Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« En vérité, ton Seigneur est d’une immense miséricorde et d’un pardon sans limites. »

Dans cette interprétation, l’expression : « sauf les fautes véniels (al-lamam) » constitue donc une exception rattachée.

ʿAbd Allâh b. ʿAmr b. al-ʿÂṣ a dit : « Le lamam est tout ce qui se situe en-deçà du polythéisme. »

D’autres ont affirmé : le lamam est le péché intermédiaire, c’est-à-dire celui pour lequel aucune peine légale n’est prescrite ici-bas et qu’aucun châtiment n’a été promis dans l’Au-delà ; les cinq prières quotidiennes l’expient. Tel est l’avis d’Ibn Zayd, ʿIkrima, al-Ḍaḥḥâk et Qatâda, et il est rapporté par al-ʿAwfî et al-Ḥakam b. ʿUtayba d’après Ibn ʿAbbâs.

Al-Kalbî a déclaré : le lamam présente deux aspects. Le premier regroupe tout péché pour lequel Allâh n’a prescrit ni peine en ce monde ni châtiment dans l’Au-delà ; celui-là est absous par les cinq prières tant qu’il ne rejoint pas les grands péchés et les turpitudes. Le second correspond au grand péché qu’une personne commet de temps à autre avant de s’en repentir.

Ibn ʿAbbâs, Abû Hurayra et Zayd b. Thâbit ont également rapporté que le lamam renvoie à ce qui a été accompli durant la Jâhiliyya ; Allâh ne leur en tient donc pas rigueur.

En effet, les polythéistes dirent aux musulmans : « Hier encore, vous œuvriez à nos côtés ! » – ce verset fut alors révélé, comme l’ont indiqué Zayd b. Aslam et son fils (1).

C’est semblable à la Parole du Très-Haut :
« … et de réunir deux sœurs en mariage, sauf pour ce qui appartient déjà au passé » (2).

Il a aussi été dit que le lamam consiste à commettre un péché qui n’est pas habituel ; telle est l’opinion de Nifṭawayh. Il précise : les Arabes disent : « Il ne vient à nous qu’à lamam », c’est-à-dire de temps à autre. Et l’on ne parle de lamam que lorsqu’il y a passage à l’acte ; les Arabes n’emploient pas « alamma bina » pour une simple intention non suivie d’effet.

Dans le Ṣiḥâḥ il est dit : « Alamma l’homme, dérivé de lamam, c’est-à-dire les péchés mineurs » ; on dit aussi : « C’est le fait de frôler la désobéissance sans y tomber réellement. »

Un autre que al-Jawharî a cité ces vers :
Approche donc Zaynab avant que parte la caravane, A
Et dis-lui : « Si tu te lasses de nous, mon cœur, lui, ne se damne. » A
Quand bien même le temps userait l’ardeur qui nous lie, B
Jamais mon cœur n’en serait las, c’est toi qui le ravit. B
c’est-à-dire : « Approche-toi. »

ʿAṭâʾ b. Abî Rabâḥ a dit : le lamam est l’habitude de l’âme qui revient de temps en temps.

Saʿîd b. al-Musayyib a déclaré : c’est ce qui effleure le cœur, une pensée fugace.

Muḥammad b. al-Ḥanafiyya a dit : tout ce que tu conçois, de bien ou de mal, relève du lamam.

La preuve de cette interprétation se trouve dans la parole du Prophète — qu’Allâh prie sur lui et le salue : « Satan a une lammah et l’ange a une lammah… ».

Nous avons déjà mentionné ce ḥadith dans la sourate al-Baqarah (3), à propos de la Parole du Très-Haut : « Satan vous promet la pauvreté. »

Abû Isḥâq al-Zajjâj a dit : la racine du lamam et de l’ilmâm renvoie à ce qu’une personne commet à l’occasion, sans y persister ni s’y enfoncer.

(إِنَّ رَبَّكَ واسِعُ الْمَغْفِرَةِ) فَعَلَى هَذَا التَّأْوِيلِ يكون (إِلَّا اللَّمَمَ) استثناء متصل. قال عبد الله ابن عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ: اللَّمَمُ مَا دُونَ الشِّرْكِ. وَقِيلَ: اللَّمَمُ الذَّنْبُ بَيْنَ الْحَدَّيْنِ وَهُوَ مَا لَمْ يَأْتِ عَلَيْهِ حَدٌّ فِي الدُّنْيَا، وَلَا تُوُعِّدَ عَلَيْهِ بِعَذَابٍ فِي الْآخِرَةِ تُكَفِّرُهُ الصَّلَوَاتُ الْخَمْسُ. قَالَهُ ابْنُ زَيْدٍ وَعِكْرِمَةُ وَالضَّحَّاكُ وَقَتَادَةُ. وَرَوَاهُ الْعَوْفِيُّ وَالْحَكَمُ بْنُ عُتَيْبَةَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ. وَقَالَ الْكَلْبِيُّ: اللَّمَمُ عَلَى وَجْهَيْنِ: كُلُّ ذَنْبٍ لَمْ يَذْكُرِ اللَّهُ عَلَيْهِ حَدًّا فِي الدُّنْيَا وَلَا عَذَابًا فِي الْآخِرَةِ، فَذَلِكَ الَّذِي تُكَفِّرُهُ الصَّلَوَاتُ الْخَمْسُ مَا لَمْ يَبْلُغِ الْكَبَائِرَ وَالْفَوَاحِشَ. وَالْوَجْهُ الْآخَرُ هُوَ الذَّنْبُ الْعَظِيمُ يُلِمُّ بِهِ الْإِنْسَانُ الْمَرَّةَ بَعْدَ الْمَرَّةِ فَيَتُوبُ مِنْهُ. وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا وَأَبِي هُرَيْرَةَ وَزَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ: هُوَ مَا سَلَفَ فِي الْجَاهِلِيَّةِ فَلَا يُؤَاخِذُهُمْ بِهِ. وَذَلِكَ أَنَّ الْمُشْرِكِينَ قَالُوا لِلْمُسْلِمِينَ: إِنَّمَا كُنْتُمْ بِالْأَمْسِ تَعْمَلُونَ مَعَنَا فَنَزَلَتْ وَقَالَهُ زَيْدُ بْنُ أَسْلَمَ وَابْنُهُ «١» ، وَهُوَ كَقَوْلِهِ تَعَالَى: (وَأَنْ تَجْمَعُوا بَيْنَ الْأُخْتَيْنِ إِلَّا مَا قَدْ سَلَفَ) «٢» . وَقِيلَ: اللَّمَمُ هُوَ أَنْ يَأْتِيَ بِذَنْبٍ لَمْ يَكُنْ لَهُ بِعَادَةٍ، قَالَهُ نِفْطَوَيْهِ. قَالَ: وَالْعَرَبُ تَقُولُ مَا يَأْتِينَا إِلَّا لِمَامًا، أَيْ فِي الْحِينِ بَعْدَ الْحِينِ. قَالَ: وَلَا يَكُونُ أَنْ يُلِمَّ وَلَا يَفْعَلَ، لِأَنَّ الْعَرَبَ لَا تَقُولُ أَلَمَّ بِنَا إِلَّا إِذَا فَعَلَ الْإِنْسَانُ لَا إِذَا هَمَّ وَلَمْ يَفْعَلْهُ. وَفِي الصِّحَاحِ: وَأَلَمَّ الرَّجُلُ مِنَ اللَّمَمِ وَهُوَ صَغَائِرُ الذُّنُوبِ، وَيُقَالُ: هُوَ مُقَارَبَةُ الْمَعْصِيَةِ مِنْ غَيْرِ مُوَاقَعَةٍ. وَأَنْشَدَ غَيْرُ الْجَوْهَرِيُّ: بِزَيْنَبَ أَلْمِمْ قَبْلَ أَنْ يَرْحَلَ الرَّكْبُ ... وَقُلْ إِنْ تَمَلِّينَا فَمَا مَلَّكِ الْقَلْبُ أَيِ اقْرَبْ. وَقَالَ عَطَاءُ بْنُ أَبِي رَبَاحٍ: اللَّمَمُ عَادَةُ النَّفْسِ الْحِينَ بَعْدَ الحين. وقال سعيد ابن الْمُسَيَّبِ: هُوَ مَا أَلَمَّ عَلَى الْقَلْبِ، أَيْ خطر. وقال محمد بن الْحَنَفِيَّةِ: كُلُّ مَا هَمَمْتَ بِهِ مِنْ خَيْرٍ أَوْ شَرٍّ فَهُوَ لَمَمٌ. وَدَلِيلُ هَذَا التَّأْوِيلِ قَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ: (إِنَّ لِلشَّيْطَانِ لَمَّةً وَلِلْمَلَكِ لَمَّةً) الْحَدِيثَ. وَقَدْ مَضَى فِي (الْبَقَرَةِ) «٣» عِنْدَ قَوْلِهِ تَعَالَى: (الشَّيْطانُ يَعِدُكُمُ الْفَقْرَ) . وَقَالَ أَبُو إِسْحَاقَ الزَّجَّاجُ: أَصْلُ اللَّمَمِ وَالْإِلْمَامِ مَا يَعْمَلُهُ الْإِنْسَانُ الْمَرَّةَ بَعْدَ الْمَرَّةِ وَلَا يَتَعَمَّقُ فيه
(١). في ا: (وأبوه) وما أثبتناه يوافق ما في تفسير أبى حيان والطبري (٢). راجع ج ٥ ص ١١٦. (٣). راجع ج ٣ ص ٣٢٩

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies