Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il arrivait qu’il fût, à l’occasion, d’accord avec le Prophète — qu’Allâh prie sur lui et le salue.

Muḥammad ibn Kaʿb al-Quraẓī a dit : « Le verset fut révélé au sujet d’Abû Jahl ibn Hishâm. Il déclara : “Par Allâh, Muḥammad n’ordonne rien d’autre que les plus nobles vertus.” » C’est à ce propos que le Très-Haut dit :
« … et il donna un peu, puis se retint. »

Ad-Ḍaḥḥāk a dit : « Il s’agit d’an-Naḍr ibn al-Ḥârith ; il offrit cinq chamelles à un pauvre parmi les Émigrés lorsqu’il renonça à sa religion, et il lui garantit de prendre sur lui la faute de son apostasie. »

Le terme « akdā » provient de « al-kudya ». On le dit de celui qui creuse un puits et rencontre une roche qu’il ne peut percer : on dit alors : « qad akdā ». Les Arabes l’ont ensuite employé pour celui qui donne sans parachever son don, ou pour celui qui recherche une chose sans en atteindre le terme.

Le poète al-Huṭayʾa a dit :
« Il donna bien peu, puis tarit sa largesse (A)
Qui prodigue le bien, loué sera sans cesse. (A) »

Al-Kisāʾī et d’autres expliquent : « On dit “akdā al-ḥāfir wa-ajbala” lorsqu’en creusant il atteint une croûte rocheuse ou le flanc d’une montagne qu’il ne peut entamer ; on dit encore “ḥafara fa-akdā” lorsqu’il parvient au sol dur. »

On dit aussi : « kadiyat aṣābiʿuhu » lorsque ses doigts se fatiguent de creuser ; « kadiyat yaduhu » lorsque sa main se lasse au point de ne plus rien faire. « Akdā an-nabat » s’emploie quand la plante produit peu, et l’on dit « kadat al-arḍu takdū k adwan (ou kuduwan) ; elle est “kādiyya” » lorsque sa végétation tarde à pousser, selon Abû Zayd. « Akdaytu ar-rajula ʿani sh-shayʾi » signifie : je l’ai détourné de la chose, et « akdā ar-rajulu » s’emploie quand le bien qu’il produit se fait rare.

Quant à la parole divine : « et il donna un peu, puis se retint », elle signifie : il a interrompu même ce peu.

La parole du Très-Haut : « Possède-t-il la science de l’Invisible, de sorte qu’il voie ? » signifie : cet avare disposerait-il d’une connaissance du châtiment qui lui est caché ?

« … de sorte qu’il voie » : c’est-à-dire, saurait-il ce qui, dans l’Au-delà, lui est dissimulé et ce qu’il adviendra de lui, au point de garantir de porter le châtiment à la place d’autrui ? Quelle ignorance et quelle sottise ! Ici, le verbe « voir » est transitif à deux compléments sous-entendus, comme s’il avait été dit : « Il considère l’invisible comme on considère le visible. »

Coran, sourate an-Najm (53), versets 36 à 42 :
« Ou bien n’a-t-il pas été informé de ce qui se trouve dans les feuillets de Moïse (36)
et d’Abraham, celui qui remplit pleinement [son engagement] ? (37)
— qu’aucune âme chargée n’assumera la charge d’une autre ; (38)
et que l’homme ne récoltera que ce qu’il aura peiné à obtenir ; (39)
et que son labeur sera bientôt rendu manifeste ; (40)
puis qu’il en sera rétribué par la rémunération la plus entière ; (41)
et qu’auprès de ton Seigneur est le terme ultime. (42) »

كَانَ رُبَّمَا يُوَافِقُ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ الْقُرَظِيُّ: نَزَلَتْ فِي أبي جهل ابن هِشَامٍ، قَالَ: وَاللَّهِ مَا يَأْمُرُ مُحَمَّدٌ إِلَّا بِمَكَارِمِ الْأَخْلَاقِ، فَذَلِكَ قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَأَعْطى قَلِيلًا وَأَكْدى) . وقال الضحاك: هو النضر بن الحرث أَعْطَى خَمْسَ قَلَائِصَ لِفَقِيرٍ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ حِينَ ارْتَدَّ عَنْ دِينِهِ، وَضَمِنَ لَهُ أَنْ يَتَحَمَّلَ عَنْهُ مَأْثَمَ رُجُوعِهِ. وَأَصْلُ (أَكْدى) مِنَ الْكُدْيَةِ يُقَالُ لِمَنْ حَفَرَ بِئْرًا ثُمَّ بَلَغَ إِلَى حَجَرٍ لَا يَتَهَيَّأُ لَهُ فِيهِ حَفْرٌ: قَدْ أَكْدَى، ثُمَّ اسْتَعْمَلَتْهُ الْعَرَبُ لِمَنْ أَعْطَى وَلَمْ يُتَمِّمْ، وَلِمَنْ طَلَبَ شَيْئًا وَلَمْ يَبْلُغْ آخِرَهُ. وَقَالَ الْحُطَيْئَةُ: فَأَعْطَى قَلِيلًا ثُمَّ أَكْدَى عَطَاءَهُ ... وَمَنْ يَبْذُلِ الْمَعْرُوفَ فِي النَّاسِ يُحْمَدُ قَالَ الْكِسَائِيُّ وَغَيْرُهُ: أَكْدَى الْحَافِرُ وَأَجْبَلَ إِذَا بَلَغَ فِي حَفْرِهِ كُدْيَةً أَوْ جَبَلًا فَلَا يُمْكِنُهُ أَنْ يَحْفِرَ. وَحَفَرَ فَأَكْدَى إِذَا بَلَغَ إِلَى الصُّلْبِ. وَيُقَالُ: كَدِيَتْ أَصَابِعُهُ إِذَا كَلَّتْ «١» مِنَ الْحَفْرِ. وَكَدِيَتْ «٢» يَدُهُ إِذَا كَلَّتْ فَلَمْ تَعْمَلْ شَيْئًا. وَأَكْدَى النَّبْتُ إِذَا قَلَّ رِيعُهُ، وَكَدَتِ الْأَرْضُ تَكْدُو كَدْوًا [وَكُدُوًّا] فَهِيَ كَادِيَةٌ إِذَا أَبْطَأَ نَبَاتُهَا، عَنْ أَبَى زَيْدٍ. وَأَكْدَيْتُ الرَّجُلَ عَنِ الشَّيْءِ رَدَدْتُهُ عَنْهُ. وَأَكْدَى الرَّجُلُ إِذَا قَلَّ خَيْرُهُ. وَقَوْلُهُ: (وَأَعْطى قَلِيلًا وَأَكْدى) أَيْ قَطَعَ الْقَلِيلَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَعِنْدَهُ عِلْمُ الْغَيْبِ فَهُوَ يَرى) أَيْ أَعِنْدَ هَذَا الْمُكْدِي عِلْمُ مَا غَابَ عَنْهُ مِنْ أَمْرِ الْعَذَابِ؟. (فَهُوَ يَرى) أَيْ يَعْلَمُ مَا غَابَ عَنْهُ مِنْ أَمْرِ الْآخِرَةِ، وَمَا يَكُونُ مِنْ أَمْرِهِ حَتَّى يَضْمَنَ حَمْلَ الْعَذَابِ عَنْ غَيْرِهِ، وَكَفَى بِهَذَا جَهْلًا وَحُمْقًا. وَهَذِهِ الرُّؤْيَةُ هِيَ الْمُتَعَدِّيَةُ إِلَى مَفْعُولَيْنِ وَالْمَفْعُولَانِ مَحْذُوفَانِ، كَأَنَّهُ قَالَ: فَهُوَ يَرَى الغيب مثل الشهادة. [سورة النجم (٥٣) : الآيات ٣٦ الى ٤٢] أَمْ لَمْ يُنَبَّأْ بِما فِي صُحُفِ مُوسى (٣٦) وَإِبْراهِيمَ الَّذِي وَفَّى (٣٧) أَلاَّ تَزِرُ وازِرَةٌ وِزْرَ أُخْرى (٣٨) وَأَنْ لَيْسَ لِلْإِنْسانِ إِلاَّ مَا سَعى (٣٩) وَأَنَّ سَعْيَهُ سَوْفَ يُرى (٤٠) ثُمَّ يُجْزاهُ الْجَزاءَ الْأَوْفى (٤١) وَأَنَّ إِلى رَبِّكَ الْمُنْتَهى (٤٢)
(١). في ب، ح، ز، س، هـ: (إذا محلت). (٢). في النسخ السابقة: (وكدت يده).

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