Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Avant eux, le peuple de Noé avait traité de mensonge. »

Allah ­évoque ici plusieurs épisodes des nations révolues afin de réconforter le Prophète — que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui — et de le consoler.

« Avant eux » : c’est-à-dire avant ton peuple.

« Ils taxèrent de mensonge Notre serviteur » : il s’agit de Noé.

Al-Zamakhcharî dit : « Si tu demandes : quel est le sens de la reprise du verbe : “ils taxèrent de mensonge” après l’énoncé : “ils ont traité de mensonge” ? — je réponds : le sens est : ils ont démenti, si bien qu’ils ont démenti Notre serviteur, c’est-à-dire qu’ils le démentirent d’un démenti suivi d’un autre ; chaque génération de leurs rangs, déjà négatrice, en voyait une nouvelle lui succéder. Ou bien : le peuple de Noé a traité les messagers de menteurs, puis ils ont traité Notre serviteur de menteur ; autrement dit, puisque d’emblée ils niaient les messagers et reniaient la prophétie, ils ont forcément démenti Noé, puisqu’il est l’un des messagers. »

« Ils dirent : “C’est un fou.” » — c’est-à-dire : il est fou ;

« et il fut rudoyé » — on le repoussa de la prétention prophétique par les injures et les menaces de mise à mort.

On a dit encore que l’expression « il fut rudoyé » est employée à la forme passive parce qu’elle marque la fin du verset.

« Il invoqua donc son Seigneur » — à ce moment-là, Noé appela contre eux et dit : « Seigneur !

“Je suis impuissant” » — ils m’ont dominé par leur rébellion ;

« “assiste-moi” » — fais triompher ma cause.

Il fut dit : les prophètes ne réclamaient l’anéantissement de leur peuple qu’avec la permission d’Allah — Puissant et Majestueux.

« Nous ouvrîmes alors les portes du ciel » — Nous exauçâmes sa prière, Nous lui ordonnâmes de construire l’arche et Nous ouvrîmes les portes du ciel

« par une eau torrentielle » — c’est-à-dire abondante, selon as-Suddi.

Le poète a dit :

« Ô mes deux yeux, prodiguez vos pleurs ruisselants,
Sur le meilleur de Maʿadd, nomade ou habitant, ruisselants. »

Il fut encore rapporté que l’expression désigne une eau qui se déverse en cataractes, d’où cette parole d’Imru’ al-Qays décrivant la pluie :

قَوْلُهُ تَعَالَى: (كَذَّبَتْ قَبْلَهُمْ قَوْمُ نُوحٍ) ذَكَرَ جُمَلًا مِنْ وَقَائِعِ الْأُمَمِ الْمَاضِيَةِ تَأْنِيسًا لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَتَعْزِيَةٌ لَهُ. (قَبْلَهُمْ) أَيْ قَبْلَ قَوْمِكَ. (فَكَذَّبُوا عَبْدَنا) يَعْنِي نُوحًا. الزَّمَخْشَرِيُّ: فَإِنْ قُلْتَ مَا مَعْنَى قَوْلِهِ: (فَكَذَّبُوا) بَعْدَ قَوْلِهِ: (كَذَّبَتْ) ؟ قُلْتُ: مَعْنَاهُ كَذَّبُوا فَكَذَّبُوا عَبْدَنَا، أَيْ كَذَّبُوهُ تَكْذِيبًا عَلَى عَقِبِ تَكْذِيبٍ، كُلَّمَا مَضَى مِنْهُمْ قَرْنٌ مُكَذِّبٌ تَبِعَهُ قَرْنٌ مُكَذِّبٌ، أَوْ كَذَّبَتْ قَوْمُ نُوحٍ الرُّسُلَ فَكَذَّبُوا عَبْدَنَا، أَيْ لَمَّا كَانُوا مُكَذِّبِينَ بِالرُّسُلِ جَاحِدِينَ لِلنُّبُوَّةِ رَأْسًا كَذَّبُوا نُوحًا لِأَنَّهُ مِنْ جُمْلَةِ الرُّسُلِ. (وَقالُوا مَجْنُونٌ) أَيْ هُوَ مَجْنُونٌ (وَازْدُجِرَ) أَيْ زُجِرَ عَنْ دَعْوَى النُّبُوَّةِ بِالسَّبِّ وَالْوَعِيدِ بِالْقَتْلِ. وَقِيلَ إِنَّمَا قَالَ: (وَازْدُجِرَ) بِلَفْظِ مَا لَمْ يُسَمَّ فَاعِلُهُ لِأَنَّهُ رَأْسُ آيَةٍ. (فَدَعا رَبَّهُ) أَيْ دَعَا عَلَيْهِمْ حِينَئِذٍ نُوحٌ وَقَالَ: رب (أَنِّي مَغْلُوبٌ) أَيْ غَلَبُونِي بِتَمَرُّدِهِمْ (فَانْتَصِرْ) أَيْ فَانْتَصِرْ لِي. وَقِيلَ: إِنَّ الْأَنْبِيَاءَ كَانُوا لَا يَدْعُونَ عَلَى قَوْمِهِمْ بِالْهَلَاكِ إِلَّا بِإِذْنِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ لَهُمْ فِيهِ. (فَفَتَحْنا أَبْوابَ السَّماءِ) أَيْ فَأَجَبْنَا دُعَاءَهُ وَأَمَرْنَاهُ بِاتِّخَاذِ السَّفِينَةِ وَفَتَحْنَا أَبْوَابَ السَّمَاءِ (بِماءٍ مُنْهَمِرٍ) أَيْ كَثِيرٍ، قَالَهُ السُّدِّيُّ. قَالَ الشَّاعِرُ: أَعَيْنَيَّ جُودَا بِالدُّمُوعِ الْهَوَامِرِ ... عَلَى خَيْرِ بَادٍ مِنْ مَعَدٍّ وَحَاضِرِ وَقِيلَ: إِنَّهُ الْمُنْصَبُّ الْمُتَدَفِّقُ، وَمِنْهُ قَوْلُ امْرِئِ الْقَيْسِ يصف غيثا:

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