Abû Isḥâq al-Hamdânî et Abû Wâʾil Shaqîq ibn Salamah ont dit au sujet de l’énoncé :
« fa-kâna qâba qawsayni »
c’est-à-dire : « la mesure de deux coudées ». L’arc, assimilé à la coudée, sert d’étalon pour toute chose ; tel est l’usage linguistique de certains Ḥigâziens. D’aucuns ont ajouté que c’est aussi la langue des Azd Shanûʾah.
Al-Kisâʾî dit : Dans la parole divine :
« fa-kâna qâba qawsayni aw adnâ »,
il faut entendre « un seul arc », à l’instar du vers du poète :
Deux déserts sans bornes, franchis en diligence,
Je les ai coupés d’un seul axe, non d’une double distance. ¹
— le poète voulait parler d’un seul désert.
L’arc (al-qaws) se traite au masculin comme au féminin ; celui qui le féminise emploie au diminutif quwaysah, tandis que celui qui le masculinise dit quways. On dit dans le proverbe : « Il est, parmi les meilleurs, tel un petit arc pour une flèche. » Ses pluriels sont : qisî, qusî, aqwâs et qiyâs.
Abû ʿUbaydah a aussi cité ce vers :
« Les guerriers ont bandé les arcs bien ajustés. » ²
Le terme qaws désigne encore le reste de la peau du léopard dans l’étui, c’est-à-dire le contenant ; il désigne également une constellation céleste. Quant à quws, avec ḍamma, c’est la cellule du moine ; ainsi le poète, évoquant une femme, a dit :
« Elle ne m’aurait pas consulté, ni l’homme aux deux sandales, dans la cellule. » ³
La parole du Très-Haut :
« fa-awḥâ ilâ ʿabdihî mâ awḥâ »
exalte la grandeur de la révélation qui lui fut adressée. Le terme waḥy, rappelé plus haut, signifie « transmission rapide d’un message » ; de là est issu le mot waḥāʾ : « hâte-toi ! hâte-toi ! » ⁴. Le sens est donc : « Allah, Très-Haut, révéla à Son serviteur Muḥammad — qu’Allah prie sur lui et le salue — ce qu’Il voulut lui révéler. »
On a également dit : le sens est :
« fa-awḥâ ilâ ʿabdihî » — c’est-à-dire à Gabriel, paix sur lui — « mâ awḥâ ». ⁵
D’autres ont soutenu : « Gabriel révéla au serviteur d’Allah, Muḥammad — qu’Allah prie sur lui et le salue — ce que son Seigneur lui avait révélé. » Telle est l’opinion d’ar-Rabîʿ, al-Ḥasan, Ibn Zayd et Qatâdah. Qatâdah ajouta : « Allah inspira Gabriel, et Gabriel inspira Muḥammad. »
On se demanda ensuite : cette révélation est-elle demeurée indéterminée, de sorte que nous n’y ayons pas accès, tout en étant astreints à y croire ?
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¹ Traduction rimée du vers arabe évoqué.
² Vers cité par Abû ʿUbaydah.
³ Extrait poétique mentionnant la cellule du moine.
⁴ Forme impérative tirée de la même racine que waḥy.
⁵ Lecture faisant de « Son serviteur » une allusion à Gabriel, paix sur lui.