Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Al-Ghifârî a rapporté la parole du Très-Haut :

« Qu’aucune âme chargée ne porte le fardeau d’une autre »
— jusqu’à Sa parole :
« Lequel donc des bienfaits de ton Seigneur mets-tu en doute ? » —
ces versets se trouvent dans les Feuillets d’Ibrâhîm et de Mûsâ. L’exposé détaillé de « Et qu’aucune âme chargée ne porte le fardeau d’une autre » a déjà été présenté à la fin de la sourate Al-Anʿâm(1).

Puis, le Très-Haut a dit :

« Et que l’homme n’obtiendra que ce pour quoi il aura œuvré. »

Il a été rapporté d’Ibn ʿAbbâs que ce verset est abrogé par la parole du Très-Haut :

« Ceux qui ont cru, et que leurs descendants auront suivis dans la foi, Nous leur joindrons leurs descendants »(2).

Ainsi, l’enfant en bas âge comptera, le Jour de la Résurrection, dans la balance de son père ; et Allâh — exalté soit-Il — permettra aux pères d’intercéder en faveur de leurs enfants et aux enfants d’intercéder en faveur de leurs pères. Cela est corroboré par Sa parole, exalté soit-Il :

« Vos pères et vos fils : vous ne savez pas lesquels d’entre eux vous seront les plus utiles »(3).

La majorité des exégètes affirment cependant que le verset est catégorique (muhkam) : l’œuvre de l’un ne profite pas à autrui. Ils sont unanimes à dire que nul ne peut accomplir la prière pour un autre. Mâlik n’a pas autorisé le jeûne, le pèlerinage ni l’aumône pour le défunt, sauf s’il avait légué le pèlerinage ; dans ce cas, il est permis qu’on l’accomplisse pour lui. Ash-Shâfiʿî et d’autres ont permis le pèlerinage surérogatoire au nom du défunt. Il est rapporté que ʿÂʾishah — qu’Allâh l’agrée — fit la retraite cultuelle pour son frère ʿAbd ar-Raḥmân et affranchit un esclave pour lui.

Il est également rapporté que Saʿd ibn ʿUbâdah demanda au Prophète — qu’Allâh prie sur lui et le salue : « Ma mère est décédée ; puis-je faire l’aumône pour elle ? » — Il répondit : « Oui. » — « Quelle aumône est la meilleure ? » — « Donner de l’eau à boire. »

Tout cela a été exposé en détail dans les sourates Al-Baqarah(4), Âl ʿImrân(5) et Al-Aʿrâf(6).

On a encore dit : si Allâh — Puissant et Majestueux — a formulé : « Et que l’homme n’obtiendra que ce pour quoi il aura œuvré », c’est parce que la préposition « li » en arabe exprime la possession et l’attribution obligatoire ; rien n’est donc dû à l’homme sinon ce pour quoi il a peiné. Si quelqu’un se montre charitable pour lui, rien ne lui est dû pour autant ; mais Allâh — Puissant et Majestueux — lui accorde, par pure grâce, ce qui ne lui était pas obligatoire, tout comme Il fait entrer les enfants au Paradis sans aucune œuvre.

Ar-Rabîʿ ibn Anas a dit à propos du même verset : il vise le mécréant ; quant au croyant, il recueille le fruit de ses propres œuvres et de celles qu’autrui accomplit pour lui.

Je (l’auteur) dis : de nombreux hadiths étayent cette opinion et montrent que le croyant reçoit la récompense des bonnes œuvres qu’un autre accomplit [en son nom] ; nombre d’entre eux ont déjà été mentionnés, pour qui veut les méditer. Et il n’existe aucune divergence concernant l’aumône, comme il a été dit au début

الْغِفَارِيُّ قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَلَّا تَزِرُ وازِرَةٌ وِزْرَ أُخْرى) إِلَى قَوْلِهِ: (فَبِأَيِّ آلاءِ رَبِّكَ تَتَمارى) فِي صُحُفِ إِبْرَاهِيمَ وَمُوسَى، وَقَدْ مَضَى فِي آخِرِ (الْأَنْعَامِ) «١» الْقَوْلُ فِي (وَلا تَزِرُ وازِرَةٌ وِزْرَ أُخْرى) مُسْتَوْفًى. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَأَنْ لَيْسَ لِلْإِنْسانِ إِلَّا مَا سَعى) رُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّهَا مَنْسُوخَةٌ بِقَوْلِهِ تَعَالَى: (وَالَّذِينَ آمَنُوا وَاتَّبَعَتْهُمْ ذُرِّيَّتُهُمْ بِإِيمانٍ أَلْحَقْنا بِهِمْ ذُرِّيَّتَهُمْ) «٢» فَيَحْصُلُ الْوَلَدُ الطِّفْلُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فِي مِيزَانِ أَبِيهِ، وَيُشَفِّعُ اللَّهُ تَعَالَى الْآبَاءَ فِي الْأَبْنَاءِ وَالْأَبْنَاءَ فِي الْآبَاءِ، يَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ قَوْلُهُ تَعَالَى: (آباؤُكُمْ وَأَبْناؤُكُمْ لَا تَدْرُونَ أَيُّهُمْ أَقْرَبُ لَكُمْ نَفْعاً) «٣» . وَقَالَ أَكْثَرُ أَهْلِ التَّأْوِيلِ: هِيَ مُحْكَمَةٌ ولا ينفع أحدا عمل أحد، وأجمعوا أنه لَا يُصَلِّي أَحَدٌ عَنْ أَحَدٍ. وَلَمْ يُجِزْ مَالِكٌ الصِّيَامَ وَالْحَجَّ وَالصَّدَقَةَ عَنِ الْمَيِّتِ، إِلَّا أَنَّهُ قَالَ: إِنْ أَوْصَى بِالْحَجِّ وَمَاتَ جَازَ أَنْ يُحَجَّ عَنْهُ. وَأَجَازَ الشَّافِعِيُّ وَغَيْرُهُ الْحَجَّ التَّطَوُّعَ عَنِ الْمَيِّتِ. وَرُوِيَ عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّهَا اعْتَكَفَتْ عَنْ أَخِيهَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ وَأَعْتَقَتْ عَنْهُ. وَرُوِيَ أَنَّ سَعْدَ بْنَ عُبَادَةَ قَالَ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ أُمِّي تُوُفِّيَتْ أَفَأَتَصَدَّقُ عَنْهَا؟ قَالَ: (نَعَمْ) قَالَ: فَأَيُّ الصَّدَقَةِ أَفْضَلُ؟ قَالَ: (سَقْيُ الْمَاءِ) . وَقَدْ مَضَى جَمِيعُ هَذَا مُسْتَوْفًى فِي (الْبَقَرَةِ) «٤» و (آل عمران) «٥» (والأعراف) «٦» . وَقَدْ قِيلَ: إِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ إِنَّمَا قَالَ: (وَأَنْ لَيْسَ لِلْإِنْسانِ إِلَّا مَا سَعى) وَلَامُ الْخَفْضِ مَعْنَاهَا فِي الْعَرَبِيَّةِ الْمِلْكُ وَالْإِيجَابُ فَلَمْ يَجِبْ «٧» لِلْإِنْسَانِ إِلَّا مَا سَعَى، فَإِذَا تصدق عنه غيره فليس يجب له شي إِلَّا أَنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ يَتَفَضَّلُ عَلَيْهِ بِمَا لَا يَجِبُ لَهُ، كَمَا يَتَفَضَّلُ عَلَى الْأَطْفَالِ بِإِدْخَالِهِمُ الْجَنَّةَ بِغَيْرِ عَمَلٍ. وَقَالَ الرَّبِيعُ بْنُ أَنَسٍ: (وَأَنْ لَيْسَ لِلْإِنْسانِ إِلَّا مَا سَعى) يَعْنِي الْكَافِرَ وَأَمَّا الْمُؤْمِنُ فَلَهُ مَا سَعَى وَمَا سَعَى لَهُ غَيْرُهُ. قُلْتُ: وَكَثِيرٌ مِنَ الْأَحَادِيثِ يَدُلُّ عَلَى هَذَا الْقَوْلِ، وَأَنَّ المؤمن يصل إليه ثَوَابِ الْعَمَلِ الصَّالِحِ مِنْ غَيْرِهِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ كَثِيرٌ مِنْهَا لِمَنْ تَأَمَّلَهَا، وَلَيْسَ فِي الصَّدَقَةِ اختلاف، كما في صدر
(١). راجع ج ٧ ص ١٥٧ وص ٢١٥. (٢). راجع ص ٦٦ من هذا الجزء. (٣). راجع ج ٥ ص ٧٤. (٤). راجع ج ٣ ص ٤٢٨. (٥). راجع ج ٤ ص ١٥١. (٦). هكذا في الأصول ولم نعثر على هذا المعنى في السورة المذكورة. (٧). في ب، ح، ز، س، ل وهـ: (فليس يجب).

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