Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

de votre énonciation, comme s’il s’agissait d’un qualificatif se rapportant à un maṣdar sous-entendu.

Quant à l’avis de Sîbawayh, il dit : « Le terme est devenu indéclinable (mabnî) du fait qu’il est annexé à un mot qui, lui, n’a pas de véritable flexion (ghayru mutamakkin) ; et “mâ” n’y figure qu’à titre d’élément surérogatoire destiné à renforcer le propos. »

Al-Mâzinî affirme : « “Mithla” et “mâ” forment ici comme un seul bloc ; c’est pourquoi l’expression a été construite sur la voyelle fatḥa. » Cet avis a été retenu par Abû ʿUbayd et Abû Ḥâtim, lesquels ajoutent : « Il existe, parmi les Arabes, des locuteurs qui maintiennent toujours “mithla” à l’accusatif ; on dira ainsi : qāla lī rajulun mithlaka, et : marartu bi-rajulin mithlaka, en érigeant “mithla” en régime direct, sur le même sens que ka-mithli…[1] »

Abû Bakr, Ḥamza, al-Kisâʾî et al-Aʿmash ont, pour leur part, lu « mithlu » au nominatif, l’entendant comme adjectif de « ḥaqq(un) ». Ce dernier demeure indéfini bien qu’il soit annexé à un nom défini, car le champ des choses qui peuvent entrer en comparaison reste vaste et ne se limite pas à une seule annexion. Dans cette lecture, « mithla » est annexé à « annakum », tandis que « mâ » ne sert qu’à l’insistance ; elle ne forme pas, avec ce qui la suit, un maṣdar, puisqu’aucun verbe préalable ne lui permettrait de le devenir. Il est également permis d’y voir un badal (substitut) de « ḥaqq(un) ».

Sourate adh-Dhâriyât (51), versets 24-28 :
24 – « T’est-il parvenu le récit des hôtes honorés d’Ibrâhîm ? »
25 – Lorsqu’ils pénétrèrent auprès de lui et dirent : « Paix ! », il répondit : « Paix ! – gens inconnus. »
26 – Il se retira discrètement vers sa famille et revint avec un veau gras.
27 – Il le leur présenta et dit : « Ne mangerez-vous donc pas ? »
28 – Il conçut alors quelque frayeur à leur égard, mais ils dirent : « Ne crains rien. » Et ils lui annoncèrent la naissance d’un garçon plein de science.

Parole du Très-Haut :
« T’est-il parvenu le récit des hôtes d’Ibrâhîm, ces honorés ? »

Il rapporte ici l’histoire d’Ibrâhîm – sur lui la paix – afin de montrer qu’Il anéantit celui qui renie Ses signes, tout comme Il le fit pour le peuple de Lût.

« Hal atâka » : autrement dit, « Ne t’est-il pas déjà parvenu ? »

On a également dit que « hal » vaut ici pour « qad », de la même manière que dans Sa parole : « Hal atâ ʿalâ l-insâni ḥînun mina d-dahri… »[2]. – Nous avons déjà traité l’épisode des hôtes d’Ibrâhîm dans les sourates Hûd[3] et al-Ḥijr[4].

« Al-mukramîn » : c’est-à-dire honorés auprès d’Allah, comme l’indique la parole du Très-Haut : « Mais ce sont des serviteurs honorés[5]. »

Ibn ʿAbbâs dit : il s’agit de Jibrîl, Mîkâʾîl et Isrâfîl – ʿUthmân ibn Ḥuṣayn ajoute : et Rafâʾîl – que la prière et la paix d’Allah soient sur eux tous.

Muḥammad ibn Kaʿb rapporte qu’il s’agissait de Jibrîl accompagné de neuf autres anges. D’après ʿAṭâʾ et plusieurs autorités, ils étaient trois : Jibrîl, Mîkâʾîl, et un autre ange avec eux.

نُطْقِكَ، فَكَأَنَّهُ نَعْتٌ لِمَصْدَرٍ مَحْذُوفٍ. وَقَوْلُ سِيبَوَيْهِ: إِنَّهُ مَبْنِيٌّ بُنِيَ حِينَ أُضِيفَ إِلَى غَيْرِ مُتَمَكِّنٍ وَ (مَا) زَائِدَةٌ لِلتَّوْكِيدِ. الْمَازِنِيُّ: (مِثْلَ) مع (ما) بمنزلة شي وَاحِدٍ فَبُنِيَ عَلَى الْفَتْحِ لِذَلِكَ. وَاخْتَارَهُ أَبُو عُبَيْدٍ وَأَبُو حَاتِمٍ، قَالَ: وَلِأَنَّ مِنَ الْعَرَبِ مَنْ يَجْعَلُ مِثْلًا مَنْصُوبًا أَبَدًا، فَتَقُولُ: قَالَ لِي رَجُلٌ مِثْلَكَ، وَمَرَرْتُ بِرَجُلٍ مِثْلَكَ بِنَصْبِ [مِثْلٍ عَلَى مَعْنَى كَمِثْلِ «١» ]. وَقَرَأَ أَبُو بَكْرٍ وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ وَالْأَعْمَشُ (مِثْلُ) بِالرَّفْعِ عَلَى أَنَّهُ صِفَةُ لَحَقٌّ، لِأَنَّهُ نَكِرَةٌ وَإِنْ أُضِيفَ إِلَى مَعْرِفَةٍ، إِذْ لَا يَخْتَصُّ بِالْإِضَافَةِ لِكَثْرَةِ الْأَشْيَاءِ الَّتِي يَقَعُ بَعْدَهَا التَّمَاثُلُ بَيْنَ الْمُتَمَاثِلَيْنِ. وَ (مِثْلَ) مُضَافٌ إِلَى (أَنَّكُمْ) وَ (مَا) زَائِدَةٌ وَلَا تَكُونُ مَعَ مَا بَعْدَهَا بِمَنْزِلَةِ الْمَصْدَرِ إذ لا فعل معها تَكُونُ مَعَهُ مَصْدَرًا. وَيَجُوزُ أَنْ تَكُونَ بَدَلًا من (لَحَقٌّ) . [سورة الذاريات (٥١) : الآيات ٢٤ الى ٢٨] هَلْ أَتاكَ حَدِيثُ ضَيْفِ إِبْراهِيمَ الْمُكْرَمِينَ (٢٤) إِذْ دَخَلُوا عَلَيْهِ فَقالُوا سَلاماً قالَ سَلامٌ قَوْمٌ مُنْكَرُونَ (٢٥) فَراغَ إِلى أَهْلِهِ فَجاءَ بِعِجْلٍ سَمِينٍ (٢٦) فَقَرَّبَهُ إِلَيْهِمْ قالَ أَلا تَأْكُلُونَ (٢٧) فَأَوْجَسَ مِنْهُمْ خِيفَةً قالُوا لَا تَخَفْ وَبَشَّرُوهُ بِغُلامٍ عَلِيمٍ (٢٨) قوله تعالى: (هَلْ أَتاكَ حَدِيثُ ضَيْفِ إِبْراهِيمَ الْمُكْرَمِينَ) ذَكَرَ قِصَّةَ إِبْرَاهِيمَ عَلَيْهِ السَّلَامُ لِيُبَيِّنَ بِهَا أَنَّهُ أَهْلَكَ الْمُكَذِّبَ بِآيَاتِهِ كَمَا فَعَلَ بِقَوْمِ لُوطٍ. (هَلْ أَتاكَ) أَيْ أَلَمْ يَأْتِكَ. وَقِيلَ: (هَلْ) بِمَعْنَى قَدْ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: (هَلْ أَتى عَلَى الْإِنْسانِ حِينٌ مِنَ الدَّهْرِ) «٢» . وَقَدْ مَضَى الْكَلَامُ فِي ضَيْفِ إِبْرَاهِيمَ فِي (هُودٍ) «٣» (والحجر) «٤» . (الْمُكْرَمِينَ) أَيْ عِنْدَ اللَّهِ، دَلِيلُهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: (بَلْ عِبادٌ مُكْرَمُونَ) «٥» قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: يُرِيدُ جِبْرِيلَ وَمِيكَائِيلَ وَإِسْرَافِيلَ- زَادَ عُثْمَانُ بْنُ حُصَيْنٍ- وَرَفَائِيلَ عَلَيْهِمُ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ: كَانَ جِبْرِيلُ وَمَعَهُ تِسْعَةٌ. وَقَالَ عَطَاءٌ وَجَمَاعَةٌ: كَانُوا ثَلَاثَةً جِبْرِيلُ وَمِيكَائِيلُ وَمَعَهُمَا مَلَكٌ آخر.
(١). الزيادة من اعراب القرآن للنحاس. (٢). راجع ج ١٩ ص (١١٦) (٣). راجع ج ٩ ص (٦٢) (٤). راجع ج ١٠ ص (٣٥) (٥). راجع ج ١١ ص ٢٨١

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