nul ne te blâmera — pas même ton Seigneur — pour quelque insuffisance que tu aurais pu commettre.
« Et rappelle » : c’est-à-dire, exhorte-les, car l’exhortation profite aux croyants.
Qatâdah a dit : « Rappelle-les par le Coran, car le rappel qu’il contient est utile aux croyants. »
On a également dit : « Rappelle-leur le châtiment et les Jours d’Allah ». Il a spécifiquement mentionné les croyants, car ce sont eux qui en tirent profit.
[Sourate Adh-Dhâriyât (51), versets 56 à 60]
56 – « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. »
57 – « Je n’attends d’eux aucune subsistance, ni qu’ils Me nourrissent. »
58 – « En vérité, c’est Allah qui est Le Pourvoyeur, le Détenteur de la Puissance, le Très-Ferme. »
59 – « Quant à ceux qui ont été injustes, ils auront une part semblable à la part de leurs semblables ; qu’ils ne M’en hâtes donc pas l’échéance. »
60 – « Malheur donc à ceux qui ont mécru, au sujet du Jour dont ils sont menacés. »
Parole du Très-Haut : « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. »
Il a été dit : ce verset concerne uniquement ceux qu’Allah savait, dans Sa science éternelle, qu’ils L’adoreraient ; l’expression est générale, mais son sens est restreint.
Autrement dit : « Je n’ai créé, parmi les djinns et les hommes, que les gens promis au bonheur afin qu’ils proclament Mon unicité. »
Al-Qushayrî a déclaré : le verset est, à l’évidence, particularisé, car les aliénés et les enfants n’ont pas reçu l’ordre de pratiquer l’adoration pour qu’on puisse dire qu’Il la voulut d’eux. Allah, exalté soit-Il, a d’ailleurs dit : « Nous avons, certes, voué à l’Enfer nombre de djinns et d’hommes » (1). Celui qui est créé pour la Géhenne ne fait pas partie de ceux qui sont créés pour l’adoration ; le verset vise donc les croyants d’entre eux.
Il en va de même pour Sa parole, exalté soit-Il : « Les Bédouins disent : “Nous avons cru” » (2), alors que ce n’est qu’un groupe parmi eux qui l’a effectivement dit, comme l’ont rapporté ad-Dahhâk, al-Kalbî, al-Farrâ’ et al-Qutaybî.
Dans la récitation d’Ibn Mas‘ûd, on lit : « Je n’ai créé, parmi les djinns et les hommes croyants, que pour qu’ils M’adorent. »
‘Alî — qu’Allah l’agrée — a dit : c’est-à-dire : « Je ne les ai créés que pour leur ordonner l’adoration. » Az-Zajjâj s’est appuyé sur cette opinion, à laquelle renvoie la parole du Très-Haut : « Ils n’ont reçu l’ordre que d’adorer un Dieu unique » (3).
Si l’on objecte : « Comment ont-ils pu mécréer alors qu’Il les a créés pour qu’ils reconnaissent Sa seigneurie et se soumettent à Son commandement et à Sa volonté ? » la réponse est qu’ils se sont effectivement soumis à Son décret, lequel s’exerce sur eux et qu’ils sont incapables d’écarter ; la divergence des mécréants ne porte que sur l’exécution de ce qu’Il leur a ordonné. Quant à leur soumission à Son décret, nul ne peut s’y soustraire.
Autre avis : « sauf pour qu’ils M’adorent » signifie : sauf pour qu’ils reconnaissent envers Moi l’adoration, de gré ou de force ; version rapportée par ‘Alî ibn Abî Talhah d’après Ibn ‘Abbâs. La contrainte correspond aux traces de Mon œuvre visibles en eux.
Mujâhid a dit : « … sauf pour qu’ils Me connaissent. »