Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« “Nous avons la foi.” Dis : “Vous n’avez point cru.” » – cette parole souligne la différence entre l’îmân et l’islâm, ainsi que l’indique le ḥadith de Jibrîl – عليه السلام – rapporté par Muslim et d’autres. Nous avons déjà détaillé cette question en divers endroits.

Parole du Très-Haut :

« Nous laissâmes en elle un signe » :
une leçon et un emblème pour les gens de cette époque et pour ceux qui leur succéderont, tout comme Sa parole :

« Et Nous y avons laissé un signe évident pour des gens doués d’intelligence. »[1]

On a dit : le signe laissé est la cité elle-même, désormais en ruines. D’autres ont avancé : ce sont les pierres empilées avec lesquelles ils furent lapidés qui constituent le signe.

« … pour ceux qui craignent », car ce sont eux qui en tirent profit[2].

[Sourate ad-Dhâriyât (51), versets 38-40]

« Et dans [l’affaire de] Mûsâ, lorsque Nous l’envoyâmes vers Pharaon avec une autorité manifeste ;[38] mais il se détourna, s’appuyant sur sa puissance, et dit : “Magicien ou possédé !”[39] Nous le saisîmes alors, lui et ses armées, et les précipitâmes dans la mer ; il était blâmable.[40] »

Parole du Très-Haut :

« Et [il y a un signe] dans Mûsâ » :
c’est-à-dire que Nous avons également laissé dans le récit de Mûsâ un signe.

Al-Farrâ’ dit : c’est coordonné à Sa parole : « Et sur la terre, il y a des signes ; et [aussi] dans Mûsâ… »

« lorsque Nous l’envoyâmes vers Pharaon avec une autorité manifeste » :
une preuve évidente, à savoir le bâton ; il a été dit : avec les miracles du bâton et d’autres encore.

Parole du Très-Haut :

« Il se détourna, s’appuyant sur son “rukn” » :
Pharaon refusa de croire, « par son rukn », c’est-à-dire avec son entourage et ses troupes, selon Ibn Zayd ; tel est aussi le sens rapporté de Mujâhid. Il en est ainsi de la parole divine :

« … ou bien je trouve un appui [rukn] solide »[3] – c’est-à-dire une protection et un clan.

Ibn ʿAbbâs et Qatâdah ont dit : « par sa force ».

Le poète ʿAntarah a dit :
« Que de batailles ont affaibli mon pilier [rukn] guerrier…
mais c’est l’avance du temps qui a fait mon sort. »[4]

D’aucuns ont expliqué : « par lui-même ».

Al-Akhfash a dit : « par son côté », comme dans la parole divine :

« Il se détourna et s’éloigna, le flanc hautain. »[5]

Al-Mu’arrij l’a dit de même.

Al-Jawharî : « Le rukn d’une chose est son côté le plus fort ; chercher refuge dans un rukn solide signifie rechercher la puissance et la protection. »

Al-Qushayrî : « Le rukn est le flanc du corps ; l’expression indique une exagération dans le fait de se détourner d’une chose. »

آمَنَّا قُلْ لَمْ تُؤْمِنُوا) يَدُلُّ عَلَى الْفَرْقِ بَيْنَ الْإِيمَانِ وَالْإِسْلَامِ وَهُوَ مُقْتَضَى حَدِيثِ جِبْرِيلَ عَلَيْهِ السَّلَامُ فِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ وَغَيْرِهِ. وَقَدْ بَيَّنَّاهُ فِي غَيْرِ مَوْضِعٍ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَتَرَكْنا فِيها آيَةً) أَيْ عِبْرَةً وَعَلَامَةً لِأَهْلِ ذَلِكَ الزَّمَانِ وَمَنْ بَعْدَهُمْ، نَظِيرُهُ: (وَلَقَدْ تَرَكْنا مِنْها آيَةً بَيِّنَةً لِقَوْمٍ يَعْقِلُونَ) «١» . ثُمَّ قِيلَ: الْآيَةُ الْمَتْرُوكَةُ نَفْسُ الْقَرْيَةِ) الْخَرِبَةِ. وَقِيلَ: الْحِجَارَةُ الْمَنْضُودَةُ الَّتِي رُجِمُوا بِهَا هِيَ الْآيَةُ. (لِلَّذِينَ يَخافُونَ) لأنهم المنتفعون «٢» . [سورة الذاريات (٥١) : الآيات ٣٨ الى ٤٠] وَفِي مُوسى إِذْ أَرْسَلْناهُ إِلى فِرْعَوْنَ بِسُلْطانٍ مُبِينٍ (٣٨) فَتَوَلَّى بِرُكْنِهِ وَقالَ ساحِرٌ أَوْ مَجْنُونٌ (٣٩) فَأَخَذْناهُ وَجُنُودَهُ فَنَبَذْناهُمْ فِي الْيَمِّ وَهُوَ مُلِيمٌ (٤٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَفِي مُوسى) أَيْ وَتَرَكْنَا أَيْضًا فِي قِصَّةِ مُوسَى آيَةً. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: هُوَ مَعْطُوفٌ عَلَى قَوْلِهِ: (وَفِي الْأَرْضِ آياتٌ) (وَفِي مُوسى) . (إِذْ أَرْسَلْناهُ إِلى فِرْعَوْنَ بِسُلْطانٍ مُبِينٍ) أَيْ بِحُجَّةٍ بَيِّنَةٍ وَهِيَ الْعَصَا. وَقِيلَ: أَيْ بِالْمُعْجِزَاتِ مِنَ الْعَصَا وَغَيْرِهَا. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَتَوَلَّى بِرُكْنِهِ) أَيْ فِرْعَوْنُ أَعْرَضَ عَنِ الْإِيمَانِ (بِرُكْنِهِ) أي بمجموعة وَأَجْنَادِهِ، قَالَهُ ابْنُ زَيْدٍ. وَهُوَ مَعْنَى قَوْلِ مُجَاهِدٍ، وَمِنْهُ قَوْلُهُ: (أَوْ آوِي إِلى رُكْنٍ «٣» شَدِيدٍ) يَعْنِي الْمَنَعَةَ وَالْعَشِيرَةَ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَقَتَادَةُ: بِقُوَّتِهِ. وَمِنْهُ قَوْلُ عَنْتَرَةَ: فَمَا أَوْهَى مِرَاسُ الْحَرْبِ رُكْنِي ... وَلَكِنْ مَا تَقَادَمَ مِنْ زَمَانِي «٤» وَقِيلَ: بِنَفْسِهِ. وَقَالَ الْأَخْفَشُ: بِجَانِبِهِ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: (أَعْرَضَ وَنَأى بِجانِبِهِ) «٥» (وَقَالَهُ الْمُؤَرِّجُ. الْجَوْهَرِيُّ: وَرُكْنُ الشَّيْءِ جَانِبُهُ الْأَقْوَى، وَهُوَ يَأْوِي إِلَى رُكْنٍ شَدِيدٍ أَيْ عِزَّةٍ وَمَنَعَةٍ. الْقُشَيْرِيُّ: وَالرُّكْنُ جَانِبُ الْبَدَنِ. وَهَذَا عِبَارَةٌ عَنِ الْمُبَالَغَةِ فِي الاعراض عن الشيء.
(١). راجع ج ١٣ ص ٣٤٣. (٢). في ح (المشفقون). (٣). راجع ج ٩ ص ٧٨. (٤). في رواية: ولا وصلت ال يد الزمان. (٥). راجع ج ١٠ ص ٣٢١.

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