parmi les signes. Cela constitue une marque de parfaite bienséance de la part du Prophète — que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui — dans cette situation, puisque, ce jour-là, il ne tourna ni à droite ni à gauche.
Parole du Très-Haut :
« Il a certes vu, parmi les signes de son Seigneur, les plus grands. »
Ibn ʿAbbâs a dit : « Il vit un rafraf qui obstruait l’horizon. »
Al-Bayhaqî rapporte, d’après ʿAbd Allâh, qu’à propos de ce verset Ibn ʿAbbâs a dit : « Il vit un rafraf verdoyant qui bouchait l’horizon du ciel. » Et d’après lui encore : « Le Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — vit Jibrîl — paix sur lui — revêtu d’une parure de rafraf vert, remplissant l’espace entre le ciel et la terre. »
Al-Bayhaqî dit : Dans le ḥadîth, l’expression « il vit un rafraf » vise Jibrîl — paix sur lui — dans sa forme, tandis qu’il se trouvait sur un rafraf ; le rafraf est un tapis. On dit aussi : c’est un lit. D’autres disent : c’est plutôt un vêtement qu’il portait, car il est rapporté qu’il le vit revêtu d’une parure de rafraf.
Je dis : at-Tirmidhî a consigné, d’après ʿAbd Allâh, à propos de la parole : « Le cœur n’a point menti sur ce qu’il a vu » : « Le Messager d’Allâh — que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui — vit Jibrîl — paix sur lui — portant une parure de rafraf qui emplissait l’espace entre le ciel et la terre. » Et il déclara : « Ce ḥadîth est bon et authentique. »
Je dis encore : il est rapporté d’Ibn ʿAbbâs, au sujet de la parole du Très-Haut : « Il s’approcha puis descendit » (1), qu’il s’y trouve une inversion : le rafraf descendit pour Muḥammad — paix et salut sur lui — la nuit de l’Ascension ; il s’y assit, puis il fut élevé et se rapprocha de son Seigneur. Il dit : « Jibrîl me quitta, les voix cessèrent autour de moi, et j’entendis la parole de mon Seigneur. »
D’après cette explication, le rafraf est donc ce sur quoi l’on s’assied, semblable à un tapis ou autre, tandis que, selon le premier sens, il s’agit de Jibrîl lui-même.
ʿAbd ar-Raḥmân ibn Zayd et Muqâtil ibn Ḥayyân ont dit : « Il vit Jibrîl — paix sur lui — sous la forme qu’il revêt dans les cieux. » Il en est de même dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après ʿAbd Allâh, au sujet de la parole : « Il a certes vu, parmi les signes de son Seigneur, les plus grands » : « Il vit Jibrîl dans sa forme, avec six cents ailes. » Cela n’exclut pas qu’il ait été, en outre, vêtu d’une parure de rafraf et assis sur un rafraf. Allâh est plus savant.
Ad-Ḍaḥḥâk a dit : « Il vit la Sidrat al-Muntahâ. »
D’après Ibn Masʿûd : « Il vit ce qui recouvrait la Sidra, à savoir des papillons d’or », comme le rapporte al-Mâwardî.
D’autres ont dit : il vit l’escalier céleste (al-Miʿrâj). D’autres encore : il s’agit de tout ce qu’il vit cette nuit-là lors de son voyage nocturne, aussi bien à l’aller qu’au retour ; et c’est l’opinion la meilleure, étayée par la parole divine : « afin que Nous lui fassions voir certains de Nos signes » (2).
S’agissant de la particule « min », elle peut être prise au sens partitif, et « al-kubrâ » serait alors le complément d’objet du verbe « raʾâ » ; à l’origine, il s’agit d’un adjectif qualifiant « les signes », que l’on a mis au singulier pour alléger l’expression.
(1) Coran 53 :8.
(2) Coran 17 :1.