que l’une d’elles vienne à disparaître, ce sera la fin du monde ; mais si aucune ne disparaît, c’est qu’un événement d’une ampleur considérable surviendra sur terre. Ils gardèrent donc cela à l’esprit, et lorsque le Messager d’Allah ﷺ fut suscité, il s’avéra que cet événement prodigieux était bien celui qu’ils redoutaient.
Allah – Très-haut – fit alors descendre :
« Par l’étoile quand elle décline. »
C’est-à-dire : cette étoile qui décline fait allusion à cette Prophétie nouvellement advenue.
On a aussi dit : l’« étoile » désigne ici la plante qui n’a pas de tige, et « quand elle décline » signifie : lorsqu’elle se couche, c’est-à-dire qu’elle tombe à terre.
Jaʿfar ibn Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn – qu’Allah les agrée – a dit :
« Par l’étoile » désigne Muḥammad ﷺ ;
« quand elle décline » : lorsqu’il redescendit du ciel la nuit de l’Ascension.
ʿUrwa ibn az-Zubayr – qu’Allah les agrée – rapporte qu’ʿUtba ibn Abî Lahab, qui avait pour épouse une fille du Messager d’Allah ﷺ, se prépara à partir pour la Syrie et déclara :
« J’irai trouver Muḥammad pour lui nuire. »
Il se rendit donc auprès de lui et dit :
« Ô Muḥammad, je mécrois en “Par l’étoile quand elle décline” et en Celui “qui s’approcha puis descendit”. »
Puis il cracha au visage du Messager d’Allah ﷺ, lui restitua sa fille et la répudia.
Le Messager d’Allah ﷺ invoqua alors :
« Ô Allah, lâche contre lui l’un de Tes chiens ! »
Abû Ṭâlib, présent, en demeura pétrifié et dit : « Mon neveu, tu aurais pu te dispenser d’une telle invocation. » ʿUtba retourna auprès de son père et l’en informa, puis ils prirent la route de la Syrie et firent halte en un lieu.
Un moine, depuis son monastère, leur cria : « Cette contrée est terre de fauves ! »
Abû Lahab dit alors à ses compagnons : « Ô gens de Quraych, protégez-nous cette nuit, je crains pour mon fils l’invocation de Muḥammad. » Ils rassemblèrent leurs chameaux, les firent agenouiller autour d’eux et entourèrent ʿUtba. Un lion vint cependant flairer leurs visages, puis il se jeta sur ʿUtba et le tua.
Hassân a alors composé :
Qui rentrera cette année vers les siens, dis-moi ?
La proie du lion, certes, ne rentrera pas, ma foi. (1)
Le sens premier de an-najm est « apparition ». On dit : « la dent est apparue » (najama as-sinn), ou : « Untel a surgi dans tel pays », c’est-à-dire qu’il s’est soulevé contre l’autorité.
Quant au mot hawiyy, il signifie la descente et la chute ; on dit : hawā yahwî hawiyyan, comme on dit maḍā yamḍî muḍiyyan.
Ainsi dit Zuhayr :
Il fendit d’un coup net le troupeau vacillant,
Tel le seau qui dévale quand la corde l’abandonne en plongeant. (2)
(1) Ākilu as-sabʿ (« la proie du fauve ») fait allusion au sort d’ʿUtba.
(2) Vers de Zuhayr ibn Abî Sulmâ illustrant l’emploi du verbe hawā (« tomber »).