Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La forme correcte est le féminin « al-matīnah » ; il l’a donc employée, car il visait par là une chose solidement ficelée, parfaitement torsadée. On dit : « ḥablun matīn » – une corde robuste.

Al-Farrā’ a cité ces vers :
À chaque époque j’ai porté son vêtement éclatant,
jusqu’à ce que ma tête se drape d’un turban grisonnant ;
de fine rayṭa de soie, d’une yumna bien serrée,
au-dessus de mon chef toutes deux fermement nouées.

Il a mentionné « al-muʿaṣṣab », parce que la « yumna » est une sorte d’étoffe.

De ce même registre relève la parole du Très-Haut :
(1) « Quiconque reçoit un rappel (mawʿiẓah) », c’est-à-dire une exhortation ;
et Sa parole :
(2) « Le Cri saisit ceux qui furent injustes », c’est-à-dire le hurlement, le vacarme.

Le Très-Haut dit encore : « (3) En vérité, pour ceux qui ont été injustes » – à savoir les mécréants de La Mecque – « un dhanūb semblable au dhanūb de leurs devanciers » : c’est-à-dire une part de châtiment identique à celle qui frappa les incroyants des nations passées.

Ibn al-Aʿrabi dit : on dit « yawmun dhanūb » pour un jour long en malheur, qui n’en finit pas. Dans la langue, le sens premier de dhanūb est le grand seau ; ils puisaient l’eau puis la partageaient par parts, si bien que l’on appela dhanūb chacune de ces parts.

Le rājiz a chanté :

Nous avons notre lot et vous le vôtre, assurément ;
et si vous le refusez, le puits sera nôtre pleinement.

ʿAlqama a dit :

Chaque jour tu répands quelque bienfait généreux ;
it est donc juste qu’à Ša’s revienne un lot valeureux.

Un autre poète a dit :

Par ta vie ! les fatalités frappent à tout moment ;
et pour chaque fils d’un père il en est un lot constant.

Al-Jawharī écrit : dhanūb désigne le cheval à longue queue ; dhanūb signifie aussi « part », la chair située au bas du dos, et le seau rempli d’eau.

Ibn al-Sikkīt précise : le terme s’emploie pour un seau presque plein d’eau, au féminin comme au masculin ; on ne l’emploie pas lorsqu’il est vide. Son pluriel, pour un nombre restreint, est adhnibah ; pour un nombre élevé, dhanāʾib, à l’image de qaluṣ / qalāʾiṣ.

« Qu’ils ne Me hâtent donc point » : qu’ils ne réclament pas la venue du châtiment, car ils dirent : « Ô Muḥammad, fais venir ce que tu nous promets, si tu es véridique. » Le jour de Badr survint alors ce qui confirma Sa promesse et hâta contre eux Sa vengeance ; il leur restera, dans l’Au-delà, le châtiment permanent et l’opprobre continu, qui ne connaîtront jamais de fin.

حَقُّهُ الْمَتِينَةُ فَذَكَرَهُ لِأَنَّهُ ذَهَبَ بِهَا إِلَى الشَّيْءِ الْمُبْرَمِ الْمُحْكَمِ الْفَتْلِ، يُقَالُ: حَبْلٌ مَتِينٌ. وَأَنْشَدَ الْفَرَّاءُ: لِكُلِّ دَهْرٍ قَدْ لَبِسْتُ أَثْوُبَا ... حَتَّى اكْتَسَى الرَّأْسُ قِنَاعًا أَشْيَبَا مِنْ رَيْطَةٍ وَالْيُمْنَةِ الْمُعَصَّبَا فَذَكَرَ الْمُعَصَّبَ، لِأَنَّ الْيُمْنَةَ صِنْفٌ مِنَ الثِّيَابِ، وَمِنْ هَذَا الْبَابِ قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَمَنْ جاءَهُ مَوْعِظَةٌ) «١» أي وعظ (وَأَخَذَ الَّذِينَ ظَلَمُوا الصَّيْحَةُ) «٢» أَيِ الصِّيَاحُ وَالصَّوْتُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَإِنَّ لِلَّذِينَ ظَلَمُوا) أَيْ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ مَكَّةَ (ذَنُوباً مِثْلَ ذَنُوبِ أَصْحابِهِمْ) أَيْ نَصِيبًا مِنَ الْعَذَابِ مِثْلَ نَصِيبِ الْكُفَّارِ مِنَ الْأُمَمِ السَّالِفَةِ. وَقَالَ ابْنُ الْأَعْرَابِيِّ: يُقَالُ يَوْمٌ ذَنُوبٌ أَيْ طَوِيلُ الشَّرِّ لَا يَنْقَضِي. وَأَصْلُ الذَّنُوبِ فِي اللُّغَةِ الدَّلْوُ الْعَظِيمَةُ، وَكَانُوا يَسْتَقُونَ الْمَاءَ فَيَقْسِمُونَ ذَلِكَ عَلَى الْأَنْصِبَاءِ فَقِيلَ لِلذَّنُوبِ نَصِيبٌ مِنْ هَذَا، قَالَ الرَّاجِزُ: لَنَا ذَنُوبٌ وَلَكُمْ ذَنُوبٌ ... فَإِنْ أَبَيْتُمْ فَلَنَا الْقَلِيبُ وَقَالَ عَلْقَمَةُ: وَفِي كُلِّ يَوْمٍ قَدْ خَبَطْتَ بِنِعْمَةٍ ... فَحُقَّ لِشَأْسٍ مِنْ نَدَاكَ ذَنُوبُ وَقَالَ آخَرُ «٣» : لَعَمْرُكَ وَالْمَنَايَا طَارِقَاتٌ ... لِكُلِّ بَنِي أَبٍ مِنْهَا ذَنُوبُ الْجَوْهَرِيُّ: وَالذَّنُوبُ الْفَرَسُ الطَّوِيلُ الذَّنَبِ، وَالذَّنُوبُ النَّصِيبُ، وَالذَّنُوبُ لَحْمٌ أَسْفَلَ الْمَتْنِ، وَالذَّنُوبُ الدَّلْوُ الْمَلْأَى مَاءً. وَقَالَ ابْنُ السِّكِّيتِ: فِيهَا مَاءٌ قَرِيبٌ مِنَ الْمِلْءِ يُؤَنَّثُ وَيُذَكَّرُ، وَلَا يُقَالُ لَهَا وَهِيَ فَارِغَةٌ ذَنُوبٌ، وَالْجَمْعُ فِي أَدْنَى الْعَدَدِ أَذْنِبَةٌ وَالْكَثِيرِ ذَنَائِبٌ، مِثْلُ قَلُوصٌ وَقَلَائِصُ. (فَلا يَسْتَعْجِلُونِ) أَيْ فَلَا يَسْتَعْجِلُونِ نُزُولَ الْعَذَابِ بِهِمْ، لِأَنَّهُمْ قَالُوا: يَا مُحَمَّدُ (فَأْتِنا بِما تَعِدُنا إِنْ كُنْتَ مِنَ الصَّادِقِينَ) «٤» فَنَزَلَ بِهِمْ يَوْمَ بَدْرٍ مَا حَقَّقَ بِهِ وَعْدَهُ وَعَجَّلَ بِهِمُ انْتِقَامَهُ، ثُمَّ لَهُمْ فِي الْآخِرَةِ الْعَذَابُ الدَّائِمُ، وَالْخِزْيُ الْقَائِمُ، الَّذِي لَا انْقِطَاعَ لَهُ
(١). راجع ج ٣ ص (٣٥٩) (٢). راجع ج ٩ ص (٦١) (٣). قائله أبو ذؤيب. (٤). راجع ج ٧ ص ٢٣٧ وج ٩ ص ٢٧

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