Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quant aux autres, ils s’arrêtent sur la consonne t, conformément à la graphie du Muṣḥaf.

Le Ṣiḥāḥ rapporte : « Manāt est le nom d’une idole appartenant [à Hudhayl et à Khuzaʿah][1], située entre La Mecque et Médine. Le h est ici la marque du féminin, mais l’on suspend la lecture en prononçant un t – c’est un usage dialectal –, et l’adjectif de relation qui en dérive est manawiyy. On cite également ʿAbd Manāt fils de Ad fils de Ṭābikha, ainsi que Zayd Manāt fils de Tamīm fils de Murr ; le nom peut, dans ces lignages, se lire avec voyelle longue ou brève. »

Hubar al-Ḥārithī a dit :
« Le Taym, fils d’ʿAbd Manāt, serait-il donc arrivé ?
Pour que, fils de Tamîm, entre nous la rancœur soit attisée ? »

Parole du Très-Haut : (الأُخْرَى – « l’autre »)

Les Arabes [ne][2] qualifient pas la troisième par ukhrā ; ukhrā n’est qu’un adjectif se rapportant à la seconde. Les grammairiens en ont discuté ; al-Khalīl dit : « Cette forme a été employée pour s’accorder avec la cadence finale des versets », à l’instar de Sa parole : (مَآرِبُ أُخْرَى) ; Il n’a pas dit : ukhar.

Al-Ḥusayn ibn al-Faḍl dit : « Le verset comporte une inversion ; son sens est : “Avez-vous donc considéré al-Lāt, puis al-ʿUzzā l’autre, et Manāt la troisième ?” »

D’autres ont déclaré : si le texte dit (وَمَنَاةَ الثَّالِثَةَ الأُخْرَى), c’est parce qu’aux yeux des polythéistes cette idole venait, en dignité, juste après al-Lāt et al-ʿUzzā ; la formulation respecte donc leur propre classement. Nous avons par ailleurs rapporté d’[Ibn][3] Hishām que Manāt occupait d’abord le premier rang ; c’est pour cela qu’elle jouissait chez eux d’une vénération prioritaire – et Allah sait mieux.

Le verset contient une ellipse que le contexte dévoile : « Avez-vous donc vu ces divinités ? Vous ont-elles jamais apporté un avantage ou infligé un tort pour que vous en fassiez des associés d’Allah ? »

Puis, en guise de reproche et d’humiliation, Il dit :
(أَلَكُمُ الذَّكَرُ وَلَهُ الأُنْثَى)
– pour réfuter leur parole : « Les anges sont les filles d’Allah », et : « Les idoles sont les filles d’Allah. »

Parole du Très-Haut :
(تِلْكَ إِذًا) – c’est-à-dire : cette répartition – (قِسْمَةٌ ضِيزَى) : une division inique, qui s’écarte de l’équité, sort de la droiture et penche loin de la vérité.

On dit : ḍāza dans un jugement, c’est-à-dire il fut injuste ; ḍāza ḥaqqahu – yaḍīzuhu ḍayzan – selon al-Akhfash : il diminua et lésa son droit.

Il ajoute : la forme peut être hamzée ; on dira : ḍaʾazahu – yaḍʾazuhu – ḍaʾzan, et il a cité :
« Si tu t’éloignes de nous, nous t’amoindrirons assurément ;
Et si tu demeures, ton lot sera rogné, ton nez courbera fièrement. »

Al-Kisāʾī dit : « On emploie ḍāza – yaḍīzu – ḍīzan ; ḍāza – yaḍūzu – ḍūzan ; et ḍaʾaza – yaḍʾazu – ḍaʾzan lorsque quelqu’un opprime, transgresse, diminue ou dépouille. » Le poète a chanté :
« Les fils d’Asad ont jugé, ô quelle iniquité brûlante !
Ils ont fait de la tête une queue : injustice éclatante. »

[1] Hudhayl et Khuzaʿah.
[2] Lecture “lā”.
[3] Ibn Hishām.

الْبَاقُونَ بِالتَّاءِ اتِّبَاعًا لِخَطِّ الْمُصْحَفِ. وَفِي الصِّحَاحِ: وَمَنَاةُ اسْمُ صَنَمٍ كَانَ [لِهُذَيْلٍ وَخُزَاعَةَ «١» ] بَيْنَ مَكَّةَ وَالْمَدِينَةِ، وَالْهَاءُ لِلتَّأْنِيثِ وَيُسْكَتُ عَلَيْهَا بِالتَّاءِ وَهِيَ لُغَةٌ، وَالنِّسْبَةُ إِلَيْهَا مَنَوِيٌّ. وَعَبْدُ مَنَاةَ بن أد بن طابخة، وزيد مناة بن تَمِيمِ بْنِ مُرٍّ يُمَدُّ وَيُقْصَرُ، قَالَ هَوْبَرُ الْحَارِثِيُّ: أَلَا هَلْ أَتَى التَّيْمُ بْنُ عَبْدِ مَنَاءَةٍ ... عَلَى الشِّنْءِ فِيمَا بَيْنَنَا ابْنُ تَمِيمٍ قَوْلُهُ تَعَالَى: (الْأُخْرى) الْعَرَبُ [لَا «٢» ] تَقُولُ لِلثَّالِثَةِ أُخْرَى وَإِنَّمَا الْأُخْرَى نَعْتٌ لِلثَّانِيَةِ، وَاخْتَلَفُوا فِي وَجْهِهَا فَقَالَ الْخَلِيلُ: إِنَّمَا قَالَ ذَلِكَ لِوِفَاقِ رُءُوسِ الْآيِ، كَقَوْلِهِ: (مَآرِبُ أُخْرى) وَلَمْ يَقُلْ أُخَرُ. وَقَالَ الْحُسَيْنُ بْنُ الْفَضْلِ: فِي الْآيَةِ تَقْدِيمٌ وَتَأْخِيرٌ مَجَازُهَا أَفَرَأَيْتُمُ اللَّاتَ وَالْعُزَّى الْأُخْرَى وَمَنَاةَ الثَّالِثَةَ. وَقِيلَ: إِنَّمَا قَالَ (وَمَناةَ الثَّالِثَةَ الْأُخْرى) لِأَنَّهَا كَانَتْ مُرَتَّبَةً عِنْدَ الْمُشْرِكِينَ فِي التَّعْظِيمِ بَعْدَ اللَّاتِ وَالْعُزَّى فَالْكَلَامُ عَلَى نَسَقِهِ. وَقَدْ ذَكَرْنَا عَنِ [ابْنِ «٣» ] هِشَامٍ: أَنَّ مَنَاةَ كَانَتْ أَوَّلًا فِي التَّقْدِيمِ، فَلِذَلِكَ كَانَتْ مُقَدَّمَةً عِنْدَهُمْ فِي التَّعْظِيمِ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَفِي الْآيَةِ حَذْفٌ دَلَّ عَلَيْهِ الْكَلَامُ، أَيْ أَفَرَأَيْتُمْ هَذِهِ الْآلِهَةَ هَلْ نَفَعَتْ أَوْ ضَرَّتْ حَتَّى تَكُونَ شُرَكَاءَ لِلَّهِ. ثُمَّ قَالَ عَلَى جِهَةِ التَّقْرِيعِ وَالتَّوْبِيخِ: (أَلَكُمُ الذَّكَرُ وَلَهُ الْأُنْثى) رَدًّا عَلَيْهِمْ قَوْلَهُمْ: الْمَلَائِكَةُ بَنَاتُ اللَّهِ، وَالْأَصْنَامُ بَنَاتُ اللَّهِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (تِلْكَ إِذاً) يَعْنِي هَذِهِ الْقِسْمَةُ (قِسْمَةٌ ضِيزى) أَيْ جَائِرَةٌ عَنِ الْعَدْلِ، خَارِجَةٌ عَنِ الصَّوَابِ، مَائِلَةٌ عَنِ الْحَقِّ. يُقَالُ: ضَازَ فِي الْحُكْمِ أَيْ جَارَ، وَضَازَ حَقَّهُ يَضِيزُهُ ضَيْزًا- عَنِ الْأَخْفَشِ- أَيْ نَقَصَهُ وَبَخَسَهُ. قَالَ: وَقَدْ يُهْمَزُ فَيُقَالُ ضَأَزَهُ يَضْأَزُهُ ضَأْزًا وَأَنْشَدَ: فَإِنْ تَنْأَ عَنَّا نَنْتَقِصْكَ وَإِنْ تُقِمْ «٤» ... فَقِسْمُكَ مَضْئُوزٌ وَأَنْفُكَ رَاغِمُ وَقَالَ الْكِسَائِيُّ: يُقَالُ ضَازَ يضيز ضيزا، وضاز يضوز ضوزا، وَضَأَزَ يَضْأَزُ ضَأْزًا إِذَا ظَلَمَ وَتَعَدَّى وَبَخَسَ وَانْتَقَصَ، قَالَ الشَّاعِرُ «٥» : ضَازَتْ بَنُو أَسَدٍ بِحُكْمِهِمُ ... إذ يجعلون الرأس كالذنب
(١). الزيادة من الصحاح واللسان. (٢). زيادة يقتضيها السياق. (٣). من ب، ح، ز، س، ل هـ. (٤). في الأصل (وان تغب) والتصويب عن اللسان. وروى فحظك بدل فقسمك. (٥). قائله امرؤ القيس. [ ..... ]

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