Parole du Très-Haut :
« Et certes, il Le vit lors d’une autre descente. »
Le terme « une descente » (nazlatan) est un masdar employé comme circonstantiel, comme si l’on avait dit : « Et il Le vit, descendant, lors d’une autre descente. »
Ibn ʿAbbâs a dit : « Muḥammad — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — vit son Seigneur une seconde fois, par son cœur. »
Muslim rapporte, d’après Abû l-ʿÂliyah, qu’Ibn ʿAbbâs, commentant les versets : « Le cœur n’a pas menti sur ce qu’il a vu » et « Il Le vit lors d’une autre descente », déclara : « Il Le vit de son cœur à deux reprises. »
L’expression « une autre descente » revient donc à Muḥammad ﷺ ; s’il monta et redescendit à plusieurs reprises, selon le nombre des prières obligatoires, alors à chaque ascension correspond une descente. C’est dans ce sens qu’Il dit : « Auprès du Lote-arbre de la Limite ultime », c’est-à-dire que Muḥammad ﷺ se trouvait, lors de l’une de ces descentes, au Lote-arbre de la Limite ultime.
Ibn Masʿûd et Abû Hurayrah ont expliqué la parole : « Il Le vit lors d’une autre descente » en disant qu’il s’agit de Jibrîl. Ceci est également authentifié dans le Ṣaḥîḥ de Muslim.
Ibn Masʿûd rapporte encore que le Prophète ﷺ a dit : « J’ai vu Jibrîl à l’horizon suprême ; il avait six cents ailes d’où se détachaient des perles et des rubis. » Ce récit est mentionné par al-Mahdawī.
Parole du Très-Haut :
« Auprès du Lote-arbre de la Limite ultime. »
La préposition « auprès de » (ʿinda) se rattache au verbe « il Le vit », comme nous l’avons exposé. Le sidr est l’arbre du nabq ; il se trouve dans le sixième ciel — et il est également rapporté qu’il est dans le septième. Le ḥadith à ce sujet figure dans le Ṣaḥîḥ de Muslim.
Le premier est celui que Murrah rapporte d’après ʿAbd Allâh : « Lorsque le Messager d’Allah ﷺ fut emmené de nuit, on le conduisit jusqu’au Lote-arbre de la Limite ultime, qui se trouve dans le sixième ciel. S’y achève ce qui monte de la terre et c’est de là que part ce qui descend d’au-delà. Puis il récita : “Lorsque le Lote-arbre fut couvert de ce qui le couvrit”, et il dit : des papillons(1) d’or. Il ajouta : Le Messager d’Allah ﷺ reçut alors trois choses : les cinq prières, les derniers versets de la sourate al-Baqarah, et le pardon des graves péchés(2) pour quiconque, dans sa communauté, n’associe rien à Allah. »
Le second ḥadith est celui que Qatâdah rapporte d’après Anas : le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque je fus élevé jusqu’au Lote-arbre de la Limite ultime, dans le septième ciel, ses fruits étaient comme les grandes jarres de Hajar et ses feuilles comme des oreilles d’éléphants. De son tronc jaillissaient deux fleuves apparents et deux fleuves cachés. Je dis : “Ô Jibrîl, qu’est-ce donc ?” — “Quant aux deux cachés, répondit-il, ils sont au Paradis ; quant aux deux apparents, ils sont le Nil et l’Euphrate.” » Version d’al-Dâraqutnî.
Le mot nabq, avec kasra sur la lettre bâʾ, désigne le fruit du sidr ; l’unité se dit nabqah. L’on dit aussi : nabq, avec fatha sur la nûn et consonne muette