Parole du Très-Haut :
« L’Imminente s’est rapprochée » : c’est-à-dire que l’Heure approche, que le Jour de la Résurrection est imminent. Il l’a nommée « Âzifah » en raison de la proximité de son avènement auprès de Lui, comme Il dit : « Ils la considèrent lointaine, tandis que Nous la voyons proche »[1].
On a encore dit : Il l’a appelée « Âzifah » parce qu’elle est proche des hommes et toute proche d’eux afin qu’ils s’y préparent, car toute chose à venir est proche. Le poète a dit :
« Le départ est imminent, pourtant nos montures
n’ont pas encore quitté nos bagages – ou presque. »
Dans le Ṣiḥâḥ on lit : « ’azifa at-taraḥḥul, yaʾzifu azafan », c’est-à-dire : il s’est approché, il s’est présenté. De là la parole du Très-Haut : « Azifat al-Âzifatu », qui désigne la Résurrection. « ’Azifa ar-rajul » signifie : l’homme s’est hâté ; il est alors « âzif » (forme fāʿil). Quant à « al-mutâʾzif », c’est le court, c’est-à-dire le rapproché.
Abû Zayd rapporta :
– J’ai demandé à un bédouin : « Qu’est-ce que al-muḥbanṭiʾ ? »
– Il répondit : « al-mutakaʾkiʾ. »
– J’ai dit : « Qu’est-ce que al-mutakaʾkiʾ ? »
– Il répondit : « al-mutâʾzif. »
– J’ai dit : « Qu’est-ce que al-mutâʾzif ? »
– Il répondit : « Tu es stupide ! » Puis il me quitta et s’en alla.
« Elle n’a, en dehors d’Allah, aucun dévoileur » : c’est-à-dire qu’en dehors d’Allah nul ne peut la retarder ni l’avancer.
On a également dit : « kâshifah » signifie « dévoilement » ; nul ne peut en lever le voile ni la manifester si ce n’est Allah. « Al-kâshifah » est ici un substantif ayant valeur de masdar, le tâ final jouant le même rôle que dans « al-ʿâqibah », « al-ʿâfiyah », « ad-dâhiyah » ou « al-bâqiyah », comme dans l’expression : « mâ li-fulânin min bâqiyah » (il ne subsiste rien pour un tel).
On a dit encore : personne ne peut repousser cette réalité ; quand la Résurrection se lèvera, aucune de leurs divinités n’en lèvera le voile et nul ne les sauvera hormis Allah – exalté soit-Il. La Résurrection a aussi été qualifiée de « Ghâshiyah » (celle qui enveloppe) ; si elle est « Ghâshiyah », la repousser équivaut à la découvrir ; « al-kâshifah » serait alors l’épithète d’un mot féminin sous-entendu : « nafs kâshifah », « fiʾah kâshifah » ou « ḥâl kâshifah ».
D’autres ont estimé que « kâshifah » a ici le sens de « kâshif » (celui qui découvre), et que le tâ final sert à l’intensité, comme dans « râwiyah » ou « dâhiyah ».
Parole du Très-Haut :
« Est-ce donc de ce discours… » – c’est-à-dire du Coran. Il s’agit d’une interrogation de réprobation :
« … que vous vous étonnez » – par négation de son contenu ;
« … et que vous riez » – par dérision ;
« … alors que vous ne pleurez point » – par manque de retenue et de crainte face à la menace.
Il a été rapporté que, depuis la révélation de ce verset, le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – ne fut plus vu rire autrement que par un simple sourire.
Abû Hurayrah dit : lorsque fut révélé : « Est-ce donc de ce discours que vous vous étonnez », les Gens du Ṣuffah dirent : « Certes, nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournons. » Puis ils pleurèrent jusqu’à ce que leurs larmes coulent sur leurs joues. Lorsque le Prophète ﷺ entendit leurs pleurs, il pleura avec eux, et nous pleurâmes en le voyant pleurer. Alors le Prophète ﷺ dit :
« N’entrera pas en Enfer celui qui a pleuré à cause de… »