Sourate at-Tûr (52), versets 29 à 34
« Rappelle donc ; par la grâce de ton Seigneur tu n’es ni devin ni possédé » (29)
« Ou bien disent-ils : “C’est un poète ; nous attendons de lui les revers du destin.” » (30)
« Dis : “Attendez donc ; je suis, moi aussi, parmi ceux qui attendent.” » (31)
« Leur raison leur commande-t-elle cela ou sont-ils un peuple outrancier ? » (32)
« Ou disent-ils : “Il l’a forgé.” Non ! ils ne croient pas. » (33)
« Qu’ils produisent donc un discours semblable à celui-ci s’ils sont véridiques. » (34)
Sa parole, exaltée soit-Elle :
« Rappelle donc » : rappelle, ô Muhammad, ton peuple au moyen du Coran.
« Par la grâce de ton Seigneur » — c’est-à-dire, du fait de la mission que ton Seigneur t’a accordée — tu n’es « ni devin », inventant des propos et annonçant l’avenir sans révélation,
« ni possédé ». Par ces mots, Allah réfute ce qu’ils prétendaient du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. ʿUqbah ibn Abî Muʿayṭ déclara : « Il est possédé » ; Shaybah ibn Rabîʿah : « Il est magicien » ; d’autres encore : « Devin ». Allah, exalté soit-Il, les a démentis et réfutés.
On a dit ensuite que l’expression « Par la grâce de ton Seigneur » tient lieu de serment : « Par la faveur d’Allah, tu n’es ni devin ni possédé. »
D’autres ont estimé qu’il ne s’agit pas d’un serment ; c’est comme si l’on disait : « Par la louange d’Allah, tu n’es pas ignorant », c’est-à-dire : Allah t’a innocenté de ces accusations.
Sa parole, exaltée soit-Elle :
« Ou bien disent-ils : un poète ? » — autrement dit, ils prétendent que Muhammad est poète.
Sîbawayh indique que les serviteurs ont été interpellés dans le Livre selon les tournures courantes de leur propre langage.
Abû Jaʿfar an-Naḥḥâs dit : « Ces propos sont louables, mais l’explication n’est ni explicite ni détaillée. Il veut dire que la particule am, dans la langue des Arabes, sert à passer d’un propos à un autre, comme dans ces vers [1] :
Quitteras-tu la belle, ou viendras-tu la chérir ? (A)
Ou le lien qui vous unissait vient-il de se déchérir ? (A)
Ainsi, chaque occurrence de cette particule dans le Livre d’Allah Très-Haut exprime l’affirmation, la remontrance et le passage d’un sujet à un autre ; les grammairiens la rapprochent de bal.
« Nous attendons de lui les vicissitudes de la mort » : Qatâdah rapporte qu’un groupe de mécréants dit : « Attendez… »