Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et dans le « Ṣiḥāḥ » il est rapporté : « walātahu ʿan wajhihi – yalūtu-hu et yalītu-hu – signifie qu’il l’a détourné de sa face et l’a écarté ; de même “ālātahu ʿan wajhihi” : les formes “faʿala” et “afʿala” ont le même sens. »
On dit encore : « mā ālātahu min ʿamalihi shayʾan », c’est-à-dire : « Il ne lui a rien retranché », expression équivalente à « ālatahu » ; cela a déjà été mentionné à propos de la sourate « al-Ḥujurāt » « 1 ».

« Tout homme est l’otage de ce qu’il a acquis » : on a dit que cette parole vise les gens du Feu. Ibn ʿAbbâs a déclaré : « Les habitants de la Géhenne sont détenus en gage par leurs œuvres, tandis que les gens du Paradis ont rejoint leur félicité. » C’est à ce propos qu’Allah – Très-Haut – a dit :
« Toute âme est tenue en gage pour ce qu’elle a acquis, sauf les gens de la droite » « 2 ».

D’autres estiment que l’énoncé est général : tout être humain est hypothéqué par ses œuvres ; ainsi, nul ne verra sa récompense diminuée. Quant à l’accroissement au-delà du salaire mérité, il s’agit d’une faveur d’Allah. On peut également comprendre que cela concerne la descendance qui n’a pas cru : elle ne rejoindra pas ses pères croyants, mais restera prisonnière de sa mécréance.

Parole d’Allah – Exalté soit-Il : « Nous les avons pourvus de fruits et de viandes de ce qu’ils désirent » : c’est-à-dire que Nous avons multiplié pour eux ces délices comme surcroît émanant d’Allah ; Il les en a pourvus en plus de ce qu’ils possédaient déjà.

Parole d’Allah – Exalté soit-Il : « Ils se passeront entre eux une coupe » : c’est-à-dire qu’ils se la transmettront les uns aux autres ; il s’agit du croyant, de ses épouses et de ses serviteurs au Paradis.

La « kass » est le récipient de vin ; de manière générale, tout vase plein d’une boisson – ou d’autre chose – reçoit ce nom, mais, vide, on ne l’appelle plus « kass ».

Le témoignage linguistique pour « tanāzuʿ » et « kass » se trouve dans ces vers d’al-Akhtal :
A – « Un compagnon de boisson, la coupe à la main, me tint compagnie, –
A Ni hanap ni carafe n’entravaient notre frénésie. –
B Nous disputions le nectar suave qui grise les esprits, –
B Quand le coq chanta l’aube et sonna l’heure du parti. » « 3 »

Et dans le vers d’Imru’ al-Qays :
A – « Lorsque, après maint propos, elle se fit conciliante, –
A Je pliai un rameau chargé d’épis inclinants. »

Tout cela a déjà été évoqué au commentaire de la sourate « al-Ṣaffāt » « 4 ».

« Il n’y aura là ni vain propos » : c’est-à-dire dans cette coupe ; aucune parole oiseuse ne circulera entre eux.

وَفِي الصِّحَاحِ: وَلَاتَهُ عَنْ وَجْهِهِ يَلُوتُهُ وَيَلِيتُهُ أَيْ حَبَسَهُ عَنْ وَجْهِهِ وَصَرَفَهُ، وَكَذَلِكَ أَلَاتَهُ عَنْ وَجْهِهِ فَعَلَ وَأَفْعَلَ بِمَعْنًى، وَيُقَالُ أَيْضًا: مَا أَلَاتَهُ مِنْ عَمَلِهِ شَيْئًا أَيْ مَا نَقَصَهُ مِثْلُ أَلَتَهُ وَقَدْ مَضَى بِ (الْحُجُرَاتِ) «١» . (كُلُّ امْرِئٍ بِما كَسَبَ رَهِينٌ) قِيلَ: يَرْجِعُ إِلَى أَهْلِ النَّارِ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: ارْتَهَنَ أَهْلُ جَهَنَّمَ بِأَعْمَالِهِمْ وَصَارَ أَهْلُ الْجَنَّةِ إِلَى نَعِيمِهِمْ، وَلِهَذَا قَالَ: (كُلُّ نَفْسٍ بِما كَسَبَتْ رَهِينَةٌ. إِلَّا أَصْحابَ الْيَمِينِ) «٢» . وَقِيلَ: هُوَ عَامٌّ لِكُلِّ إِنْسَانٍ مُرْتَهَنٍ بِعَمَلِهِ فَلَا يُنْقَصُ أَحَدٌ مِنْ ثَوَابِ عَمَلِهِ، فَأَمَّا الزِّيَادَةُ عَلَى ثَوَابِ الْعَمَلِ فَهِيَ تَفَضُّلٌ مِنَ اللَّهِ. وَيَحْتَمِلُ أَنْ يَكُونَ هَذَا فِي الذُّرِّيَّةِ الَّذِينَ لَمْ يُؤْمِنُوا فَلَا يَلْحَقُونَ آبَاءَهُمُ الْمُؤْمِنِينَ بَلْ يَكُونُونَ مُرْتَهَنِينَ بِكُفْرِهِمْ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَأَمْدَدْناهُمْ بِفاكِهَةٍ وَلَحْمٍ مِمَّا يَشْتَهُونَ) أَيْ أَكْثَرْنَا لَهُمْ مِنْ ذَلِكَ زِيَادَةً مِنَ اللَّهِ، أَمَدَّهُمْ بِهَا غَيْرَ الَّذِي كَانَ لَهُمْ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (يَتَنازَعُونَ فِيها كَأْساً) أَيْ يَتَنَاوَلُهَا بَعْضُهُمْ مِنْ بَعْضٍ وَهُوَ الْمُؤْمِنُ وَزَوْجَاتُهُ وَخَدَمُهُ فِي الْجَنَّةِ. وَالْكَأْسُ: إِنَاءُ الْخَمْرِ وَكُلُّ إِنَاءٍ مَمْلُوءٍ مِنْ شَرَابٍ وَغَيْرِهِ، فَإِذَا فَرَغَ لَمْ يُسَمَّ كَأْسًا. وَشَاهِدُ التَّنَازُعِ وَالْكَأْسُ فِي اللُّغَةِ قَوْلُ الْأَخْطَلُ: وَشَارِبٍ مُرْبِحٍ بِالْكَأْسِ نَادَمَنِي ... لَا بِالْحَصُورِ وَلَا فِيهَا بِسَوَّارِ «٣» نَازَعْتُهُ طَيِّبَ الرَّاحِ الشَّمُولِ وَقَدْ ... صَاحَ الدَّجَاجُ وَحَانَتْ وَقْعَةُ السَّارِي وَقَالَ امْرُؤُ الْقَيْسِ: فَلَمَّا تَنَازَعْنَا الْحَدِيثَ وَأَسْمَحَتْ ... هَصَرْتُ بِغُصْنٍ ذِي شَمَارِيخَ مَيَّالِ وَقَدْ مَضَى هَذَا فِي (وَالصَّافَّاتِ) «٤» . (لَا لَغْوٌ فِيها) أَيْ فِي الْكَأْسِ أَيْ لَا يَجْرِي بَيْنَهُمْ لغو
(١). راجع ج ١٦ ص (٣٤٨) (٢). راجع ج ١٩ ص (٨٥) (٣). مربح: ينحر لضيفانه الربح وهى الفصلان، ويروى: مرتج وهو الذي كأسه ملأى بالخمر فيسكر ولا يتغير عن أخلاقه الحميدة. والحصور الضيق البخيل مثل الحصير. والسوار هو المعربد الوثاب، ويروى بسأآر وهو الذي إذا شرب ترك بقية في قعر الإناء. والدجاج هنا المراد به الديكة يريد وقت السحر، يقال هذا دجاج فيريدون الديوك. وهذه دجاج فيريدون الأنثى. ووقعة الساري- ويروى وقفة الساري- من وقعت الإبل إذا بركت. والساري هو السائر بالليل. وفى نسخ الأصل كلها: في الكأس نازعني. والتصحيح كما أثبتناه في صدر الكتاب من ديوان الأخطل طبع اليسوعيين. (٤). راجع ج ١٥ ص ٧٧ ... ففيها الكلام على الكأس.

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