Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

c’est-à-dire : « permanent ».

On a dit encore : « Une partie ressemble à l’autre », c’est-à-dire que les actions de Muḥammad se sont poursuivies de cette façon ; il ne produit rien qui ait réalité, tout n’est que pures illusions.

D’autres ont avancé que le sens est : « la lune est passée de la terre au ciel ».

« Et ils ont traité de mensonge » notre Prophète,
« et ils ont suivi leurs passions », autrement dit leurs égarements et leurs choix arbitraires.

« Et toute affaire est établie » : chaque œuvre demeurera avec celui qui l’a accomplie ; le bien demeurera avec ses gens au Paradis, et le mal demeurera avec les siens dans le Feu.

Shaybah a lu « mustaqár » (avec la fatha sur le qāf) : chaque chose a un moment fixé où elle advient, sans avance ni retard.

Il est rapporté d’Abū Jaʿfar b. al-Qaʿqāʿ la lecture « wa-kullu amrin mustaqirr » (kasra sur le qāf et le rāʾ), qu’il prend pour adjectif de « amr ». Dans ce cas, « kullu » est sujet d’une phrase nominale dont le prédicat est omis, comme s’il disait : « Et toute affaire, stable dans la Mère du Livre, est certes inéluctable ». On peut aussi le relever par coordination avec « l’Heure » ; le sens devient : « L’Heure s’est rapprochée et toute affaire est établie », c’est-à-dire que la stabilisation des choses au Jour de la Résurrection est proche. Celui qui le lit au nominatif en fait le prédicat de « kullu ».

Parole du Très-Haut :

« Et certes il leur est parvenu des récits » – c’est-à-dire une partie seulement. Le Très-Haut n’en a mentionné que ce dont Il savait qu’ils avaient besoin et où se trouve pour eux un remède. Il y avait bien d’autres choses, mais Il ne nous a rapporté que ce dont Il savait que nous avions besoin, et Il s’est tu sur le reste.

Ainsi Sa parole :

« Et certes il leur est parvenu des récits » : à ces mécréants sont parvenus les récits des nations disparues
« dans lesquels se trouve un violent avertissement » – ce qui aurait dû les détourner de la mécréance s’ils l’avaient accepté. Le mot primitif est muztajar ; le tāʾ y a été changé en dāl, parce que le tāʾ est une consonne soufflée tandis que le zāy est sonore ; on lui a donc substitué une dāl qui partage avec lui le point d’articulation et la sonorité.

« Muzdajar » provient de « zajr » : l’abstention. On dit : « zajarahu, izdajarahu, fanzajara » – « il l’a réprimé, il s’est réfréné » ; « je l’ai réprimé, alors il s’est abstenu ».

Comme l’a exprimé le poète :
Jusqu’à ce que l’objet de son désir, la belle adorée, (A)
Fût freiné par sa passion, enfin bridée et domptée. (A)

On lit aussi « muz-zajar » en assimilant la tāʾ d’ifticāl en zāy et en fusionnant cette dernière avec la zāy suivante, ainsi que le rapporte az-Zamakhcharī.

« Une sagesse parfaite » : il s’agit du Coran ; c’est l’apposition de « ce » dans Sa parole : « ce dans quoi se trouve un violent avertissement ». Il est également possible d’y voir le prédicat d’un sujet sous-entendu : « lui, c’est une sagesse ».

« Mais à quoi profitent donc les avertissements ? »

أَيْ بِدَائِمٍ. وَقِيلَ: يُشْبِهُ بَعْضُهُ بَعْضًا، أَيْ قَدِ اسْتَمَرَّتْ أَفْعَالُ مُحَمَّدٍ عَلَى هَذَا الْوَجْهِ فَلَا يَأْتِي بِشَيْءٍ لَهُ حَقِيقَةٌ بَلِ الْجَمِيعُ تَخْيِيلَاتٌ. وَقِيلَ: مَعْنَاهُ قَدْ مَرَّ مِنَ الْأَرْضِ إِلَى السَّمَاءِ. (وَكَذَّبُوا) نَبِيَّنَا (وَاتَّبَعُوا أَهْواءَهُمْ) أَيْ ضَلَالَاتَهُمْ وَاخْتِيَارَاتَهُمْ. (وَكُلُّ أَمْرٍ مُسْتَقِرٌّ) أَيْ يَسْتَقِرُّ بِكُلِّ عَامِلٍ عَمِلَهُ، فَالْخَيْرُ مُسْتَقِرٌّ بِأَهْلِهِ فِي الْجَنَّةِ، وَالشَّرُّ مُسْتَقِرٌّ بِأَهْلِهِ فِي النَّارِ. وَقَرَأَ شيبة (مستقر) بفتح القاف، أي لكل شي وَقْتٌ يَقَعُ فِيهِ مِنْ غَيْرِ تَقَدُّمٍ وَتَأَخُّرٍ. وَقَدْ رُوِيَ عَنْ أَبِي جَعْفَرِ بْنِ الْقَعْقَاعِ (وَكُلُّ أَمْرٍ مُسْتَقِرٍّ) بِكَسْرِ الْقَافِ وَالرَّاءِ جَعَلَهُ نَعْتًا لِأَمْرٍ وَ (كُلُّ) عَلَى هَذَا يَجُوزُ أَنْ يَرْتَفِعَ بِالِابْتِدَاءِ وَالْخَبَرُ مَحْذُوفٌ، كَأَنَّهُ قَالَ: وَكُلُّ أَمْرٍ مُسْتَقِرٍّ فِي أُمِّ الْكِتَابِ كَائِنٌ. وَيَجُوزُ أَنْ يَرْتَفِعَ بِالْعَطْفِ عَلَى السَّاعَةِ، الْمَعْنَى: اقْتَرَبَتِ السَّاعَةُ وَكُلُّ أَمْرٍ مُسْتَقِرٍّ، أَيِ اقْتَرَبَ اسْتِقْرَارُ الْأُمُورِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ. وَمَنْ رَفَعَهُ جَعَلَهُ خَبَرًا عَنْ (كُلُّ) . قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَقَدْ جاءَهُمْ مِنَ الْأَنْباءِ) أَيْ مِنْ بَعْضِ الْأَنْبَاءِ، فَذَكَرَ سُبْحَانَهُ مِنْ ذَلِكَ مَا عَلِمَ أَنَّهُمْ يَحْتَاجُونَ إِلَيْهِ، وَأَنَّ لَهُمْ فِيهِ شِفَاءٌ. وَقَدْ كَانَ هُنَاكَ أُمُورٌ أَكْثَرُ مِنْ ذَلِكَ، وَإِنَّمَا اقْتَصَّ عَلَيْنَا مَا عَلِمَ أَنَّ بِنَا إِلَيْهِ حَاجَةً وَسَكَتَ عَمَّا سِوَى ذَلِكَ، وَذَلِكَ قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَقَدْ جاءَهُمْ مِنَ الْأَنْباءِ) أَيْ جَاءَ هَؤُلَاءِ الْكُفَّارَ مِنْ أَنْبَاءِ الْأُمَمِ الْخَالِيَةِ (مَا فِيهِ مُزْدَجَرٌ) أَيْ مَا يَزْجُرُهُمْ عَنِ الْكُفْرِ لَوْ قَبِلُوهُ. وَأَصْلُهُ مُزْتَجَرٌ فَقُلِبَتِ التَّاءُ دَالًا، لِأَنَّ التَّاءَ حَرْفٌ مَهْمُوسٌ وَالزَّايُ حَرْفٌ مَجْهُورٌ، فَأُبْدِلَ مِنَ التَّاءِ دَالًا تُوَافِقُهَا فِي الْمَخْرَجِ وَتُوَافِقُ الزَّايَ فِي الْجَهْرِ. وَ (مُزْدَجَرٌ) مِنَ الزَّجْرِ وَهُوَ الِانْتِهَاءُ، يُقَالُ: زَجَرَهُ وَازْدَجَرَهُ فَانْزَجَرَ وَازْدَجَرَ، وَزَجَرْتُهُ أَنَا فَانْزَجَرَ أَيْ كَفَفْتُهُ فَكَفَّ، كَمَا قَالَ: فَأَصْبَحَ مَا يَطْلُبُ الْغَانِيَا ... تُ مُزْدَجَرًا عن هواه ازدجارا وقرى (مُزَّجَرٌ) بِقَلْبِ تَاءِ الِافْتِعَالِ زَايًا وَإِدْغَامِ الزَّايِ فِيهَا، حَكَاهُ الزَّمَخْشَرِيُّ. (حِكْمَةٌ بالِغَةٌ) يَعْنِي الْقُرْآنَ وَهُوَ بَدَلٌ مِنْ (مَا) مِنْ قَوْلِهِ: (مَا فِيهِ مُزْدَجَرٌ) . وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ خَبَرَ ابْتِدَاءٍ مَحْذُوفٍ، أَيْ هُوَ حِكْمَةٌ. (فَما تُغْنِ النُّذُرُ)

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