Yaʿqūb a recensé ces deux formes dans son ouvrage al-Iṣlâḥ ; il s’agit là de l’usage des Égyptiens. La première prononciation demeure cependant la plus éloquente et c’est elle qui est authentiquement rapportée du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue.
At-Tirmidhî rapporte d’Asmâʾ bint Abî Bakr — qu’Allah les agrée — qu’elle dit :
« J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire — alors qu’on avait évoqué devant lui la Sidrat al-Muntahâ :
« Un cavalier parcourrait, à l’ombre d’une seule de ses branches, cent ans, ou bien cent cavaliers pourraient se mettre à l’abri dans son ombre » — Yaḥyâ, l’un des transmetteurs, hésita sur la formulation — « ; on y voit des papillons d’or et ses fruits sont pareils aux grandes jarres. »
Abû ʿÎsâ dit : « Ce hadith est ḥasan. »
Je dis :
La même formulation se trouve chez Muslim, dans le hadith rapporté par Thâbit d’après Anas : « Puis l’on me mena jusqu’à la Sidrat al-Muntahâ ; ses feuilles étaient semblables à des oreilles d’éléphants et ses fruits à de grandes jarres. Lorsqu’elle fut recouverte de ce qu’Allah — Puissant et Majestueux — voulut qu’elle fût recouverte, elle se métamorphosa, si bien qu’aucune créature d’Allah n’est capable d’en décrire la beauté. »
Les savants ont divergé quant à la raison pour laquelle on l’a nommée « Sidrat al-Muntahâ » ; neuf explications ont été avancées :
- Selon ce qui a été rapporté d’Ibn Masʿûd : tout ce qui descend d’au-dessus d’elle et tout ce qui monte d’en-dessous d’elle s’y arrête.
- Ibn ʿAbbâs dit : la science des prophètes s’y achève et ils ignorent ce qui se trouve au-delà.
- Al-Ḍaḥḥâk dit : les œuvres y parviennent et y sont recueillies.
- Kaʿb dit : les anges et les prophètes s’y rendent et y demeurent.
- Al-Rabîʿ ibn Anas dit : les esprits des martyrs y aboutissent.
- Qatâdah dit : les âmes des croyants y parviennent.
- ʿAlî — qu’Allah l’agrée — et al-Rabîʿ ibn Anas disent : quiconque suit la Sunna et la voie de Muḥammad ﷺ y parvient.
- Kaʿb affirme encore : c’est un arbre qui se dresse au-dessus des têtes des porteurs du Trône, là où s’achève la science des créatures.
Je dis : Il veut dire — et Allah est plus savant — que la hauteur de l’arbre et l’extrémité de ses branches dépassent les têtes des porteurs du Trône. La preuve en est ce qui a été mentionné : sa racine se trouve dans le sixième ciel et sa cime dans le septième, puis elle s’élève encore jusqu’à surpasser les têtes des porteurs du Trône. Allah sait mieux.
9. On l’a ainsi nommée parce que quiconque y est élevé atteint le summum de la noblesse.
D’après Abû Hurayrah, lorsque le Messager d’Allah ﷺ fut transporté au cours de l’Isrâ’, on le conduisit jusqu’à la Sidrat al-Muntahâ et on lui dit : « Voici la Sidrat al-Muntahâ ; tout être y parvient, hormis ceux de ta communauté qui suivent ta Sunna. » C’était un arbre dont la racine faisait jaillir des fleuves d’eau inaltérable, et des fleuves de lait dont la saveur ne se modifie jamais,