Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« En ce qui concerne Muhammad, la mort vous en débarrassera, comme elle a délivré les Banû Untel de leur poète. »

Ad-Ḍaḥḥâk dit : « Il s’agit des Banû ʿAbd ad-Dâr ; ils l’ont qualifié de poète, voulant dire qu’il périrait bientôt comme sont morts les poètes d’autrefois. Son père étant mort jeune, ils pensaient qu’il pourrait mourir, lui aussi, comme son père. »

Al-Akhfash dit : « Dans l’expression : ﴾نَتَرَبَّصُ بِهِ رَيْبَ الْمَنُونِ﴿, il faut sous-entendre la préposition “إِلَى” ; elle a été omise, comme on dit : ﴾قَصَدْتُ زَيْدًا﴿ et ﴾قَصَدْتُ إِلَى زَيْدٍ﴿. »

Ibn ʿAbbâs explique que « al-manûn » désigne la mort.

Abû al-Ghawl aṭ-Ṭuhawî a chanté :
A Ils défendirent Waqabâ, refuge inviolé, par l’acier flamboyant,
A Rassemblant, dans la mort, des destins jusqu’alors errant ;
B Si la fauche avait frappé chacun chez soi, lointain,
B Elle les eût dispersés ; le sabre les réunit sur le même chemin.

Il veut dire : « les destinées mortelles ». Les coups d’épée rassemblent des hommes dispersés ; si la mort les avait atteints chez eux, elle les aurait frappés séparément ; réunis en un lieu unique, la mort les a saisis ensemble.

As-Suddi rapporte d’Abû Mâlik, d’après Ibn ʿAbbâs : dans le Coran, « rayb » signifie « doute », sauf en un seul endroit, dans la sourate aṭ-Tûr : ﴾رَيْبَ الْمَنُونِ﴿, où il désigne les vicissitudes des événements.

Le poète a dit :
A Guette pour elle les caprices du destin, de sa rigueur cruelle ;
A Peut-être qu’un jour on la répudiera, ou que mourra l’époux qui l’appelle ;
B Attends que le verdict du sort se dresse devant son cœur,
B Car divorce ou trépas peuvent encore lever son malheur.

Mujâhid commente : « رَيْبَ الْمَنُونِ » renvoie aux aléas du Temps, et « al-manûn » désigne le Temps lui-même. Abû Dhuʾayb a dit :
A Te plains-tu des assauts de la mort et de ses coups sévères ?
A Le Temps n’apaise jamais celui qui cède au revers.
B Qui se lamente n’éloigne pas l’épreuve qui l’accable ;
B Le Destin reste sourd aux sanglots du misérable.

Al-Aʿshâ déclame :
A Est-ce parce qu’elle vit un homme demi-aveugle, brisé ?
A Qu’ont frappé les revers de la mort, un Temps trompeur et épuisé ?
B Ils l’ont saisi, implacables, sans répit ni faveur,
B Et l’ont égaré, confus, dans leurs tourments trompeurs.

Al-Aṣmaʿî dit : « On appelle “manûn” la nuit et le jour, car tous deux raccourcissent la vie et coupent les termes fixés. »

Il rapporte encore : on nomme le Temps « manûn » parce qu’il enlève la “manna” des êtres vivants, c’est-à-dire leur force ; il en est ainsi de la mort.

Abû ʿUbaydah dit : « On désigne le Temps par “manûn” parce qu’il affaiblit, de leur expression : “ḥablun manîn” (corde fragile) ; “al-manîn” est la poussière ténue. »

Al-Farrâʾ affirme : « “al-manûn” est féminin ; il peut être pris au singulier ou au pluriel. »

Al-Aṣmaʿî ajoute : « “al-manûn” est un nom singulier sans pluriel. »

بِمُحَمَّدٍ الْمَوْتُ يَكْفِيكُمُوهُ كَمَا كَفَى شَاعِرَ بَنِي فُلَانٍ. قَالَ الضَّحَّاكُ: هَؤُلَاءِ بَنُو عَبْدِ الدَّارِ نَسَبُوهُ إِلَى أَنَّهُ شَاعِرٌ، أَيْ يَهْلِكُ عَنْ قَرِيبٍ كَمَا هَلَكَ مَنْ قَبْلُ مِنَ الشُّعَرَاءِ، وَأَنَّ أَبَاهُ مَاتَ شَابًّا فَرُبَّمَا يَمُوتُ كَمَا مَاتَ أَبُوهُ. وَقَالَ الْأَخْفَشُ: نَتَرَبَّصُ بِهِ إِلَى رَيْبِ الْمَنُونِ فَحُذِفَ حَرْفُ الْجَرِّ، كَمَا تَقُولُ: قَصَدْتُ زَيْدًا وَقَصَدْتُ إِلَى زَيْدٍ. وَالْمَنُونُ: الْمَوْتُ فِي قَوْلِ ابْنِ عَبَّاسٍ. قَالَ أَبُو الْغَوْلِ الطُّهَوِيُّ: هُمُ مَنَعُوا حِمَى الْوَقَبَى بِضَرْبٍ ... يُؤَلِّفُ بَيْنَ أَشْتَاتِ الْمَنُونِ «١» أَيِ الْمَنَايَا، يَقُولُ: إِنَّ الضَّرْبَ يَجْمَعُ بَيْنَ قَوْمٍ مُتَفَرِّقِي الْأَمْكِنَةِ لَوْ أتتهم مناياهم في أماكنهم لا تتهم مُتَفَرِّقَةً، فَاجْتَمَعُوا فِي مَوْضِعٍ وَاحِدٍ فَأَتَتْهُمُ الْمَنَايَا مُجْتَمِعَةً. وَقَالَ السُّدِّيُّ عَنْ أَبِي مَالِكٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: (رَيْبَ) فِي الْقُرْآنِ شَكٌّ إِلَّا مَكَانًا وَاحِدًا فِي الطُّورِ (رَيْبَ الْمَنُونِ) يَعْنِي حَوَادِثَ الْأُمُورِ، وَقَالَ الشَّاعِرُ «٢» : تَرَبَّصْ بِهَا رَيْبَ الْمَنُونِ لَعَلَّهَا ... تُطَلَّقُ يَوْمًا أَوْ يَمُوتُ حَلِيلُهَا وَقَالَ مُجَاهِدٌ: (رَيْبَ الْمَنُونِ) حَوَادِثُ الدَّهْرِ، وَالْمَنُونُ هُوَ الدَّهْرُ، قَالَ أَبُو ذُؤَيْبٍ: أَمِنَ الْمَنُونِ وَرَيْبِهِ تَتَوَجَّعُ ... وَالدَّهْرُ لَيْسَ بِمُعْتِبٍ مَنْ يَجْزَعُ وقال الأعشى: أأن رأت رجلا أعشى أضربه ... رَيْبُ الْمَنُونِ وَدَهْرٌ مُتْبِلٌ خَبِلُ «٣» قَالَ الْأَصْمَعِيُّ: المنون والليل وَالنَّهَارُ، وَسُمِّيَا بِذَلِكَ لِأَنَّهُمَا يُنْقِصَانِ الْأَعْمَارَ وَيَقْطَعَانِ الْآجَالَ. وَعَنْهُ: أَنَّهُ قِيلَ لِلدَّهْرِ مَنُونٌ، لِأَنَّهُ يَذْهَبُ بِمُنَّةِ الْحَيَوَانِ أَيْ قُوَّتِهِ وَكَذَلِكَ الْمَنِيَّةُ. أَبُو عُبَيْدَةَ: قِيلَ لِلدَّهْرِ مَنُونٌ، لِأَنَّهُ مُضْعِفٌ، مِنْ قَوْلِهِمْ حَبْلٌ مَنِينٌ أَيْ ضَعِيفٌ، وَالْمَنِينُ الْغُبَارُ الضَّعِيفُ. قَالَ الْفَرَّاءُ: وَالْمَنُونُ مُؤَنَّثَةٌ وَتَكُونُ وَاحِدًا وَجَمْعًا. الْأَصْمَعِيُّ: الْمَنُونُ وَاحِدٌ لَا جَمَاعَةَ له.
(١). هو من بنى نهشل واسمه علباء بن جوشن. والوقبى. كجمزى ماء لنبي مالك بن مازن مشهور بوقائع عديدة وهو على طريق المدينة من البصرة. (٢). الذي في نسخ الأصل: قال ابن عباس وليس بشيء، وفى سائر كتب التفسير قال الشاعر كما أثبتناه. (٣). يروى: ودهر مفند. وهى الرواية المشهورة. متبل مسقم أو يذهب بالأهل والولد. وخبل ككتف ملتو على أهله لا يرون فيه سررا.

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