Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Va à Batn Nakhlah ; tu y trouveras trois acacias. Abats le premier. »

Khâlid — qu’Allâh l’agrée — s’y rendit donc et l’abattit. De retour, le Prophète — que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui — lui demanda :
« As-tu vu quelque chose ? »
— « Non. »

Le Prophète reprit :
« Abats le deuxième. »

Il s’y rendit de nouveau, l’abattit, puis revint auprès du Prophète — que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui — qui lui demanda :
« As-tu vu quelque chose ? »
— « Non. »

Le Prophète dit alors :
« Abats le troisième. »

Khâlid s’y rendit et se trouva face à une Abyssinienne, cheveux ébouriffés, les mains posées sur ses épaules, menaçante, montrant ses crocs ; derrière elle se tenait Dubayya as-Sulamî, le gardien de l’idole. Khâlid déclama :

Ô ‘Uzzâ, point d’éloge, mais ton reniement ;
Je vois qu’Allâh t’a vouée à l’abaissement.

Puis il la frappa, lui fendit la tête ; elle se changea aussitôt en poussière de charbon. Il abattit l’arbre et tua Dubayya, le gardien, puis revint informer le Prophète — que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui — qui déclara :
« Voilà al-‘Uzzā ; [elle ne sera plus jamais adorée]. »

Ibn Jubayr dit : « Al-‘Uzzā était une pierre blanche qu’ils adoraient. »
Qatâda : « C’était une plante qui se trouvait à Batn Nakhlah. »

Quant à Manât, c’était l’idole des Banû Khuzâʿa.

On a également avancé que le nom d’al-Lât, selon certains exégètes, fut forgé par les polythéistes à partir du Nom « Allâh » ; al-‘Uzzā dériverait de « al-‘Azîz », et Manât du verbe « manâ Allâhu ash-shay’a » lorsqu’Il le décrète.

Ibn ‘Abbâs, Ibn az-Zubayr, Mujâhid, Humayd et Abû Ṣâliḥ récitaient « al-Lätta » avec redoublement du tâ’ et disaient : « Il s’agissait d’un homme qui pétrissait le sawîq pour les pèlerins — al-Bukhârî le rapporte d’après Ibn ‘Abbâs — ; lorsqu’il mourut, ils se rassemblèrent autour de sa tombe et l’adorèrent. »

Ibn ‘Abbâs ajouta : « Il vendait du sawîq et du samn près d’un rocher sur lequel il en versait ; quand il mourut, les Thaqîf vénérèrent ce rocher par considération pour le maître du sawîq. »

Abû Ṣâliḥ dit : « C’était un homme de Ṭâʾif qui veillait sur leurs idoles et pétrissait le sawîq pour eux ; à sa mort ils l’adorèrent. »

Mujâhid dit : « Un homme demeurait au sommet d’une montagne ; il possédait un petit troupeau dont il tirait le beurre clarifié, le fromage sec et le lactosérum ; il en faisait du ḥays qu’il distribuait aux pèlerins. Il se trouvait à Batn Nakhlah ; lorsqu’il mourut, ils l’adorèrent — c’est lui al-Lât. »

Al-Kalbî rapporte qu’il s’agissait d’un homme de Thaqîf nommé Ṣirma ibn Ghunm. D’autres disent : c’était ‘Āmir ibn Ẓarib al-‘Adawânî. Le poète déclara :

Ne défendez pas Lât : Allâh la voue à sa perte ;
Et comment vous secourrait-elle, celle qui ne peut se secourir ?

(ايتِ بَطْنَ نَخْلَةَ فَإِنَّكَ تَجِدُ ثَلَاثَ سَمُرَاتٍ فَاعْضِدِ الْأُولَى) فَأَتَاهَا فَعَضَدَهَا فَلَمَّا جَاءَ إِلَيْهِ قَالَ: (هَلْ رَأَيْتَ شَيْئًا) قَالَ: لَا. قَالَ: (فَاعْضِدِ الثَّانِيَةَ) فَأَتَاهَا فَعَضَدَهَا، ثُمَّ أَتَى النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: (هَلْ رَأَيْتَ شَيْئًا) قَالَ: لَا. قَالَ: (فَاعْضِدِ الثَّالِثَةَ) فَأَتَاهَا فَإِذَا هُوَ بِحَبَشِيَّةٍ نَافِشَةً شَعْرَهَا، وَاضِعَةً يَدَيْهَا عَلَى عَاتِقِهَا تُصَرِّفُ بِأَنْيَابِهَا، وَخَلْفَهَا دُبَيَّةُ» السُّلَمِيُّ وَكَانَ سَادِنَهَا فَقَالَ: يَا عُزَّ كُفْرَانَكِ لَا سُبْحَانَكِ ... إِنِّي رَأَيْتُ اللَّهَ قَدْ أَهَانَكِ ثُمَّ ضَرَبَهَا فَفَلَقَ رَأْسَهَا فَإِذَا هِيَ حُمَمَةٌ، ثُمَّ عَضَدَ الشَّجَرَةَ وَقَتَلَ دُبَيَّةَ السَّادِنَ، ثُمَّ أَتَى النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَخْبَرَهُ فَقَالَ: (تِلْكَ الْعُزَّى [وَلَنْ تُعْبَدَ أَبَدًا] وَقَالَ ابْنُ جُبَيْرٍ: الْعُزَّى حَجَرٌ أَبْيَضُ كَانُوا يَعْبُدُونَهُ. قَتَادَةُ: نَبْتٌ «٢» كَانَ بِبَطْنِ نَخْلَةَ. ومَناةَ: صَنَمٌ لِخُزَاعَةَ. وَقِيلَ: إِنَّ اللَّاتَ فِيمَا ذَكَرَ بَعْضُ الْمُفَسِّرِينَ أَخَذَهُ الْمُشْرِكُونَ مِنْ لَفْظِ «٣» اللَّهِ، والْعُزَّى مِنَ الْعَزِيزِ، ومَناةَ مِنْ مَنَى اللَّهُ الشَّيْءَ إِذَا قَدَّرَهُ. وَقَرَأَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَابْنُ الزُّبَيْرِ وَمُجَاهِدٌ وَحُمَيْدٌ وَأَبُو صَالِحٍ (اللَّاتَّ) بِتَشْدِيدِ التَّاءِ وَقَالُوا: كَانَ رَجُلًا يَلُتُّ السَّوِيقَ لِلْحَاجِّ- ذَكَرَهُ الْبُخَارِيُّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ- فَلَمَّا مَاتَ عَكَفُوا عَلَى قَبْرِهِ فَعَبَدُوهُ. ابْنُ عَبَّاسٍ: كَانَ يَبِيعُ السَّوِيقَ وَالسَّمْنَ عِنْدَ صَخْرَةٍ وَيَصُبُّهُ عَلَيْهَا، فَلَمَّا مَاتَ ذَلِكَ الرَّجُلُ عَبَدَتْ ثَقِيفُ تِلْكَ الصَّخْرَةَ إِعْظَامًا لِصَاحِبِ السَّوِيقِ. أَبُو صَالِحٍ: إِنَّمَا كَانَ رَجُلًا بِالطَّائِفِ فَكَانَ يَقُومُ عَلَى آلِهَتِهِمْ وَيَلُتُّ لَهُمُ السَّوِيقَ فَلَمَّا مَاتَ عَبَدُوهُ. مُجَاهِدٌ: كَانَ رَجُلٌ فِي رَأْسِ جَبَلٍ لَهُ غُنَيْمَةٌ يَسْلِي «٤» مِنْهَا السَّمْنَ وَيَأْخُذُ مِنْهَا الْأَقِطَ وَيَجْمَعُ رِسْلَهَا، ثُمَّ يَتَّخِذُ مِنْهَا حَيْسًا «٥» فَيُطْعِمُ الْحَاجَّ، وَكَانَ بِبَطْنِ نَخْلَةَ فَلَمَّا مَاتَ عَبَدُوهُ وَهُوَ اللَّاتُّ. وَقَالَ الْكَلْبِيُّ كَانَ رَجُلًا مِنْ ثَقِيفَ يُقَالُ لَهُ صِرْمَةُ بْنُ غُنْمٍ. وَقِيلَ: إِنَّهُ عَامِرُ بْنُ ظَرِبٍ الْعَدْوَانِيُّ. قَالَ «٦» الشَّاعِرُ: لَا تَنْصُرُوا اللَّاتَ إِنَّ اللَّهَ مُهْلِكُهَا ... وَكَيْفَ يَنْصُرُكُمْ مَنْ لَيْسَ ينتصر
(١). دبية بالدال المهملة بن حرمس ويروى ابن حرمي ثم السلمى. (٢). في ب، ز، هـ ول: (بيت). (٣). في ب، ح، ز، س، ل، هـ: (اسم الله). (٤). يسلى: يجمع. الأقط لبن مجفف يابس مستحجر يطبخ به. والرسل اللبن. (٥). الحيس: الطعام المتخذ من التمر والا قط والسمن. (٦). هو شداد بن عارض الجشمي قاله في أبيات حين هدمت اللات وحرقت، ينهى ثقيفا عن العود إليها والغصب لها.

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