[Sourate at-Tûr (52), versets 44-46]
Et même s’ils voyaient un fragment du ciel tomber, ils diraient : « C’est une nuée entassée ». Laisse-les donc jusqu’à ce qu’ils rencontrent leur jour où ils seront foudroyés – jour où leur ruse ne leur servira de rien et où ils ne seront point secourus.
Parole du Très-Haut :
« Et même s’ils voyaient un fragment du ciel tomber » – Il répond ainsi à leur parole : « Fais donc tomber sur nous des fragments du ciel »[1], ainsi qu’à leur défi : « Ou bien fais tomber le ciel, comme tu le prétends, en morceaux sur nous »[2]. Il leur fait savoir que, quand bien même Il exaucerait leur requête, ils diraient : « C’est une nuée stratifiée », c’est-à-dire un amas de nuages superposés tombé sur nous, et non pas le ciel. Tel est l’agissement de l’obstiné ou de celui que le suivisme a totalement dominé ; or, parmi les polythéistes existaient ces deux catégories.
Le terme « kisaf » est le pluriel de « kisfah », qui signifie « fragment » ; l’on dit : « Donne-moi un fragment de ton vêtement ». On emploie aussi « kisf » comme pluriel. On dit encore que « kisf » et « kisfah » sont identiques. Al-Akhfash a déclaré : celui qui lit « kisfan » en le considérant comme singulier l’entend comme une seule pièce, tandis que celui qui le lit de la même manière mais l’entend comme pluriel le prend pour un collectif. Cette question a déjà été traitée dans le commentaire de « Subḥân »[3] et ailleurs ; louange à Allah.
Parole du Très-Haut :
« Laisse-les » – cet ordre est abrogé par le Verset du Sabre.
« Jusqu’à ce qu’ils rencontrent leur jour où ils seront foudroyés » : la majorité lit le verbe avec fatḥa sur le yāʾ ; Ibn ʿĀmir et ʿĀṣim le lisent avec ḍamma. Al-Farrāʾ dit : ce sont deux dialectes, ṣaʿiqa et suʿiqa, comme saʿida et suʿida.
Qatādah a dit : il s’agit du jour où ils meurent.
D’autres ont dit : le jour de Badr.
D’autres encore : le jour du premier Souffle[4].
D’autres enfin : le Jour de la Résurrection, où un châtiment les frappera au point de leur ôter la raison.
Il a également été dit que la lecture « yuṣʿaqūn » avec ḍamma sur le yāʾ provient de la forme causative : « Allah les fera foudroyer ».
Parole du Très-Haut :
« Jour où leur ruse ne leur servira de rien » – à savoir le complot qu’ils tramèrent contre le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – en ce bas-monde.
« Et ils ne seront pas secourus » par Allah. Le mot « jour » est ici à l’accusatif, en apposition à « leur jour où ils seront foudroyés ».
[Sourate at-Tûr (52), versets 47-49]
Et certes, pour ceux qui ont été injustes, il est un châtiment en-deçà de celui-là ; mais la plupart d’entre eux ne le savent pas. Endure donc le jugement de ton Seigneur, car, assurément, tu es sous Nos Yeux ; et proclame la gloire de ton Seigneur en Sa louange lorsque tu te lèves, et glorifie-Le encore durant une partie de la nuit, ainsi qu’au déclin des étoiles.
[1] S. 26, v. 187.
[2] S. 17, v. 92.
[3] Voir le commentaire de S. 17 « Subḥan ».
[4] Premier souffle dans la Trompe.