« Tu m’as quitté lorsque le temps eut retiré la vue de mes yeux,
et je demeurai tel un osselet d’une dépouille consumée. »
Qatādah a dit : « Il s’agit de ce qui a été foulé parmi les végétaux desséchés. »
Abū l-ʿĀliyah et as-Suddī ont dit : « Comme de la poussière broyée. »
Quṭrub : « Ar-ramīm, c’est la cendre. »
Yamān : « C’est ce que le bétail rejette de l’herbe avec le bout de son museau. »
On appelle aussi la lèvre al-mirammah et al-miqammah – avec kasrah –, et al-marammah – avec fatḥah –, ce qui relève d’une variante dialectale. Le mot provient du verbe ramma l-ʿaẓm, lorsque l’os se détériore ; on dit : ramma l-ʿaẓm yarimmu (avec kasrah) rimmatan ; l’os devient alors ramīm.
Le poète a dit :
« Il vit que manquer à sa promesse appelait le blâme,
que le suivrait longtemps, quand les os seront ramīm. »
Ar-rimmah, avec kasrah, désigne les os vermoulus ; ses pluriels sont rimam et rimām.
Un verset de même portée est Sa parole : « Elle détruisait toute chose », comme cela a déjà été exposé.
[Sourate adh-Dhāriyāt (51), versets 43 à 45]
« Et (il y a un signe) dans (la tribu de) Thamūd, lorsqu’il leur fut dit : “Jouissez (de la vie) jusqu’à un certain temps”,
(43) mais ils s’enflèrent d’orgueil devant l’ordre de leur Seigneur ; alors la Foudroyante les saisit sous leurs yeux, (44) de sorte qu’ils ne purent se lever, ni ne furent secourus. (45) »
Parole du Très-Haut :
« Et dans Thamūd » : c’est-à-dire qu’il y a également, en eux, un enseignement et un signe, lorsque il leur fut dit : « Vivez en jouissant des agréments de ce monde
“jusqu’à un certain temps” » – c’est-à-dire jusqu’au moment de leur ruine, fixé à trois jours, comme dans la sourate Hūd : « Jouissez dans vos demeures durant trois jours. »
On a dit encore que le sens de « jouissez » est : « Soumettez-vous (à Allāh), puis jouissez jusqu’à l’achèvement de vos termes. »
« Mais ils s’insurgèrent contre l’ordre de leur Seigneur », c’est-à-dire qu’ils le transgressèrent et égorgèrent la chamelle ; « alors la Ṣāʿiqah les saisit » – c’est-à-dire la mort.
On a également dit : il s’agit de tout supplice exterminateur.
Al-Ḥusayn b. Wāqid a déclaré : « Chaque ṣāʿiqah mentionnée dans le Coran désigne le châtiment. »
ʿUmar b. al-Khaṭṭāb, Ḥumayd, Ibn Muḥyiṣin, Mujāhid et al-Kisāʾī ont lu : « aṣ-ṣaʿqah ».
On dit : ṣuʿiqa ar-rajulu ṣaʿqatan wa taṣʿāqan, c’est-à-dire : l’homme s’évanouit. Et « le ciel les ṣaʿaqat » : il projeta sur eux la foudre. Le terme ṣāʿiqah désigne aussi le cri du châtiment, ainsi que cela a déjà été expliqué dans al-Baqarah et ailleurs.
« Tandis qu’ils la regardaient » : ils la virent en plein jour.
« Ils ne purent se lever » : il a été dit que cela signifie