[Exégèse de la sourate al-Qamar]
La sourate al-Qamar est entièrement mecquoise selon l’avis de la majorité des exégètes. Muqātil, toutefois, a soutenu qu’il y aurait trois versets – depuis la parole du Très-Haut : « Ou bien disent-ils : “Nous sommes un groupe victorieux” » jusqu’à Sa parole : « et l’Heure sera plus désastreuse et plus amère » – qui n’appartiendraient pas à la période mecquoise ; mais cet avis n’est pas valable, comme on le montrera. La sourate compte cinquante-cinq versets.
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux
[Sourate al-Qamar (54) : versets 1 à 8]
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.
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L’Heure s’est rapprochée et la lune s’est fendue ;
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s’ils voient un signe, ils s’en détournent et disent : « Une magie persistante ! » ;
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ils ont démenti (le Messager) et suivi leurs passions, alors que toute chose est fixée ;
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il leur est pourtant parvenu des récits contenant de quoi dissuader ;
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une sagesse parfaite ! – mais les avertissements ne servent à rien ;
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détourne-toi donc d’eux. Le Jour où l’appelant appellera vers quelque chose d’effrayant,
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les regards abaissés, ils sortiront des tombeaux tels des sauterelles éparpillées,
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se hâtant vers l’appelant ; les mécréants diront : « Voilà un jour difficile ! »
Sa parole – exalté soit-Il :
« L’Heure s’est rapprochée et la lune s’est fendue »
(Iqtarabat) signifie : elle s’est approchée, comme dans l’expression : « L’imminente s’est rapprochée », ainsi que nous l’avons expliqué. Par rapport au temps déjà écoulé, elle est proche, car la plus grande partie de la durée de ce bas-monde est passée, ainsi qu’il est rapporté par Qatādah d’après Anas : le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – prononça un sermon alors que le soleil allait se coucher et dit : « Il ne reste de votre vie d’ici-bas, comparé à ce qui en est passé, que l’équivalent de ce qu’il reste de cette journée, comparé à ce qui en est écoulé », et, du soleil, nous ne voyions plus qu’un court instant.
Kaʿb et Wahb ont déclaré : la durée de ce monde est de six mille ans. Wahb ajouta : il s’en est déjà écoulé cinq mille six cents ans ; al-Naḥḥās l’a rapporté.
Puis Il – exalté soit-Il – dit :
« et la lune s’est fendue »,
c’est-à-dire : la lune s’est effectivement fendue. Ḥudhayfah a récité : « L’Heure s’est rapprochée et la lune s’est bel et bien fendue », ajoutant le terme (qad). Telle est aussi l’opinion de la majorité des savants, et cela est authentiquement établi dans le Ṣaḥīḥ.