al-Jahdarî lit : (فَالْتَقَى الْمَاءَانِ).
Al-Ḥasan lit : (فَالْتَقَى الْمَاوَانِ), forme qui ne correspond pas à l’orthographe usuelle.
Al-Qushayrî dit : dans certains exemplaires du Muṣḥaf on trouve (فَالْتَقَى الْمَاوَانِ) – c’est la langue de Ṭayyiʾ.
On a dit encore : l’eau du ciel était froide comme la glace, tandis que celle de la terre était brûlante comme l’eau bouillante.
(وَحَمَلْنَاهُ عَلَى ذَاتِ أَلْوَاحٍ) – « Nous le portâmes sur (un vaisseau) doté de planches », c’est-à-dire l’arche.
(وَدُسُرٍ) –
Qatâdah dit : il s’agit des clous par lesquels l’arche fut rivetée ; même avis chez al-Quraẓî, Ibn Zayd, Ibn Jubayr, et cela est rapporté par al-Wālibî d’après Ibn ʿAbbâs.
Al-Ḥasan, Shahr b. Ḥawshab et ʿIkrimah dirent : c’est la proue de l’arche – la partie qui fend la vague – ainsi nommée parce qu’elle « dasseur » (repousse) l’eau ; le verbe « dasara » signifie pousser, fendre.
L’ʿAwfî rapporte d’Ibn ʿAbbâs : « ad-dasr » désigne aussi le « kulukul[3] » de l’arche.