Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La lecture correcte du mot « al-Lāt » — prononcée sans redoublement et considérée comme le nom d’une idole — exige que l’on s’y arrête par la consonne t ; tel est l’avis retenu par al-Farrâ’.

Al-Farrâ’ rapporte : « J’ai vu al-Kisâ’î interroger Abû Faq‘as al-Asadî. Celui-ci répondit : “dhâh li-dhâti” et “wa-lâh lil-Lâti”, puis il récita : ﴾A-fa-ra’aytum al-Lâha﴿. De même, ad-Dûrî d’après al-Kisâ’î et al-Bazzî d’après Ibn Kathîr ont lu ﴾al-Lâha﴿ avec un h final à la pause. »

Quiconque soutient que « al-Lāt » dérive du Nom « Allâh » doit, lui aussi, marquer l’arrêt par le h.

On a par ailleurs avancé que le terme vient de « lâhah », tout comme « shâh » est issu de « shâhah ». Il serait tiré du verbe « lâhat », signifiant « se cacher, disparaître ». Le poète a dit :
« Elle s’est dissimulée, jamais on ne la vit dehors ;
Ah, si seulement elle sortait, nous la verrions alors. »

Le Ṣiḥâḥ précise : « Al-Lât est le nom d’une idole appartenant aux Thaqîf et se trouvant à Ṭâʾif ; certains Arabes s’y arrêtent par le t, d’autres par le h. »

Al-Akhfash explique : « Nous avons entendu des Arabes dire : al-Lâti wal-‘Uzzâ, et prononcer aussi : “hiya al-Lât” — avec un t à l’arrêt — et “hiya al-Lâti”, d’où l’on constate qu’il se trouve au nominatif tout en portant la kasra, à la manière de amsi qui reste toujours décliné ainsi ; c’est préférable, car l’alif et le lâm du mot al-Lât ne disparaissent pas, même s’ils sont de surcroît. Quant à la forme que la majorité prononce en pause, “al-Lâh”, c’est que la consonne originelle est h et devient t lorsqu’on enchaîne. Dans ce parler, le terme se comporte comme l’expression “kayta wa-kayta” ; il en va de même de “hayhâti” dans le dialecte qui la fait précéder d’une kasra — sauf que “hayhât” peut s’employer au pluriel, ce qui est impossible pour al-Lât : le t n’est ajouté au pluriel qu’avec l’alif ; si l’on regardait l’alif et le t comme des augmentatifs, il ne subsisterait du nom qu’une seule lettre. »

À propos de la parole du Très-Haut : « … et Manât, la troisième, l’autre », Ibn Kathîr, Ibn Muḥayṣin, Ḥumayd, Mujâhid, as-Sulamî et al-A‘shâ — d’après Abû Bakr — la lisent « wa-Manâʾata » avec allongement et hamza ; les autres la lisent sans hamza, les deux formes appartenant à deux dialectes.

On dit que cette idole reçut ce nom parce qu’ils y répandaient le sang des sacrifices afin de s’en rapprocher ; de là provient également le nom de Minâ, en raison de l’abondance du sang versé en ce lieu. Al-Kisâ’î, Ibn Kathîr et Ibn Muḥayṣin s’y arrêtent, eux, par le h, conformément à la forme originelle.

وَالْقِرَاءَةُ الصَّحِيحَةُ (اللَّاتَ) بِالتَّخْفِيفِ اسْمُ صَنَمٍ وَالْوُقُوفُ عَلَيْهَا بِالتَّاءِ وَهُوَ اخْتِيَارُ الْفَرَّاءِ. قَالَ الْفَرَّاءُ: وَقَدْ رَأَيْتُ الْكِسَائِيَّ سَأَلَ أَبَا فَقْعَسٍ الْأَسَدِيَّ «١» فَقَالَ ذَاهْ لِذَاتِ [وَلَاهْ لِلَّاتِ] وَقَرَأَ (أَفَرَأَيْتُمُ اللَّاهَ) وَكَذَا قَرَأَ الدُّوْرِيُّ عَنِ الْكِسَائِيِّ وَالْبَزِّيُّ عَنِ ابْنِ كَثِيرٍ (اللَّاهَ) بِالْهَاءِ فِي الْوَقْفِ، وَمَنْ قَالَ: إِنَّ (اللَّاتَ) مِنَ اللَّهِ وَقْفٌ بِالْهَاءِ أَيْضًا. وَقِيلَ: أَصْلُهَا لَاهَةٌ مِثْلُ شَاةٍ [أَصْلُهَا شَاهَةٌ] وَهِيَ مِنْ لَاهَتْ أَيِ اخْتَفَتْ، قَالَ الشَّاعِرُ: لَاهَتْ فَمَا عُرِفَتْ يَوْمًا بِخَارِجَةٍ ... يَا لَيْتَهَا خَرَجَتْ حَتَّى رَأَيْنَاهَا وَفِي الصِّحَاحِ: اللَّاتُ اسْمُ صَنَمٍ كَانَ لِثَقِيفَ وَكَانَ بِالطَّائِفِ، وَبَعْضُ الْعَرَبِ يَقِفُ عَلَيْهَا بِالتَّاءِ، وَبَعْضُهُمْ بِالْهَاءِ، قَالَ الْأَخْفَشُ: سَمِعْنَا مِنَ الْعَرَبِ مَنْ يَقُولُ اللَّاتِ وَالْعُزَّى، وَيَقُولُ هِيَ اللَّاتْ فَيَجْعَلُهَا تَاءً فِي السُّكُوتِ وَهِيَ اللَّاتِ فَأَعْلَمْ أَنَّهُ جُرَّ فِي مَوْضِعِ الرَّفْعِ، فَهَذَا مِثْلُ أَمْسِ مَكْسُورٌ عَلَى كُلِّ حَالٍ وَهُوَ أَجْوَدُ مِنْهُ، لِأَنَّ الالف واللام اللتان فِي اللَّاتِ لَا تَسْقُطَانِ وَإِنْ كَانَتَا زَائِدَتَيْنِ، وَأَمَّا مَا سَمِعْنَا مِنَ الْأَكْثَرِ فِي اللَّاتِ وَالْعُزَّى فِي السُّكُوتِ عَلَيْهَا فَاللَّاهْ لِأَنَّهَا هَاءٌ فَصَارَتْ تَاءً فِي الْوَصْلِ وَهِيَ فِي تِلْكَ اللُّغَةِ مِثْلُ كَانَ مِنَ الْأَمْرِ كَيْتَ وَكَيْتَ، وَكَذَلِكَ هَيْهَاتِ فِي لُغَةِ مَنْ كَسَرَهَا، إِلَّا أَنَّهُ يَجُوزُ فِي هَيْهَاتَ أَنْ تَكُونَ جَمَاعَةً وَلَا يَجُوزُ ذَلِكَ فِي اللَّاتِ، لِأَنَّ التَّاءَ لَا تُزَادُ فِي الْجَمَاعَةِ إِلَّا مَعَ الْأَلِفِ، وَإِنْ جُعِلَتِ الْأَلِفُ وَالتَّاءُ زَائِدَتَيْنِ بَقِيَ الِاسْمُ عَلَى حَرْفٍ وَاحِدٍ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَمَناةَ الثَّالِثَةَ الْأُخْرى) قَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَحُمَيْدٌ وَمُجَاهِدٌ وَالسُّلَمِيُّ وَالْأَعْشَى عَنْ أَبِي بَكْرٍ (وَمَنَاءَةَ) بِالْمَدِّ وَالْهَمْزِ. وَالْبَاقُونَ بِتَرْكِ الْهَمْزِ لُغَتَانِ. وَقِيلَ: سُمِّيَ بِذَلِكَ، لِأَنَّهُمْ كَانُوا يُرِيقُونَ عِنْدَهُ الدِّمَاءَ يَتَقَرَّبُونَ بِذَلِكَ إِلَيْهِ. وَبِذَلِكَ سُمِّيَتْ مِنًى لِكَثْرَةِ مَا يُرَاقُ فِيهَا مِنَ الدِّمَاءِ. وَكَانَ الْكِسَائِيُّ وَابْنُ كَثِيرٍ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ يَقِفُونَ بِالْهَاءِ عَلَى الأصل.
(١). الذي ذكره النحاس في اعراب قوله تعالى: (وَلاتَ حِينَ مَناصٍ) أن الفراء قال عن الكسائي: أحسبه أنه سأل أبا السمال كيف يقرأ فيقف على (وَلاتَ) فوقف عليها بالها. وعبارة الفراء في هذه السورة من تفسيره: وكان الكسائي يقف عليها بالهاء وأنا أقف على التاء. اهـ. ولم يذكر أبا فقعس.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies