c’est-à-dire une distance équivalente à l’épaisseur d’un doigt – ou même moindre –, selon votre manière d’évaluer, ainsi que dans Sa parole :
« ou qu’ils ajoutent »(1).
Dans le Ṣiḥāḥ, on lit : on dit « qābu qawsin, qību qawsin, qādu qawsin, qīdu qawsin », c’est-à-dire : la mesure d’un arc. Zayd ibn ʿAlī a récité « qādu », puis « qīda » et « qadra » ; az-Zamakhsharī l’a mentionné. Le qāb est l’espace compris entre la poignée et l’extrémité (as-siyyah) de l’arc ; chaque arc comporte deux qābs.
Certains ont dit, au sujet de la parole du Très-Haut :
« qāba qawsayn »
qu’il faut entendre : « les deux qābs d’un seul arc », l’ordre des mots ayant été inversé.
Dans le hadith :
« La place qu’occupe un qāb de l’arc de l’un de vous au Paradis, et l’emplacement de son fouet, valent mieux que le bas-monde et tout ce qu’il contient »;
le qidd est le fouet.
Dans le Ṣaḥīḥ, d’après Abū Hurayra, le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – a dit :
« Le qāb de l’arc de l’un de vous au Paradis vaut mieux que le monde et tout ce qu’il renferme. »
L’exemple de l’arc a été choisi parce que la mesure du qāb n’y varie jamais. Allah sait mieux.
Le Qāḍī ʿIyāḍ a dit : Sache que toute attribution de rapprochement ou de proximité venant d’Allah ou vers Allah n’est pas un rapprochement spatial ni une proximité de distance. Le rapprochement du Prophète – paix et salut d’Allah sur lui – de son Seigneur signifie : la manifestation de sa haute position, l’ennoblissement de son rang, l’irradiation des lumières de sa connaissance, la contemplation des secrets de l’invisible et de la puissance d’Allah.
Et de la part d’Allah – Exalté soit-Il – envers lui : bienveillance, réconfort, largesse et honneur.
L’énoncé prophétique :
« Notre Seigneur descend au ciel de ce bas-monde »
est, selon l’une des interprétations, une descente de sollicitude, d’agrément et de bienfaisance.
Le Qāḍī poursuit : Quant à Sa parole :
« Il fut à deux portées d’arc, ou plus près encore »,
celui qui fait revenir le pronom à Allah – et non à Gabriel – y voit l’expression de l’extrême proximité, de la délicatesse de la station, de la clarté de la connaissance et du dévoilement de la réalité pour Muḥammad – paix et salut d’Allah sur lui ; c’est aussi l’indication de l’exaucement des requêtes, de la satisfaction des besoins, de la manifestation du soin particulier d’Allah, et de l’exaltation de la station et de la proximité auprès de Lui.
On interprète ce verset comme on interprète la parole prophétique :
« Celui qui s’approche de Moi d’un empan, Je M’approche de lui d’une coudée ; celui qui vient à Moi en marchant, Je viens à lui en courant » : une proximité par l’exaucement et l’agrément, une venue par la bienfaisance et la prompte réalisation de l’espérance.
Il a également été dit : « Puis il se rapprocha » – Gabriel de son Seigneur – « et fut à deux portées d’arc, ou plus près encore » ; telle est la parole de Mujāhid. Ce point de vue est appuyé par le hadith : « Le plus proche des anges d’Allah est Gabriel – paix sur lui. »
On a également affirmé que la particule « aw » (ou) a ici la valeur de la conjonction « wa » (et), c’est-à-dire : « à deux portées d’arc et plus près encore ». D’autres y voient la signification de « bal » (mais plutôt), c’est-à-dire : « mais plutôt plus près encore ».
Saʿīd ibn al-Musayyib a dit : le qāb est la partie antérieure de l’arc arabe, là où l’on fixe la courroie que l’archer porte sur l’épaule ; chaque arc ne possède qu’un seul qāb. Il est ainsi indiqué que Gabriel se rapprocha de Muḥammad – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – d’une proximité équivalente à celle d’un qāb de deux arcs. Saʿīd ibn Jubayr et ʿAṭāʾ