Tout est disposé pour rassembler des trésors de natures diverses, et les déterminations du Seigneur sont pareilles à des coffres renfermant toutes les espèces ; elles sont sans fin.
﴾ Ou bien sont-ils les musayṭirûn ? ﴿
Ibn ʿAbbâs a dit : ce sont les dominateurs, les tyrans investis de pouvoir.
Il a dit aussi : les fauteurs de mensonge ; telle est également l’opinion de Ḍaḥḥâk.
On rapporte encore de lui : « ou bien sont-ils ceux qui détiennent l’autorité ? »
ʿAṭâʾ : « Ou seraient-ils des divinités souveraines et contraignantes ? »
Il expliqua : on dit tasayṭarta ʿalayya, c’est-à-dire : « tu m’as réduit à ton service. » Abū ʿUbaydah l’a confirmé.
Dans le Ṣiḥâḥ, on lit : al-musayṭir, al-muṣayṭir — celui à qui l’on confère pouvoir sur une chose pour qu’il la domine, en surveille l’état et en consigne les actes. Le mot vient de la racine satr (ligne), car l’écriture se trace en lignes ; celui qui agit ainsi est nommé musattir ou musayṭir. On dit : sayṭarta ʿalaynâ — « tu as exercé ton emprise sur nous. »
Ibn Baḥr déclare : ﴾ Ou bien sont-ils les musayṭirûn ? ﴿, c’est-à-dire les gardiens-scribes, le terme étant tiré de tasṭîr al-kitâb — la consignation du livre qui préserve ce qu’il contient ; ainsi, ici, le musayṭir est celui qui garde ce qu’Allah a inscrit dans la Table Gardée.
Trois variantes de lecture existent : avec ṣād — lecture la plus répandue ; avec sîn — lecture d’Ibn Muḥayṣin, Ḥumayd, Mujâhid, Qunbul, Hishâm et Abū Ḥaywah ; avec ishmâm de la ṣād vers le zāy — lecture de Ḥamzah, comme il a été expliqué pour (ṣirâṭ).
Parole du Très-Haut :
﴾ Ont-ils donc une échelle ? ﴿
Autrement dit : prétendent-ils posséder une voie d’ascension vers le ciel, un moyen par lequel
﴾ ils écoutent ﴿
les nouvelles et accèdent, grâce à cette échelle, à la connaissance de l’Invisible, tout comme Muḥammad — paix et bénédictions d’Allah sur lui — y parvient par la Révélation ?
﴾ Que leur auditeur donc apporte une preuve évidente ﴿
qu’il produise donc un argument clair affirmant que leur prétention est vraie.
Le terme sullam désigne l’échelle — singulier de salâlim — sur laquelle on monte ; l’étrier (gharz) reçoit parfois ce nom. Ainsi dit Abū al-Raʾīs ath-Thaʿlabî en décrivant sa chamelle :
Vive de cœur, quand son maître ploie le genou,
Par l’« échelle » de l’étrier il bondit, d’un même genou.
Et Zuhayr a dit :
Qui redoute les voies de la mort l’y rencontrera ;
Quand bien même, par une échelle, vers le ciel il s’élèvera.
Un autre encore a dit :
Tu m’as forgé une faute que je n’avais pas commise,
Pour t’en faire un prétexte, une échelle vers l’oubli promise.