La lām est ici celle de la finalité : « À Allah appartient ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre », c’est-à-dire que l’issue de l’affaire des créatures est qu’il y aura parmi elles un malfaiteur et un bienfaiteur ; au malfaiteur revient « la pire [rétribution] », à savoir la Géhenne, et au bienfaiteur « la meilleure [récompense] », à savoir le Paradis.
Parole du Très-Haut :
« Ceux qui s’écartent des grands péchés et des turpitudes, à l’exception des fautes véniels »
Il comporte trois questions.
Première question
Parole du Très-Haut :
« Ceux qui s’écartent des grands péchés et des turpitudes »
Il s’agit là d’une description des bienfaisants : ils ne commettent pas les grands péchés, à savoir le polythéisme, car c’est le plus grand des délits. Al-Aʿmash, Yaḥyā b. Waththāb, Ḥamza et al-Kisāʾī ont lu :
« kabīra » (au singulier), et Ibn ʿAbbās l’a interprété par le polythéisme.
Quant au terme « les turpitudes », il désigne la fornication. Muqātil a dit : « les grands péchés » sont tout péché dont l’aboutissement est le Feu, et « les turpitudes » tout péché passible d’une peine légale (ḥadd). L’exposé de cette question a déjà été présenté dans (an-Nisā’) ¹.
Puis Il introduit une exception disjointe ; c’est la
Deuxième question
Il dit :
« sauf les fautes véniels »
Il s’agit des menues fautes auxquelles nul n’échappe, sauf celui qu’Allah protège et préserve ². Les exégètes ont divergé quant à leur sens.
Abū Hurayra, Ibn ʿAbbās et al-Shaʿbī ont dit : « al-lamam » englobe tout ce qui est en-deçà de la fornication.
Muqātil b. Sulaymān rapporte que ce verset fut révélé au sujet d’un homme nommé Nabḥān le vendeur de dattes ; il tenait une échoppe où il vendait des dattes. Une femme vint lui en acheter ; il lui dit : « À l’intérieur de la boutique se trouve quelque chose de meilleur que ceci. » Lorsqu’elle entra, il la courtisa, mais elle refusa et s’en alla. Nabḥān regretta alors son acte, se rendit auprès du Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – et dit : « Ô Messager d’Allah ! Il n’est rien qu’un homme puisse faire sans que je l’aie fait, hormis le rapport sexuel. » Le Prophète répondit : « Peut-être que son mari est parti en expédition » ³. C’est alors que ce verset fut révélé, comme cela a été mentionné à la fin de (Hūd) ⁴.
Ibn Masʿūd, Abū Saʿīd al-Khuḍrī, Ḥudhayfa et Masrūq ont, de même, déclaré que « al-lamam » désigne tout ce qui est inférieur à l’acte charnel : le baiser, le attouchement, le regard et le fait de partager la couche.
Masrūq rapporte d’après ʿAbd Allāh b. Masʿūd qu’il a dit : « La fornication des yeux est le regard, la fornication des mains est le fait de saisir, la fornication des pieds est la marche. C’est l’organe sexuel qui confirme ou dément cela ; s’il va de l’avant, c’est une fornication, s’il se retient, ce n’est qu’un lamam. »
Dans les Ṣaḥīḥs d’al-Bukhārī et de Muslim, on lit d’après Ibn ʿAbbās : « Je n’ai rien vu qui ressemble davantage au lamam que ce qu’a rapporté Abū Hurayra, selon lequel le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit : “En vérité, Allah a écrit…”"}