Je dis :
Madyan se trouve dans la Terre sainte ; c’est le village de Chuʿayb – sur lui la paix.
Et l’on a dit :
Le Ṭūr est toute montagne qui fait pousser (de la végétation). Celle qui ne fait rien pousser n’est pas un ṭūr ; telle est la parole d’Ibn ʿAbbâs. Nous en avons traité de façon détaillée dans la sourate al-Baqarah (1).
Parole du Très-Haut :
« Et par un Livre inscrit ».
C’est-à-dire : écrit. Il s’agit du Coran, que les croyants récitent à partir des maṣâḥif, tandis que les anges le récitent à partir de la Table préservée, comme le Très-Haut dit : « C’est, en vérité, un noble Coran dans un Livre bien gardé » (2).
On a dit aussi : il s’agit de l’ensemble des Livres révélés aux prophètes ; chacun se trouvait sur un parchemin que ses adeptes déployaient pour en faire la lecture.
Al-Kalbî a dit : c’est ce qu’Allah a écrit pour Moïse, de Sa propre Main, de la Torah, alors que Moïse entendait le grincement du calame.
Al-Farrâ’ a dit : ce sont les feuillets des œuvres ; certains recevront leur livre de la main droite, d’autres de la main gauche, semblable à Sa parole : « Nous ferons sortir pour lui, au Jour de la Résurrection, un Livre qu’il trouvera déployé » (3) et à Sa parole : « et lorsque les feuillets seront déroulés » (4).
Il a encore été dit : c’est le Livre qu’Allah – exalté soit-Il – a écrit pour Ses anges dans le ciel ; ils y lisent ce qui a été et ce qui sera.
Et l’on a dit : il s’agit de ce qu’Allah a inscrit dans les cœurs des saints parmi les croyants, comme l’indique : « Ce sont ceux auxquels Il a inscrit la foi dans leurs cœurs » (5).
Je dis :
Cette explication relève de la licence de langage, car l’auteur a employé le terme « cœurs » pour désigner le parchemin.
Al-Mubarrad a dit : le raqq est la peau rendue fine pour qu’on y écrive, et al-manshûr est ce qui est déployé. De même, al-Jawharî dit, dans al-Ṣiḥâḥ : « Le raqq, avec la voyelle fatha, est ce sur quoi l’on écrit ; c’est une peau fine. »
De là la parole du Très-Haut : « sur un parchemin déployé ». Le raqq désigne aussi la grande tortue. Abû ʿUbaydah a dit : son pluriel est ruqûq. Le sens à retenir est celui qu’a exposé al-Farrâ’ – et Allah sait mieux. Tout feuillet est appelé raqq en raison de la finesse de ses bords, comme l’a dit al-Mutalammis :
« Tant l’ancienneté la fait paraître,
qu’on dirait un parchemin dont l’écriture fut inscrite. » (6)
Quant au riqq, avec kasra, il signifie la servitude ; on dit : « un esclave marqûq ».
Al-Mâwardî rapporte d’Ibn ʿAbbâs que le raqq, avec fatha, désigne l’espace compris entre l’Orient et l’Occident.
Parole du Très-Haut :
« Et par la Demeure fréquentée ».
ʿAlî, Ibn ʿAbbâs et d’autres ont dit : c’est une Maison dans le ciel, exactement à l’aplomb de la Kaʿba ; chaque jour, soixante-dix mille anges y entrent, puis en sortent et n’y retournent jamais.