Ibn ʿAbbâs a dit :
Il les a qualifiés d’« honorés » parce qu’ils ne furent pas saisis d’effroi.
Mujâhid a dit :
Il les a appelés « honorés » parce qu’Ibrâhîm les servit personnellement.
ʿAbd al-Wahhâb rapporte :
ʿAlî ibn ʿIyâḍ me dit : « J’ai de la harîsa ; qu’en penses-tu ? »
Je répondis : « Mon opinion à son sujet ne saurait être meilleure. »
Il reprit : « Viens donc avec nous. » Nous entrâmes dans la demeure, il appela le serviteur, mais celui-ci était absent. Soudain le voilà qui revient avec la cruche et le bassin, une serviette posée sur l’épaule.
Je m’écriai : « Certes, nous sommes à Allah et c’est à Lui que nous retournons ! Ô Abû l-Ḥasan, si j’avais su que la chose se passerait ainsi… »
Il me dit : « Rassure-toi, car auprès de nous tu es un hôte honoré, et l’hôte honoré doit être servi de la main même de son hôte. Considère donc la parole du Très-Haut :
(Hal atâka ḥadîthu ḍayfi Ibrâhîma l-mukramîn). »
Parole du Très-Haut :
(Iḍ dakhalû ʿalayhi fa-qâlû salâman)
Cette expression a déjà été expliquée dans (al-Ḥijr) (1).
(qâla salâm) c’est-à-dire : « Paix sur vous. » Il est permis aussi de l’entendre au sens : « mon affaire est paix » ou : « ma réponse pour vous est paix. » Les gens de Kûfa, à l’exception de ʿÂṣim, ont lu (silm) avec un sīn kasra.
(qawmun munkarûn) c’est-à-dire : « vous êtes un peuple inconnu », des étrangers que nous ne connaissons pas.
On a dit également : il les vit sous une apparence qui n’était ni celle des hommes ni celle des anges qu’il connaissait, il les trouva donc étranges et dit : (qawmun munkarûn).
D’autres ont dit : il les trouva étonnants parce qu’ils étaient entrés chez lui sans demander permission.
Abû l-ʿÂliya a dit : il trouva étrange leur salutation, car en ce temps-là et dans cette contrée on ne saluait pas de cette manière.
Et l’on a dit encore : il eut peur d’eux ; on dit en arabe : ankartu-hu lorsqu’on craint quelqu’un. Le poète a dit (2) :
« Fa-ankaratnî wa-mâ kâna l-ladhi nakarat … mina l-ḥawâdithi illâ sh-shayba waṣ-ṣalaʿâ. »
Parole du Très-Haut :
(fa-râgha ilâ ahlihi)
Az-Zajjâj a dit : c’est-à-dire qu’il se dirigea vers sa famille. Cela a déjà été mentionné dans (wa-ṣ-Ṣâffât) (3).
On dit : arâgha et irtâgha signifient « chercher » ; mâdhâ turîghu ? c’est-à-dire « que veux-tu, que recherches-tu ? » ; arâgha ilâ kadhâ, c’est-à-dire « il s’y inclina secrètement et s’en détourna ». Ainsi râgha et arâgha sont deux formes dialectales d’un même sens.
(fa-jâʾa bi-ʿijlin samîn) c’est-à-dire qu’il apporta à ses hôtes un veau qu’il leur avait fait griller, comme dans (Hûd) : (fa-mâ labitha an jâʾa bi-ʿijlin ḥanîdh) (4).
Et l’on dit : Ibrâhîm s’en alla vers sa demeure en se dissimulant (5) de ses hôtes, afin qu’ils ne se rendent pas compte de ce qu’il voulait leur préparer comme nourriture.