paix et salut sur lui. Le terme « ḥadîth » – employé ici pour désigner le Coran – lui a été attribué, car c’est lui qui en a été chargé. Quant au pronom – selon la récitation de la majorité – il se rapporte au Coran.
[Sourate at-Tûr (52)
– versets 35 à 43]
35. Ont-ils donc été créés à partir de rien, ou sont-ils eux-mêmes les créateurs ?
36. Ont-ils créé les cieux et la terre ? Mais non ; ils ne possèdent aucune certitude.
37. Détiennent-ils les trésors de ton Seigneur, ou sont-ils les dominateurs suprêmes ?
38. Ont-ils une échelle grâce à laquelle ils écoutent ? Que leur auditeur donc apporte une preuve évidente.
39. Lui attribuerait-on des filles, tandis que pour vous seraient les fils ?
40. Leur réclames-tu un salaire, si bien qu’écrasés par une lourde charge ils s’en trouvent grevés ?
41. Possèdent-ils la science de l’Invisible, qu’ils consigneraient par écrit ?
42. Ou bien trament-ils un complot ? Eh bien, ceux qui ont mécru seront les victimes du complot.
43. Ont-ils une divinité autre qu’Allah ? Gloire à Allah ! Il est infiniment au-dessus de ce qu’ils associent.
Parole du Très-Haut :
« Ont-ils été créés à partir de rien ? »
La particule « am » n’est ici qu’un lien supplémentaire ; le sens est : « Ont-ils été créés à partir de rien ? ». Ibn ʿAbbâs[1] a dit : « Sans Seigneur pour les créer et les mesurer. »
On a dit aussi : « Sans mère ni père ; ils seraient alors tels un objet inanimé, dénué d’intelligence, et aucune preuve ne se dresserait contre eux auprès d’Allah ; or ils ne sont pas ainsi ! Ne furent-ils pas créés d’une goutte de sperme, d’un caillot, puis d’un embryon ? » — propos d’Ibn ʿAṭâʾ.
Ibn Kaysân a dit : « Ont-ils été créés en vain et laissés sans dessein ? — “à partir de rien” signifie : pour aucun but ; la préposition min a ici la valeur de lâm (pour). »
« Ou sont-ils les créateurs ? »
C’est-à-dire : prétendent-ils s’être créés eux-mêmes, de sorte qu’ils n’obéiraient point à l’ordre d’Allah ? Ils ne l’affirment pourtant pas ; or, puisqu’ils reconnaissent qu’il existe un Créateur autre qu’eux, qu’est-ce donc qui les empêche de L’admettre seul digne d’adoration, et de reconnaître qu’Il est capable de ressusciter ?
« Ou ont-ils créé les cieux et la terre ? » — Il n’en est rien ; ils n’ont rien créé du tout. « Bien plutôt, ils ne sont pas convaincus de la vérité. »
« Ou détiennent-ils les trésors de ton Seigneur ? » Autrement dit : ont-ils cela, de sorte qu’ils pourraient se passer d’Allah et se détourner de Son ordre ?
Ibn ʿAbbâs a dit : « Les trésors de ton Seigneur : la pluie et la subsistance. »
D’autres ont dit : « Les clefs de la miséricorde. »
ʿIkrima a dit : « La prophétie. » C’est-à-dire : possèdent-ils entre leurs mains les clefs de ton Seigneur, pour décerner la mission prophétique à qui bon leur semble ? L’exemple des « trésors » est donné parce qu’un trésor est un lieu clos…
[1] Que Dieu lui fasse miséricorde.