Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Al-Thaʿlabî :
« Cet avis est excellent, car si Allah ne les avait pas créés, Son existence et Son unicité n’auraient pas été connues.
La preuve de cette interprétation est la parole du Très-Haut :
« Et si tu les interroges : “Qui les a créés ?” ils diront certes : “Allah”. »
et Sa parole :
« Et si tu les interroges : “Qui a créé les cieux et la terre ?” ils diront certes : “Les a créés le Tout-Puissant, l’Omniscient.” »
ainsi que d’autres versets similaires.

D’après Mujâhid également : « … sinon pour que Je leur ordonne et leur interdise. »

Zayd ibn Aslam dit : « Il s’agit de la nature sur laquelle ils ont été modelés, entre malheur et félicité ; Il a créé les bienheureux, parmi les djinns et les hommes, pour l’adoration, et Il a créé les malheureux d’entre eux pour la désobéissance. »

Selon al-Kalbî : « … sinon pour qu’ils proclament Mon unicité ; le croyant la proclame dans l’adversité comme dans l’aisance, tandis que le mécréant ne la proclame que dans la détresse et la difficulté, non dans la faveur ni l’aisance. » Cela est attesté par la parole du Très-Haut :
« Et lorsqu’une vague, telle un ombrage, les recouvre, ils invoquent Allah en Lui vouant sincèrement le culte… » – jusqu’à la fin du verset.

ʿIkrimah a dit : « … rien d’autre que pour qu’ils M’adorent et M’obéissent ; ainsi Je récompense l’adorateur et Je châtie le négateur. »

On a encore dit : « Le sens est : “sinon pour que Je les asservisse” », un sens très proche du précédent. On dit : « Un serviteur, clairement marqué par l’ʿubûdiyyah » ; l’essence même de l’ʿubûdiyyah est l’humilité et l’abaissement. Le taʿbîd signifie le fait d’humilier ; on dit : « une route muʿabbadah » (nivelée). Le poète a dit :
« Sans relâche, sans relâche, sur un sol tassé et aplani. »
Le taʿbîd désigne aussi l’asservissement, c’est-à-dire le fait de faire de quelqu’un un esclave ; il en est de même de l’iʿtibâd.

Quant à l’ʿibâdah, elle signifie l’obéissance, et le taʿabbud la dévotion. Le sens de « pour qu’ils M’adorent » est donc : pour qu’ils s’humilient, se soumettent et M’adorent.

« Je n’attends d’eux aucune subsistance » : la particule « min » est ici pléonastique, c’est-à-dire : « aucune subsistance » ; car c’est Moi le Pourvoyeur et le Donateur.

Ibn ʿAbbâs et Abû l-Jawzâʾ ont dit : « C’est-à-dire : Je ne veux pas qu’ils pourvoient à leurs propres besoins ni qu’ils se nourrissent eux-mêmes. »

Il a été dit aussi : « Je ne veux pas qu’ils pourvoient à Mes serviteurs ni qu’ils les nourrissent. »

« En vérité, c’est Allah qui est Le Pourvoyeur » ; Ibn Muḥayṣin et d’autres ont lu : « ar-Râziq ».

« Le Détenteur de la puissance, l’Irrésistible (al-Matîn) » : c’est-à-dire le Fort, le Très-Puissant. Al-Aʿmash, Yaḥyâ ibn Wathâb et an-Nakhaʿî ont lu « al-Matîn » avec la kasrah, comme adjectif de « al-quwwah » ; les autres l’ont lu avec la ḍammah comme adjectif de « ar-Razzâq » ou de « Dhû » dans « Dhû al-quwwah ». Certains y voient aussi le prédicat d’un sujet sous-entendu, ou un adjectif du nom de « inna » considéré selon sa position, ou encore un deuxième prédicat.

Al-Farrâʾ a dit : « Il était… » (la suite figure dans la page suivante).

الثَّعْلَبِيُّ: وَهَذَا قَوْلٌ حَسَنٌ، لِأَنَّهُ لَوْ لَمْ يَخْلُقْهُمْ لَمَا عُرِفَ وُجُودُهُ وَتَوْحِيدُهُ. وَدَلِيلُ هَذَا التَّأْوِيلِ قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَئِنْ سَأَلْتَهُمْ مَنْ خَلَقَهُمْ لَيَقُولُنَّ «١» اللَّهُ) (وَلَئِنْ سَأَلْتَهُمْ مَنْ خَلَقَ السَّماواتِ وَالْأَرْضَ لَيَقُولُنَّ خَلَقَهُنَّ الْعَزِيزُ الْعَلِيمُ) «٢» وَمَا أَشْبَهُ هَذَا مِنَ الْآيَاتِ. وَعَنْ مُجَاهِدٍ أَيْضًا: إِلَّا لِآمُرَهُمْ وَأَنْهَاهُمْ. زَيْدُ بْنُ أَسْلَمَ: هُوَ مَا جُبِلُوا عَلَيْهِ مِنَ الشِّقْوَةِ وَالسَّعَادَةِ، فَخَلَقَ السُّعَدَاءَ مِنَ الْجِنِّ وَالْإِنْسِ لِلْعِبَادَةِ، وَخَلَقَ الْأَشْقِيَاءَ مِنْهُمْ لِلْمَعْصِيَةِ. وَعَنِ الْكَلْبِيِّ أَيْضًا: إِلَّا لِيُوَحِّدُونِ، فَأَمَّا الْمُؤْمِنُ فَيُوَحِّدُهُ فِي الشِّدَّةِ وَالرَّخَاءِ، وَأَمَّا الْكَافِرُ فَيُوَحِّدُهُ فِي الشِّدَّةِ وَالْبَلَاءِ دُونَ النِّعْمَةِ وَالرَّخَاءِ، يَدُلُّ عَلَيْهِ قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِذا غَشِيَهُمْ مَوْجٌ كَالظُّلَلِ دَعَوُا اللَّهَ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ) «٣» الْآيَةَ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: إِلَّا لِيَعْبُدُونِ وَيُطِيعُونِ فَأُثِيبَ الْعَابِدَ وَأُعَاقِبَ الْجَاحِدَ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى إِلَّا لِأَسْتَعْبِدَهُمْ. وَالْمَعْنَى مُتَقَارِبٌ، تَقُولُ: عَبْدٌ بَيِّنٌ الْعُبُودَةَ وَالْعُبُودِيَّةَ، وَأَصْلُ الْعُبُودِيَّةِ الْخُضُوعُ وَالذُّلُّ. وَالتَّعْبِيدُ التَّذْلِيلُ، يُقَالُ: طَرِيقٌ معبد. قال «٤» : وَظِيفًا وَظِيفًا فَوْقَ مَوْرٍ مُعَبَّدٍ وَالتَّعْبِيدُ الِاسْتِعْبَادُ وَهُوَ أَنْ يَتَّخِذَهُ عَبْدًا. وَكَذَلِكَ الِاعْتِبَادُ. وَالْعِبَادَةُ: الطَّاعَةُ، وَالتَّعَبُّدُ التَّنَسُّكُ. فَمَعْنَى (لِيَعْبُدُونِ) لِيَذِلُّوا وَيَخْضَعُوا وَيَعْبُدُوا. (مَا أُرِيدُ مِنْهُمْ مِنْ رِزْقٍ) (مِنْ) صِلَةٌ أَيْ رِزْقًا بَلْ أَنَا الرَّزَّاقُ وَالْمُعْطِي. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَأَبُو الْجَوْزَاءِ: أَيْ مَا أُرِيدُ أَنْ يَرْزُقُوا أَنْفُسَهُمْ وَلَا أَنْ يُطْعِمُوهَا. وَقِيلَ: الْمَعْنَى مَا أُرِيدُ أَنْ يَرْزُقُوا عِبَادِيَ وَلَا أَنْ يُطْعِمُوهُمْ (إِنَّ اللَّهَ هُوَ الرَّزَّاقُ) وَقَرَأَ ابْنُ مُحَيْصِنٍ وَغَيْرُهُ (الرَّازِقُ) . (ذُو الْقُوَّةِ الْمَتِينُ) أَيِ الشَّدِيدُ الْقَوِيُّ. وَقَرَأَ الْأَعْمَشُ وَيَحْيَى بْنُ وَثَّابٍ وَالنَّخَعِيُّ (الْمَتِينُ) بِالْجَرِّ عَلَى النَّعْتِ لِلْقُوَّةِ. الْبَاقُونَ بِالرَّفْعِ عَلَى النَّعْتِ لِ (الرَّزَّاقُ) أَوْ (ذُو) مِنْ قَوْلِهِ: (ذُو الْقُوَّةِ) أَوْ يَكُونُ خَبَرَ ابْتِدَاءٍ مَحْذُوفٍ، أَوْ يَكُونُ نَعْتًا لِاسْمِ إِنَّ عَلَى الْمَوْضِعِ، أَوْ خَبَرًا بَعْدَ خبر. قال الفراء: كان
(١). راجع ج ١٦ ص ١٢٣ وص (٦٤) (٢). راجع ج ١٦ ص ١٢٣ وص (٦٤) (٣). راجع ج ١٤ ص (٨٠) (٤). هو طرفة بن العبد، والبيت من معطقته وصدره: تبارى عتاقا ناجيات وأتبعت الوظيف عظم الساق. وقوله أتبعت وظيفا وظيفا أي أتبعت وظيف يدها وظيف رجلها، ويستحب من الناقة أن تجعل رجلها في موضع يدها إذا سارت. والمور: الطريق. [ ..... ]

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