Elle (la Maison) se trouvait sur terre, à l’emplacement même de la Kaʿba, à l’époque d’Âdam – sur lui la paix. Puis, au temps de Nûḥ – sur lui la paix –, il ordonna à son peuple d’accomplir le ḥajj, mais ils refusèrent et lui désobéirent. Lorsque l’eau déborda, la Maison fut élevée et placée exactement à sa verticale, dans le ciel le plus proche. Chaque jour, soixante-dix mille anges la fréquentent ; lorsqu’ils en sortent, ils n’y retournent plus avant que ne soit soufflé dans la Trompe.
Il dit encore : Allah – Exalté soit-Il – assigna ensuite à Ibrâhîm l’emplacement de la Maison là où elle se trouvait auparavant, selon la parole du Très-Haut :
« Et lorsque Nous indiquâmes à Ibrâhîm l’emplacement de la Maison : “Ne M’associe rien ; purifie Ma Maison pour ceux qui tournent autour d’elle, pour ceux qui s’y tiennent debout, pour ceux qui s’inclinent et se prosternent” » «1»
et : « et le toit élevé » – c’est-à-dire le ciel, que le Texte qualifie de « toit » parce qu’il est, pour la terre, ce qu’est le toit pour la demeure, comme l’explique la parole :
« Et Nous avons fait du ciel un toit protégé » «2».
Ibn ʿAbbâs a dit : « Il s’agit du Trône, qui est le toit du Paradis. »
« Et par la mer masjûr ». Mujâhid a dit : « c’est-à-dire embrasée ». Il est en effet rapporté dans la Tradition :
« Certes, la mer sera embrasée le Jour de la Résurrection et deviendra feu. »
Qatâdah a dit : « pleine ».
Les grammairiens citent, à l’appui, ces vers du poète al-Namir ibn Tawlab :
S’il le veut, il atteint la source comblée,
Autour d’elle, nénuphars et sésame assemblés. «3»
Il veut décrire un bouquetin contemplant une source masjûr – c’est-à-dire remplie. Il est donc possible que le terme signifie « pleine de feu », rejoignant ainsi la première explication. C’est aussi l’avis d’al-Ḍaḥḥāk, Shamir ibn ʿAṭiyyah, Muḥammad ibn Kaʿb et de l’Akhfash : la mer y est comparée à un four ardent.
De là vient l’expression « misjar » pour désigner le foyer du brasier. La preuve de cette interprétation est la parole du Très-Haut :
« Et lorsque les mers seront embrasées » «4» – c’est-à-dire allumées, comme dans l’expression : « J’ai allumé le four, je l’ai rendu brûlant ».
Saʿīd ibn al-Musayyab rapporte qu’ʿAlî – qu’Allah l’agrée – demanda à un juif : « Où se trouve la Géhenne ? » Il répondit : « Dans la mer. » ʿAlî répliqua : « Il me semble que tu dis vrai », puis il récita : « Par la mer masjûr ».
Le verset « Et lorsque les mers seront embrasées » s’y lit ici sous une forme allégée.
ʿAbd Allâh ibn ʿAmr a dit : « On ne fait pas ses ablutions avec l’eau de la mer, car elle constitue la dalle de la Géhenne. »
[Kaʿb a ajouté : « Demain, la mer sera embrasée et viendra grossir le feu de la Géhenne » ; telle est son opinion.]
Ibn ʿAbbâs a dit : « masjûr désigne la mer dont l’eau s’est retirée » ; tel est aussi l’avis d’Abû l-ʿÂliyah.
ʿAṭiyyah et le poète Dhû r-Rummah rapportent qu’Ibn ʿAbbâs déclara : « Une servante était sortie puiser de l’eau ; elle dit : ‘Le bassin est masjûr’, c’est-à-dire vide. » Ibn Abî Dâwûd précisa : « C’est l’unique ḥadîth transmis par Dhû r-Rummah. »
D’autres ont dit : masjûr signifie « fendu », et l’indice en est la parole divine :
« Et lorsque les mers seront crevées » «6» – c’est-à-dire : la terre boira leurs eaux et il n’en restera plus trace.