La parole d’Allah — Très-Haut :
« le Jour où le ciel sera agité d’une agitation »
Le mot « Jour » dépend grammaticalement de Sa parole : « [il] surviendra inéluctablement » ; autrement dit, le châtiment s’abattra sur eux le Jour de la Résurrection, ce même jour où le ciel sera en tumulte.
Les maîtres de la langue disent : « mâra al-shay’u yamûru mauran » signifie : il se mit en mouvement, allant et venant comme le palmier élancé qui se balance ; « at-tamawwuru » possède la même acception.
Al-Ḍaḥḥâk : « Une partie du ciel s’entre-heurtant à une autre, tel le ressac. »
Mujâhid : « Il tournera en cercles. »
Abû ʿUbayda et al-Akhfash : « Il se renversera », et l’on cite ces vers de l’Acâ :
« On eût dit que sa démarche, sortant de chez sa voisine,
Était l’oscillation d’un nuage, ni lente ni précipitée. »
D’aucuns ont dit : « Il s’écoulera ainsi qu’un cours d’eau » ; Jarîr dit :
« Le sang des victimes n’a cessé de tourbillonner dans le Tigre,
Jusqu’à ce que l’eau même du Tigre en devînt trouble. »
Ibn ʿAbbâs : « Ce jour-là, le ciel, avec tout ce qu’il renferme, se mettra à bouillonner et à se secouer. »
D’autres ont avancé : « Ses habitants y tourneront, des vagues s’entre-choquant les unes aux autres. »
Al-mawr signifie aussi « la route » ; ainsi Ṭarafa a dit :
« … par-dessus une voie soigneusement battue. »
Al-mawr désigne encore « la vague ». On dit d’une chamelle « mawwâratu l-yad » : rapide à la course. Quant au chameau, « il yamûru ses épaules » lorsqu’elles oscillent le long de ses flancs ; le poète a dit :
« Sur le dos d’un vigoureux destrier aux flancs agiles et mouvants. »
« Al-milât » signifie le flanc.
On dit également : « Je ne sais s’il a “ghâr” ou “mâr” », c’est-à-dire : est-il descendu dans un ravin ou bien a-t-il tourné bride pour regagner la haute plaine ? « Al-mûr », avec la ḍamma, désigne la poussière soulevée par le vent.
Il fut encore affirmé que « le ciel » renvoie ici à la sphère céleste elle-même, et que son « mouvement » consiste en la dislocation de son ordre et la rupture de son orbite ; tel est l’avis d’Ibn Baḥr.
« et les montagnes s’ébranleront d’un ébranlement »
Maqâtil dit : « Elles quitteront leurs emplacements jusqu’à devenir de niveau avec la terre. »
D’autres ont déclaré : « Elles avanceront comme avance aujourd’hui le nuage dans ce monde », ainsi qu’Il a dit : « Tu vois les montagnes — tu les crois figées — alors qu’elles passent comme passe le nuage. »
Ce point a déjà été exposé dans la sourate « al-Kahf ».
« Malheur donc, ce jour-là, à ceux qui renient !»